Sommet de Durban: la Chine se contente de belles paroles, dit Peter Kent

Ottawa — La Chine refuse de prendre des engagements concrets et se contente de belles paroles dans le cadre d’un important sommet sur les changements climatiques, affirme le ministre canadien de l’Environnement.

Peter Kent a ajouté aujourd'hui que les représentants chinois sont demeurés silencieux lorsque questionnés à Durban, en Afrique du Sud.

Le plus important pollueur de la planète est devenu la vedette imprévue de cette rencontre quand il a entrouvert la porte, jadis solidement verrouillée, à des engagements fermes de réduction de ses propres émissions polluantes.

En retour, des pays développés comme le Canada devraient eux aussi prendre de nouveaux engagements en vertu du Protocole de Kyoto, qui arrive à échéance sous peu. Le gouvernement conservateur a toutefois indiqué que le Canada n’en a aucune intention.

Double discours

La Chine semble dire une chose en public et une autre en privé. M. Kent affirme que le négociateur en chef du Canada, Guy Saint-Jacques, a mis les Chinois sur la sellette pendant les discussions d'aujourd'hui.

«L’ambassadeur Saint-Jacques a dit qu’il accueillerait favorablement — et que la conférence accueillerait favorablement, selon lui — une annonce officielle de la Chine concernant ces informations, a dit M. Kent. Le délégué chinois a gardé le silence.»

Le négociateur en chef américain, Todd Stern, doute lui aussi que la Chine accepte de s’imposer des objectifs contraignants. «Je ne crois pas du tout que la position chinoise a changé en ce qui concerne une entente légalement contraignante», a dit M. Stern après une rencontre avec la délégation chinoise.

Des responsables des États-Unis et de l’Union européenne ont dit à l’Associated Press que lors d’entretiens privés, la Chine a refusé d’accepter l’imposition de limites internationales à ses émissions polluantes. La Chine pourrait avoir lancé cette offensive de charme pour faire porter à d’autres le blâme d’un éventuel échec des négociations de Durban.

Le Canada veut des détails

M. Kent a indiqué que le Canada et d’autres pays attendent de la Chine le détail des engagements qu’elle serait prête à prendre.

«La délégation chinoise n’a fourni aucun détail concernant les informations qui ont circulé le week-end dernier, a-t-il dit. Nous demeurons confiants. Ce serait certainement un développement positif de la part du plus important producteur de gaz à effet de serre de la planète. Mais, comme je l’ai dit, cette information n’a pas été fournie.»

La Chine fait partie d’un quatuor de puissants pays émergents qui demandent à des pays développés comme le Canada de s’engager pour la deuxième phase d’un traité sur le climat qui arrive à échéance.

Les membres du groupe surnommé «BASIC» — Brésil, Afrique du Sud, Inde et Chine — affirment qu’ils accroîtront leurs propres efforts de lutte aux émissions polluantes si les pays les plus riches du monde prennent de nouveaux engagements en vertu du Protocole de Kyoto.

Le PNUE inquiet

Par ailleurs, le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Achim Steiner, estime qu’un traité international sur les changements climatiques ne sera pas suffisant pour éviter une élévation dangereuse de la température mondiale.

Présentant aujourd'hui un rapport de son organisme à la conférence de Durban, il a soutenu que les pays devaient appliquer volontairement des réductions plus importantes des émissions de carbone. Selon lui, le monde perd actuellement du terrain et du temps dans le contrôle des gaz à effet de serre.

M. Steiner affirme qu’un traité juridique avec des objectifs contraignants et des mesures volontaires dans tous les pays est nécessaire pour empêcher que la Terre ne se réchauffe de plus de 2 degrés Celsius d’ici la fin du siècle.

Il a avancé que cela pourrait être réalisé avec des investissements dans l’énergie propre et d’autres mesures pour s’attaquer aux émissions de gaz à effet de serre.
1 commentaire
  • Marie Mance Vallée - Inscrite 7 décembre 2011 09 h 07

    Sur un pied de guerre?

    La Chine ne demandait-elle pas hier à son armée de se tenir prête au cas où il y aurait des problèmes...!!!

    Source : Euronews ou TV5 (à vérifier)