Saint-Bruno - Forêt des Hirondelles: les travaux continuent

Malgré une demande d'intervention d'urgence pour protéger plusieurs espèces menacées, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) n'a pas arrêté hier les travaux de sondage des sols qui se poursuivaient pour une deuxième journée consécutive dans la forêt des Hirondelles, à Saint-Bruno.

Selon les informations fournies par Caroline Rodrigue, présidente de l'Action pour l'environnement (APES), ce groupe a porté plainte mardi auprès de la direction régionale du ministère «pour faire cesser immédiatement» les tests de sol entrepris avec de lourdes foreuses sur ce terrain que la Ville de Saint-Bruno a décidé de consacrer à la construction résidentielle.

Malgré des pressions publiques incessantes et les conclusions d'une audience publique, Saint-Bruno vient d'accorder un mandat à des professionnels pour préparer un développement domiciliaire dans cette forêt unique, en bordure du parc national de Saint-Bruno. Le projet est piloté par le sénateur libéral Paul J. Massicotte, lui-même membre du Comité sénatorial sur l'environnement. Pour ses défenseurs, cette forêt devrait faire partie intégrante du parc national, une proposition devant laquelle Québec fait la sourde oreille.

Dans sa plainte de mardi, l'APES allègue qu'il se trouve une espèce floristique rare sur le site, le ginseng à cinq folioles, que la Loi sur les espèces menacées protège avec son habitat. «Nous vous demandons d'agir avant que des dégâts irréparables ne soient commis», réclamait Mme Rodrigue dans sa plainte, qui avait été précédée en septembre d'une lettre au ministre Pierre Arcand, lettre demeurée sans suite connue.

«L'inspectrice du ministère nous a fort déçus, racontait hier Mme Rodrigue. Elle nous a dit que le développement durable inclut du développement comme celui-là. De la part d'une personne mandatée pour défendre l'environnement, c'est pas fort.»

La présidente de l'APES estime que, «s'il faut se rendre à l'injonction, on ira. Il faut que le ministère applique la loi et donne comme message qu'on ne fait pas n'importe quoi dans l'environnement».
5 commentaires
  • Jean Tremble - Inscrit 26 janvier 2012 10 h 56

    Bois du Tremblay, même combat !

    Je prends prétexte de cet article sur le boisé de Saint-Bruno pour vous assurer que dans le bois du Tremblay à Longueuil, malgré ce que prétendent certains écolos visiblement à la solde de certains promoteurs immobiliers, le boisé est encore sillonné de toute part impunément par des quatre-roues et autres véhicules à crétin, participant ainsi à la dégradation accélérée des lieux.

    Une fois que le milieu est dégradé, ce n’est pas si grave que ça que d’y faire fleurir le split-level… (Scénario connu…).

  • Martin-QC-Lefebvre - Inscrit 26 janvier 2012 11 h 13

    C'est n'importe quoi!!!

    C'est vraiment incroyable d'en être à ce point inculte au sujet de l'environnement... et vraiment en mauvaise situation avec un pensée politique axcée sur le développement capitalisme!!! C'est vraiment n'importe quoi cette histoire... on régresse comme peuple avec les libéraux au pouvoir!!! Mais surtout vive l'économie!!!

  • meme40 - Inscrite 26 janvier 2012 12 h 48

    Encore faut-il qu'il sache lire !!

    Écrire à ces gens là c'est courir après le mépris et les insultes.Ces gens là, Comme séraphin aimait son or, n'aiment que le béton, celui de la caisse électorale du parti libéral. La spéculation à tout crin mène à l'éternité de la bêtise dont ce parti s'est fait champion...Cessons de voter pour eux.... osons ne plus mettre au pouvoir de notre avenir, eux et leurs pareils déguisés en nouveauté .

  • Jean Laflamme - Abonné 26 janvier 2012 14 h 26

    Un retour au gros bon sens

    Le zonage à Saint-Bruno est à l'avant-garde depuis 1962. Il remplaçait le développement chaotique de la banlieue. C'est grâce au bon sens de citoyens vigilants que le projet de grosses maisons de Campeau Corporation a été stopée en 1975, Tous y voyaient un parc de récréation. Cela faisait du sens avec la station de ski alpin. Sous la pression des citoyens le parc est devenu un parc de conservation en 1985. En 2000, la population le considérait comme leur cour. Cette perception était présente aux audiences de décembre 2000 portant sur les limites du parc. Une pétition circulait alors contre la tarification. Dans son mémoire, la ville réclamait la gratuité pour ses citoyens parce qu'elle avait déjà payé son tribut au parc. Depuis 1962, la ville n'a pas adapté son zonage, sauf pour le boisé Tailhandier et la Tourbière. Près des zones sensibles du parc, à proximité de l'ensemble écologique du lac des Atocas, le développement s'est poursuivi et s'en est approché de pistes de ski de fond du club Mont-Bruno qui avaient du être abandonnées en raison de la présence d'urubus à tête rouge.

    Le boisé des Hirondelles n'est peut-être pas une valeur ajoutée pour la ville (qui a besoin d'argent), ni même pour le parc (qui oublie dans sa publicité sa mission de conservation), mais c'est encore une valeur pour la montagne, une espèce menacée. Les milieux naturels sont déjà fragmentés sur le parcour du parc, où la nature laisse la place au gazon, aux aménagements paysagers, et aux parcs à chiens. Pourquoi ne pas considérer la montagne comme un bien collectif et compenser la ville pour tout l'argent sacrifié depuis 1975? Pourquoi ne pas retourner au bon sens des années 70, alors que les enjeux de la biodiversité n'existaient pas encore? La pollution et les pluies acides étaient dans l'air mais n'étaient pas visibles au sol. Faudra-il attendre que le sous-sol soit menacé par les pics des miniers?

    Jean Laflamme, Saint-Bruno-d

  • Jeremie Poupart Montpetit - Inscrit 30 janvier 2012 13 h 59

    Quand on doit expliquer au ministere de l'environnement...

    Quand on doit expliquer un simple concept d'ecosysteme aux membres du ministere de l'environnement, il y a un probleme. le Ginseng 5 folioles a besoin de forets anciennes de preferences non-perturbees (pas de forage, pas de coupe, pas de construction) pour croitre... c'est une caracteristiques de base sur l'espece... gageons que la revue de litterature et l'evaluation d'impact a soit ete baclee, soit ete ignoree de toute part, puisque c'aurait du etre la premiere information soumise (comprise ?) a la ville de saint bruno.

    Que voulez vous, il y a juste dans des emissions de tele debilitantes ou l'on considere que "L'amour est dans le pre..."

    (desole pour l'absence de ponctuation)
    Jeremie, Etudiant au Doc. en Sc. de l'environnement