Salon des technologies environnementales du Québec - Ce rendez-vous se veut «une grand-messe de l'environnement où les experts de tout acabit viennent discuter»

Etienne Plamondon Emond Collaboration spéciale
Environ 3000 participants sont attendus au Salon des technologies environnementales du Québec. Un volet du salon laisse le plancher à plus de 150 exposants, tandis qu’en parallèle une centaine de conférences sont au menu pour informer des derniers développements dans le milieu.<br />
Photo: STEQ Environ 3000 participants sont attendus au Salon des technologies environnementales du Québec. Un volet du salon laisse le plancher à plus de 150 exposants, tandis qu’en parallèle une centaine de conférences sont au menu pour informer des derniers développements dans le milieu.

Ce texte fait partie du cahier spécial Développement durable mars 2012

Le Salon des technologies environnementales du Québec se déroulera cette année sous le signe de la Stratégie québécoise d'économie d'eau potable, du Plan Nord ainsi que du bannissement de l'élimination des matières organiques résiduelles, prévu en 2020. Aperçu.

Le Centre des congrès de Québec accueillera, les 13 et 14 mars prochains, la neuvième édition de ce salon organisé tous les deux ans. Aussi nommé Salon des TEQ, ce rendez-vous est «le plus gros événement multisectoriel en environnement au Québec», selon le Réseau environnement, l'association qui le coordonne.

Environ 3000 participants sont attendus. Un volet du salon laisse le plancher à plus de 150 exposants, tandis qu'en parallèle une centaine de conférences sont au menu pour diffuser l'information sur les derniers développements dans le milieu. Certaines présentations se veulent plus techniques, d'autres, plus scientifiques, tandis que plusieurs d'entre elles mettront en valeur des exemples concrets. «Le but, c'est vraiment de partager les expertises», résume Stéphanie Myre, présidente-directrice générale du Réseau environnement.

«On est rendu à un moment où, si on veut passer à quelque chose de plus structuré, aller plus loin en environnement et en développement durable au Québec, on doit travailler ensemble, se concerter, arrêter de travailler chacun dans son coin, mettre en commun nos connaissances et aller voir les acteurs qui sont sur le terrain. Le Salon des TEQ est vraiment réalisé dans cette optique: faire une grand-messe de l'environnement où les experts de tout acabit viennent discuter», explique-t-elle.

Eau et biodiversité


Le Salon des TEQ tentera cette année de favoriser les échanges entre les différents secteurs d'activité. Le 13 mars, les participants du volet sur les matières résiduelles et ceux du volet sur les eaux usées tiendront une session conjointe sur la gestion des fosses septiques. Ces deux volets ont été jumelés afin que «chacun apporte son expertise respective et qu'on puisse réfléchir de façon globale à cette problématique, explique Stéphanie Myre. Longtemps, on a traité les problématiques écologiques par secteur. On le fait encore, mais de plus en plus on va chercher à les traiter de manière transversale, parce que ce n'est pas vrai que ça fonctionne en vase clos.»

La biodiversité, nouvelle venue au Salon des TEQ, apparaît comme un domaine qui favorisera les ponts entre les enjeux des différents secteurs, puisque ce champ étudie les interactions dans les écosystèmes. Une journée complète de conférences sera dédiée à ce thème. À noter que les écosystèmes nordiques, ainsi que les liens entre la biodiversité et les mines, occuperont une grande place, signe que le Plan Nord préoccupe le milieu. Ce chantier se retrouve d'ailleurs au coeur de bien des présentations prévues à l'horaire. «On s'est aperçu qu'il y avait une convergence de conférences qui abordent de près ou de loin cette question», reconnaît Stéphanie Myre. Dans le volet sur les sols et les eaux souterraines, par exemple, on peut lire des titres relatifs à la restauration des sites miniers ou à la remise en état du milieu nordique.

