Kyoto: le Canada reste imperturbable malgré l'engagement de la Chine

Peter Kent a signalé qu’il suivrait avec attention les propositions mises de l’avant par la délégation chinoise à Durban, mais que cela n’affectera en rien la position canadienne à l’égard de Kyoto.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Peter Kent a signalé qu’il suivrait avec attention les propositions mises de l’avant par la délégation chinoise à Durban, mais que cela n’affectera en rien la position canadienne à l’égard de Kyoto.

Ottawa — Au moment même où la Chine démontre une ouverture à prendre des engagements concrets pour lutter contre les changements climatiques, le Canada lui claque la porte au nez.

Le ministre de l’Environnement Peter Kent a confirmé que le Canada ne participerait pas à la seconde phase du protocole de Kyoto, et ce, même si la Chine acceptait de plafonner ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

«Le Canada ne prendra pas d’engagement pour la seconde période de Kyoto [couvrant 2013 à 2017]. Notre engagement est envers les accords de Copenhague et de Cancún», a répété le ministre Kent en conférence téléphonique de Durban, en Afrique du Sud, où se tiennent actuellement des négociations sur le climat.

Le gouvernement de Stephen Harper n’a toutefois pas confirmé si le Canada allait se retirer unilatéralement de la première phase se terminant l’an prochain. Des rumeurs persistantes à Ottawa suggèrent que le gouvernement conservateur reniera officiellement d’ici Noël les engagements pris par l’ancien gouvernement libéral en 1998 envers la communauté internationale.

Un pas historique de la Chine

À Durban, la Chine a fait un pas historique en laissant entendre qu’elle pourrait accepter de plafonner ses émissions de façon absolue à partir de 2020. Il s’agit d’un développement important, puisqu’Ottawa a déjà indiqué qu’il souhaitait un accord incluant tous les émetteurs majeurs, y compris les pays en développement.

Or la Chine a fixé plusieurs conditions à un engagement ferme de sa part, dont la poursuite de la seconde phase Kyoto.

Aujourd'hui, M. Kent a signalé que la Chine ne pouvait pas compter sur le Canada.
«Nous avons hâte que la Chine amène ses propositions à la conférence. Mais en ce qui concerne si oui ou non cela affectera la décision du Canada de ne pas s’engager pour une seconde période, cela ne changera pas notre position», a tranché M. Kent.

M. Kent a néanmoins affirmé avec eu des échanges avec ses collègues chinois et avoir souligné que le Canada souhaitait un accord incluant tous les gros émetteurs de GES. «Et la Chine, évidemment, est le plus gros», a-t-il rappelé.

La cible privilégiée par les conservateurs, plus modeste que celle de Kyoto, est une réduction de 17 % des émissions de GES d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 2005.

À Ottawa, l’opposition officielle a réagi aux propos du ministre en déposant une motion exhortant notamment le gouvernement «à faire preuve de leadership dans la lutte contre les changements climatiques à l’échelle planétaire».

8 commentaires
  • Gilbert Talbot - Abonné 5 décembre 2011 12 h 55

    Position de négociation : on joue à la roulette avec la survie de l'humanité.

    Le Canada maintient sa position de négociation. Il attend de voir ce que va faire la Chine et les autres pays émergents, mais aussi et surtout il attend de voir comment vont bouger les USA et il va s'aligner sur eux si jamais ils bougent. Obama a encore sur le coeur sa dernière mésentente avec la Chine. Si cette fois-ci la Chine fait un pas dans le sens du plafonnement absolu de ses émissions, il se peut que les USA bougent aussi, mais on est ici comme dans les négos sur le désarmement nucléaire : on suit une politique de très peitits pas, qui ne change rien au rapport de force entre les deux superpuissances. Sauf qu'ici on remplace les bombes atomiques par le climat. Puis-je vous dire que les changements climatiques, dans l'état actuel, sont une bombe beaucoup plus destructrice de l'humanité entière que tout l'arsenal nucléaire des supergrands ?

  • Ben Gagnon - Inscrit 5 décembre 2011 13 h 11

    J'avais tord

    Et moi qui croyais que le Canada ne pouvait pas tomber plus bas que le "Si tu ne le fais pas, je ne le fais pas, niah". Il faut crois que j'avais tord. Vive la Chine! En sont-ils rendus là, les sujets de sa Majesté Harper? Non, mais remplacez ce gouvernement conservateur par n'importe quel imbécile et il fera un meilleur travail, je vous le garantis.

    N'importe quoi...

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 5 décembre 2011 13 h 33

    Le Canada pollueur

    Le Canada, à cause de l'exploitation actuelle des sables bitumineux, est aujourd'hui, en proportion de sa population, le quatrième plus important émetteur de gaz à effet de serre dans le monde après l'Arabie Saoudite, les États-Unis et l'Australie. Selon le président de la Commission de l'énergie de la Chambre des représentants états-uniens, les sables bitumineux sont une des sources de carburant les plus sales actuellement disponibles.
    Faisant fi de l'opinion publique québécoise majoritairement acquise au protocole de Kyoto, Ottawa a, depuis des années, renoncé à atteindre
    les cibles de réduction de ges qu'il avait acceptées de signer. Qui plus est, il est déterminé à mettre fin à cette entente et de refuser d'en adopter un plus contraignant.
    Le Québec, tout au contraire, est la figure de proue de la réduction des gaz à effet de serre en Amérique du nord.
    Notre indépendance politique nous permettra de mettre pleinement en oeuvre des politiques énergétiques et de transport plus respectueuses de l'environnement se méritant ainsi une reconnaissance mondiale.

  • Roland Berger - Inscrit 5 décembre 2011 14 h 27

    Le fond de l'histoire

    « Le Canada reste imperturbable malgré l'engagement de la Chine. » Peut-on avoir meilleure démonstration du but ultime de Harper et ses amis des pétrolières ? J'espère que ces derniers le monteront dans leur engin spatial vers une nouvelle planète quand ils auront dévasté la nôtre.
    Roland Berger

  • northernbud - Inscrit 5 décembre 2011 15 h 36

    @ Roland Berger

    Vous êtes trop bon ! Je leur souhaite qu'ils restent collés ici pour agoniser dans l'enfer qu'ils auront créé. S'ils sont pour se sauver dans un engin spatial, j'espère que quelqu'un va avoir la décence de le programmer pour que sa trajectoire soit dirigée vers le Soleil.