Le Canada est au nombre des pires gestionnaires de gaz à effet de serre

La stratégie canadienne en matière de lutte contre l’émission de GES est mise à mal par un institut allemand.
Photo: - Le Devoir La stratégie canadienne en matière de lutte contre l’émission de GES est mise à mal par un institut allemand.

Le Canada arrive au 57e rang sur les 60 principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre (GES) pour sa pauvre performance en matière de lutte contre les changements climatiques, selon l'index annuel publié hier par les chercheurs du German Watch.

Pire, le Canada, qui se propose de sortir du protocole de Kyoto sous prétexte que les grands pays émergents du BRIC ne se lient pas dans un traité contraignant, arrive derrière ces quatre pays.

Le Brésil se retrouve ainsi en quatrième place (les trois premières ne sont attribuées à personne) de ce palmarès, devant tous les pays occidentaux, pour ses politiques et, notamment, en raison du remplacement du pétrole par de l'éthanol de canne à sucre. La Russie arrive au 48e rang, l'Inde au 10e et la Chine au 56e, juste devant le Canada.

Le Canada a d'ailleurs récolté hier son 12e Fossile du jour en huit jours, qui lui a été décerné à Durban par le Réseau Action Climat international. Cet organisme regroupe plus de 700 groupes écologistes et sociaux sur la planète. On reproche au Canada de s'être fait démasquer par la Chine, qui a fait éclater son «bluff». Sans action des principaux émetteurs industrialisés, explique CAN Inter, le Canada a toujours dit qu'il ne bougera pas. Mais voilà qu'au moment où la Chine annonce qu'elle est prête à s'engager moyennant prolongement de Kyoto, voilà le Canada qui recule et refuse de s'engager dans une deuxième phase alors que c'est une des conditions que posent désormais non seulement la Chine, mais aussi l'Inde.

Pour Steven Guilbeault, d'Équiterre, le Canada «est ici pour négocier de mauvaise foi» au nom des pétrolières canadiennes plutôt qu'au nom de l'intérêt public national et international.

Crime climatique

Tony Clark de l'Institut Polaris, va plus loin: «Personne ne devrait se surprendre si ce pays [le Canada] est un jour accusé de crime climatique et ciblé par des sanctions internationales.» Daniel Selie, un autochtone de la nation Déné, a qualifié de «génocide culturel» l'exploitation des sables bitumineux, qui a rompu le lien entre la culture traditionnelle et la nature.

Quant au palmarès de German Watch, il confirme la politique du Canada sur un point: le pays se tient, en effet, derrière les États-Unis, qui arrivent trois rangs devant lui.

Le haut de ce palmarès est dominé par les grands pays d'Europe avec, dans l'ordre, la Suède (5e), suivie de la Norvège, de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et de la France.

Des dix plus importants émetteurs de GES, quatre se retrouvent entre la 52e et la 57e place, soit l'Iran (52), les États-Unis (54), la Chine (56) et le Canada (57). C'est l'Allemagne (7e) et la Grande-Bretagne (8e) qui sont en tête du palmarès des plus grands émetteurs dont l'attitude demeure responsable comme l'indique leur performance.

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