Marée noire au Brésil: Chevron manquait totalement de préparation

Une militante de Greenpeace montre une affiche protestant contre le déversement de pétrole dans l'Atlantique par Chevron Corp.<br />
Photo: La Presse canadienne (photo) Silvia Izquierdo/AP Une militante de Greenpeace montre une affiche protestant contre le déversement de pétrole dans l'Atlantique par Chevron Corp.

Sao Paulo, Brésil - Le géant pétrolier américain Chevron manquait totalement de préparation pour faire face à la fuite qui s'est produite sur l'un de ses puits dans l'océan Atlantique, provoquant une marée noire au large du Brésil, a affirmé aujourd'hui le chef des affaires environnementales de la police fédérale de ce pays.

Fabio Scliar a déclaré lors d'un entretien téléphonique à l'Associated Press que le personnel de Chevron sur le site avait avoué à ses enquêteurs être «absolument pas préparé à gérer une urgence de ce genre». Selon lui, Chevron a été alerté de la fuite le 7 novembre par la société pétrolière d'État brésilienne Petrobras, qui exploite un puits non loin.

L'agence brésilienne de protection de l'environnement, Ibama, a estimé hier que près de 416 400 litres de pétrole brut s'étaient répandus dans l'océan Atlantique, alors que Chevron avait évoqué une fuite de 442 136 à 103 342 litres.

Le groupe pétrolier a déclaré qu'il s'employait à colmater la fuite et avait déployé 18 navires pour la surveillance et le nettoyage.

Sollicité par courrier électronique, Chevron n'a pas fait de commentaire sur les propos de M. Scliar.

Des experts ont estimé que le pétrole s'échappait du plancher sous-marin près du puits et non du puits lui-même. Les autorités brésiliennes enquêtent sur l'origine de la fuite mais jugent que le forage l'a significativement aggravée.

Le puits fait partie du projet Frade mené par Chevron. Il est situé par 1200 mètres de fond et à 370 km de la côte nord-est de l'État de Rio de Janeiro. Selon l'agence Ibama, la marée noire, qui s'éloigne de la côte, est principalement concentrée autour de la plate-forme de forage, formant une couche d'un mètre d'épaisseur.

L'entreprise chargée du forage est Transocean, propriétaire de la plate-forme Deepwater Horizon louée à BP qui fut causa la plus grave marée noire de l'histoire des États-Unis, l'an dernier dans le golfe du Mexique.

L'agence nationale brésilienne du pétrole, ANP, a déclaré sur son site Web que le cimentage du puits, dans la perspective de son abandon définitif, était en cours et que l'on saurait «dans les prochains jours» si c'est un succès. L'ANP a fait état d'une «fuite résiduelle» mais a estimé que la marée noire était en cours de dispersion en s'éloignant de la côte. Chevron écrit sur son site qu'il semble que la fuite soit réduite à «des gouttelettes peu fréquentes».

2 commentaires
  • Fabien Nadeau - Abonné 20 novembre 2011 07 h 02

    Triste...

    Qu'une compagnie importante n'ait pas eu de plan pour gérer une éventuelle fuite montre le "sérieux" des pétrolières qui essaient de nous faire croire que leurs procédures sont sécuritaires, saines pour l'environnement, etc. Ce sont des compagnies semblables dont le seul but, finalement, est de faire de l'argent qui explorent notre sous-sol pour étudier la possibllité d'exploiter le gaz de schiste. Vous les croyez quand elles disent qu'elles vont prendre tous les moyens pour éviter la pollution? Voyons donc!

    Elles vont étudier les coûts et opter plutôt pour une campagne de marketting à la télé, comme les minières. À nous de rester vigilants, et d'agir, le cas échéant.

    Mais ne comptons pas sur les gouvernements Charest ou Harper pour voir à nos intérêts. Sont trop occupés à voir aux leurs...

  • Francois - Inscrit 23 novembre 2011 09 h 14

    Ça ne crée pas juste des emplois

    Les seul moyen d'arrêter et diminuer les risques c'est de consommer moins de pétrole et développer les énergies moins dommageable pour l'environnement.