Les températures extrêmes sont en progression

Selon le GIEC, les inondations, les sécheresses et les canicules deviennent de plus en plus fréquentes.
Photo: Agence Reuters Mian Khursheed Selon le GIEC, les inondations, les sécheresses et les canicules deviennent de plus en plus fréquentes.

Ottawa — Une mise à jour environnementale des Nations unies prévient que le monde est de plus en plus aux prises avec des températures extrêmes, et que le Canada ne fait pas exception.

Des scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) affirment que les inondations, les sécheresses et les canicules deviennent de plus en plus fréquentes, et que les gouvernements devraient prendre des mesures pour faire face aux conséquences potentielles.

«Nous voyons une vulnérabilité dans certaines circonstances auxquelles la majorité d’entre nous ne pense jamais», a déclaré Gordon McBean, de l’Institute of Catastrophic Loss Reduction de l’Université de Western Ontario, et l’un des auteurs du rapport du groupe d’experts.

Les gouvernements municipaux paient des millions de dollars pour des réparations de chaussées dues à des inondations, tandis que les compagnies d’assurances versent des centaines de millions de dollars en réclamations pour des réparations domiciliaires et des sous-sols inondés, mentionne-t-il.

Le comité note qu’en vertu des réductions de dépenses du gouvernement fédéral, une organisation jouant un rôle primordial dans la recherche sur les effets des changements climatiques est condamnée à fermer ses portes d’ici quatre mois.

La Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère n’a pas eu droit à un renouvellement de son financement, et devra cesser ses activités en mars, a confirmé le porte-parole Denny Alexander.

Grande inquiétude

La fondation se dit d’ailleurs «fortement inquiète du niveau grandement insuffisant d’appui envers la recherche sur le climat dans le budget fédéral 2011», a expliqué M. Alexander par courriel, ajoutant que le financement est inférieure à la moitié du montant nécessaire pour maintenir le niveau de recherche actuel.

Au dire de la chef du Parti vert, Elizabeth May, le financement nécessaire pour ces études n’est rien en comparaison des coûts reliés aux événements climatiques extrêmes.

Mme May faisait écho aujourd'hui à un rapport de conseillers sélectionnés par le gouvernement au sein de la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie. Le document soutenait cette semaine que les températures plus chaudes au pays coûteront environ 5 milliards au Canada et à ses citoyens par année d’ici 2020 et que la facture explosera pour atteindre jusqu’à 43 milliards par année d’ici 2050.

Mais les experts canadiens impliqués dans l’étude du GIEC soutiennent que les changements climatiques ne sont pas les seuls responsables de la situation.
Le spécialiste de l’assurance et économiste Paul Kovacs affirme que la population croissante et l’accumulation par les gens de plus en plus d’objets font gonfler les coûts reliés aux températures extrêmes.

Le GIEC a obtenu un prix Nobel pour ses travaux antérieurs, mais a plus tard été au cœur d’une controverse après que des erreurs mineures ont mené des sceptiques des changements climatiques à remettre en cause sa crédibilité.

La mise à jour d'aujourd'hui est le résultat de négociations entre des centaines de scientifiques, qui ont présenté leurs conclusions lors d’une rencontre en Ouganda.

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