Conversation publique sur l'avenir minier - L'INM fonce malgré la tempête

L’INM tiendra des consultations populaires sur l’exploitation minière du Québec.<br />
Photo: Agence Reuters Euan Rocha L’INM tiendra des consultations populaires sur l’exploitation minière du Québec.

L'Institut du Nouveau Monde (INM) ne déviera pas de sa route malgré le retrait de plusieurs groupes de son comité consultatif. Les premières «conversations» sur l'avenir du secteur minier auront lieu à compter d'aujourd'hui à Rouyn-Noranda, assurait hier le directeur de l'INM, Michel Venne.

Aux chercheurs et intellectuels qui mettaient en doute hier dans Le Devoir la crédibilité de cette forme de consultation publique financée par l'industrie minière, s'est ajouté le retrait du comité consultatif de l'INM la coalition Québec meilleure mine! et le groupe environnemental Nature Québec, un des plus importants du Québec. Les deux groupes détenaient chacun un siège au comité qui a aidé l'INM à préparer ce débat public.

De plus, la présidente de Solidarité rurale du Québec, Claire Bolduc, a précisé hier au Devoir qu'elle ne participerait plus aux travaux du comité, étant elle-même engagée dans un processus de consultation du monde rural à travers tout le Québec durant le mois de mars. Elle précise avoir été «très critique» à l'endroit de ce processus dès le début et elle a demandé à l'INM de ne plus utiliser le nom de Solidarité rurale dans ses communications et sur son site Internet. Mais elle ne renie pas le bien-fondé d'avoir participé aux travaux préparatoires de ce débat public, dont elle se réserve le droit de critiquer le bilan.

Déséquilibre favorable à l'industrie

Du côté de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), le directeur québécois des Métallos, Daniel Roy, précise qu'il ne favorise pas «la stratégie de la chaise vide» pour mieux marteler la nécessité de transformer au Québec tout ce que les minières entendent extraire de notre sous-sol. Lui aussi dit qu'il n'hésitera pas à critiquer le bilan de l'INM au besoin.

Quant au retrait de Québec meilleure mine! et de Nature Québec, il résulte de deux désaccords. D'abord sur l'échéancier comprimé en mars, explique Ugo Lapointe de Québec meilleure mine!. Tout le monde a été bousculé, dit-il. «On l'a dit, mais on n'a pas été entendu, comme si nous n'avions pas aussi d'autres obligations.» Et les groupes environnementaux n'ont pas les moyens avec leurs membres et affiliés de suivre vraiment cette consultation pour y faire valoir leurs points de vue, ajoute Christian Simard de Nature Québec.

Mais surtout, les deux groupes insistent sur le «déséquilibre» en faveur de l'industrie, créé par l'INM au sein du comité scientifique qui doit réviser les textes, bilans et rapports pour détecter les erreurs, les omissions, etc.

On retrouve au sein de ce comité, explique Ugo Lapointe, un représentant de la firme PriceWaterhouse, particulièrement proche de l'industrie minière, dit-il, et l'ex-président d'une minière. On y retrouve aussi le responsable — et son adjointe — de la Chaire en entrepreneuriat minier de l'UQAT, qui est aussi administrateur du fonds d'innovation minier Sidex et auteur d'un livre récent publié pour Minalliance, le principal financier de cette consultation publique, un organisme lui-même financé par l'industrie minière. On retrouve aussi dans ce comité non pas un, mais deux membres de la Chaire industrielle en gestion des résidus miniers de l'École polytechnique.

Québec meilleure mine! reconnaît avoir suggéré plusieurs des noms retenus, mais il précise n'avoir jamais suggéré de confier la majorité des chaises aux membres qu'il suggérait pour les deux postes de représentants du secteur minier.
2 commentaires
  • Andre Metivier - Abonné 3 mars 2012 07 h 41

    Ce comité est-il profondément miné?

    Peut-être dans un nouveau monde sera-t-il possible de déminer un comité?

  • Roger Lapointe - Inscrit 4 mars 2012 08 h 53

    Ça aurait plu à Ugo je crois.

    Malgré une impressionnante tempête du nordet,de 40 à 50 braves participants à ce premier colloque tenu à Rouyn-Noranda organisé par l'INM.
    Bon déroulement dans l'ensemble,beaucoup de propositions progressistes et environnementalistes des participants qui ne comptaient pas ou peu cependant, de représentants de l'industrie minérale qui devaient probablement se trouver à la convention annuelle de la PDAC à Toronto.
    Concilier l'économique avec l'écologique pourrait résumer les préoccupations des participants.