Des stratégies pour l'eau potable

Malgré une grande diversité de sujets, d'autres enjeux d'actualité marqueront profondément l'ordre du jour. Le 1er avril prochain, les municipalités seront dans l'obligation, dans le cadre de la Stratégie québécoise d'économie d'eau potable, de déposer leur premier bilan et de présenter leur plan d'action auprès du ministère des Affaires municipales. Cette Stratégie vise à réduire de 20 %, par rapport à 2001, la quantité d'eau distribuée en moyenne par personne pour l'ensemble du Québec et à abaisser le taux de fuites de l'ensemble des réseaux d'aqueduc à 20 % du volume d'eau distribuée.

«Les municipalités sont confrontées à la pratique», constate Stéphanie Myre. Le Salon des TEQ sera donc l'occasion de «donner des solutions concrètes et de faire part des connaissances éprouvées dans ce domaine», entrevoit-elle. Les eaux usées et l'eau potable demeurent parmi les principaux chevaux de bataille du Réseau environnement. La place accordée à ces domaines continue d'être importante au Salon des TEQ. Les conférences au sujet de la protection des sources d'alimentation en eau potable s'étendront, à elles seules, sur une journée entière.

Matières organiques

La nouvelle Politique de gestion des matières résiduelles sera aussi sous le feu des projecteurs. Le gouvernement vise à ce que 60 % des matières organiques putrescibles soient recyclées en 2015 et à ce que soit complètement bannie, d'ici 2020, l'élimination desdites matières par enfouissement ou incinération. Or, en 2010, le taux de recyclage des matières organiques se limitait à 18 %.

C'est entre autres pour trouver des solutions à ce «défi considérable» que Recyc-Québec organise, le 14 mars, dans le cadre du Salon des TEQ, la Journée de réflexion et d'échanges sur la gestion des matières organiques au Québec. La matinée sera consacrée à la question de l'implantation des programmes de gestion de ces matières, tandis que l'après-midi sera dédié à la valorisation et à la mise en marché des produits issus de leur traitement, comme le compost, le digestat ou le biogaz.

Le but: «Faire une bonne concertation de tous les intervenants pour s'assurer qu'on avance correctement pour atteindre les objectifs», explique Jeannot Richard, vice-président opération et développement chez Recyc-Québec. Car bien des pièges sont à éviter, selon lui, dont plusieurs du côté de l'acceptabilité sociale. «Demander aux citoyens à la maison de ramasser les matières de la collecte sélective, c'est une chose. Mais demander aux gens de ramasser les matières organiques à la maison, ce n'est pas tout à fait la même approche.» Les conférences et les groupes de discussion aborderont les préoccupations en rapport avec les modalités de la collecte, du traitement, du compostage, de l'épandage et de la biométhanisation. Les certifications, guides, réglementations et bonne pratiques à promouvoir mériteront un nouvel éclairage.

Des balises pour toutes les municipalités

Bien que les expériences faites à Lévis, à Gatineau et à Sherbrooke aient été des réussites dans le domaine, bien du chemin reste à faire au Québec, selon M. Richard. Celui-ci veut à tout prix empêcher que ce «marché en émergence» ne soit «tué» par de mauvaises pratiques. «C'est souvent difficile de ramer contre une croyance ou des perceptions parce que quelqu'un, quelque part, n'a pas fait son travail dans les règles de l'art. C'est pour ça qu'on veut mettre en place les balises, les jalons, qui vont faire en sorte qu'on avance, mais sur un terrain solide.»

Du même coup, Recyc-Québec veut s'assurer «qu'il n'y ait pas de goulot d'étranglement quelque part dans tout le processus». Si certaines petites ou moyennes villes ont réussi à trouver des marchés pour leur compost ou leur digestat, il reste à s'assurer que le marché soit suffisamment développé pour recevoir l'ensemble des produits issus des matières organiques, lorsque ces dernières arriveront ultérieurement en masse depuis la région métropolitaine.

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Collaborateur du Devoir
1 commentaire
  • Jacques Lapointe - Abonné 5 mars 2012 16 h 41

    Salon des technologies environnementales

    Pas un mot sur la gazéification. Et comment pense t'il récupéré, les matières plastiques et autres hydrates de carbonne soillées ou non incluses dans le bac de compostage. Jacques Lapointe