Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie - L'eau devrait avoir son prix

Une redevance de 5 à 9 ¢ le mètre cube devrait permettre de réduire de 20 % l’utilisation de l’eau.<br />
Photo: Agence Reuters Jessica Rinaldi Une redevance de 5 à 9 ¢ le mètre cube devrait permettre de réduire de 20 % l’utilisation de l’eau.

Selon la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie (TRNEE), les gouvernements devraient utiliser des «instruments économiques» de base, comme la tarification de l'eau ou la délivrance de permis échangeables d'utilisation, afin de réduire la consommation de cette ressource.

De plus, selon la TRNEE, ces mesures devraient s'appliquer en priorité au secteur des «ressources naturelles». Plus précisément, la Table nationale estime que les gouvernements devraient tarifer les utilisateurs à des prix se situant entre 5 et 9 ¢ du mètre cube. Selon la Table nationale, une telle redevance devrait permettre de réduire de 20 % l'utilisation de cette ressource.

Le Québec a institué au début de l'année une redevance de 7 ¢ du mètre cube aux entreprises qui utilisent de l'eau dans leurs produits, comme les jus, ce qui rejoint les recommandations de la TRNEE. Par contre, Québec évite la principale recommandation de l'organisme fédéral, car il exempte l'ensemble du secteur agricole, le principal utilisateur d'eau dans la province, qui la rejette souvent contaminée par des engrais et pesticides. De plus, la réglementation québécoise n'impose pas de redevance aux acteurs économiques régis par le ministère des Ressources naturelles, soit les producteurs d'électricité au moyen de barrages, le nucléaire — Gentilly consomme annuellement 820 millions de mètres cubes pour refroidir ses équipements — et l'industrie minière, qui accapare et contamine aussi des quantités importantes d'eau.

Pour la TRNEE, les gouvernements doivent aussi tirer un meilleur profit des mécanismes économiques pour réduire la consommation d'eau. La mise en place de permis échangeables aux utilisateurs d'eau permettrait de plafonner les ponctions sur les nappes souterraines, notamment: les plus économes pourraient ainsi être récompensés en vendant leurs permis inutilisés à d'autres utilisateurs. De plus, indique la TRNEE, il faudrait valoriser les initiatives des sociétés ou industries qui font des efforts particuliers dans ce domaine.

Une meilleure information

Toutefois, il faudrait en priorité obtenir de ces entreprises, souligne l'organisme fédéral, des «données et de l'information de meilleure qualité que celles dont disposent les gouvernements à l'heure actuelle».

De plus, ajoute la TRNEE, les gouvernements devraient investir davantage dans la connaissance des ressources en eau et publier avec régularité — au moins tous les deux ans — un état de la ressource basé sur la science.

Au Québec, la redevance sur l'eau doit, en principe, rapporter environ 8 millions par année à Québec, ce que le milieu environnemental a qualifié d'insuffisant pour limiter la consommation et financer les connaissances sur l'état de l'eau, surtout celle relative aux nappes souterraines. De plus, Québec n'oblige pas les embouteilleurs à publier leurs données sur l'état des réserves souterraines et sur la qualité des eaux qu'ils extraient. Enfin, Québec a reporté à 2017 plutôt qu'à 2012 l'atteinte de l'objectif qu'il s'était donné de réduire de 20 % la consommation d'eau par personne dans la province et d'imposer une norme qui limiterait les fuites d'eau dans les aqueducs municipaux.
8 commentaires
  • Fabien Nadeau - Abonné 18 novembre 2011 07 h 00

    Détournement

    Que l'eau ait une valeur, nul ne le niera. Qu'elle ait une valeur marchande, c'est un pas que je ne voudrais pas franchir. Je crois qu'on assiste à une "privatisation" de l'eau. Sous prétexte de gérer la consommation d'eau, on va se l'approprier. Comptez sur la cupidité des gens d'affaires: on va devoir payer pour l'eau que nous consommons à quelqu'un qui n'en est pas propriétaire. Cherchez l'erreur...

    Prochaine étape, l'air... Bien oui, on a besoin d'air pour vivre, ça ne devrait pas être gratuit...Comment ferait-on donc, pour faire payer les gens pour l'air qu'ils consomment?

  • Nimporte quoi - Inscrit 18 novembre 2011 09 h 31

    La chienne

    Moi aussi j'ai la chienne!

    Oui, il faut encourager une consommation responsable de nos ressources. Mais réalisez-vous que le gouvernement en question fait et dit ce qu'il veut? Qu'il est gangréné de toute part par la corruption et les intérêts personnels des petits amis.

    D'ailleurs, à part John V. Hachey, on ne compte aucun québécois dans cette étude. C'est canadien mur à mur. Et aucune organisation véritablement environnementale. Industrie de l'énergie, Ministre et politicien (4), professeurs (3), juristes et des business qui vendent des conseils économie et de développement durable (!) au sein de l'entreprise Voilà la liste qui me laisse perplexe :

    MHPM Project Managers - Économie Développement durable
    McKercher LLP (juriste)
    Rio Tinto (minière)
    BIOX Corporation (Biodiésel)
    Association canadienne des carburants renouvelables
    Plasco Energy Group Red Deer (carburant recyclé)
    Politiciens (1)
    Professeurs (3)
    Ministre (3)
    Syndicat (Secteur Energétique)
    Calco Environmental Group (Canada's 50 Best Managed Company Award) (décontamination, assainissement des sols)
    Clean Water Foundation
    Waterfront Regeneration Trust

    Pourquoi Rino Tinto veut payer des redevances?

    Cet encouragement a effectivement deux résultats. Responsabiliser le consommateur payant, mais aussi intéresser l'industrie dans une sphère autrefois non rentable. Et les acteurs semblemt aller à en ce sens.

    Et j'ai peur, on n’a pas de NPD au Québec. QS peut à peine placer 20 mots par session. Le PQ, devenu néolibéraliste, il doit aussi rêver aux redevances. Il reste qui pour nous rassurer, les libéraux?

    Alors ma question est toute simple, a qui appartient l'eau actuellement? Est-ce possible que des entreprises puissent déjà avoir les droits sur l'eau sur de gros territoires?

  • Jean_Yves - Abonné 18 novembre 2011 09 h 34

    On ne consomme pas l'eau, on l'utilise.

    Et il nous en tombe en moyenne une tonne métrique sur la tête par année pour chaque mètre carré de surface de terrain...

    Ce qui donne 10 millions de litres par hectare !

    Ou si vous aimez mieux juste sur l'île de Montréal reçoit 480 milliards de litres... , en moyenne

    Ce n'est pas le volume d'eau qu'il faut réduire, du moins au Québec, c'est son salissage. C'est le procédé d'utilisation qui doit en préserver sa salubrité.

  • Bremme - Abonné 18 novembre 2011 09 h 51

    Chasser l'ombre plutôt que la proie

    "7 ¢ du mètre cube aux entreprises qui utilisent de l'eau dans leurs produits, comme les jus"
    Mais rien dans le cas des sables bitumineux qui polluent des millions de mètres cubes d'eau chaque jour!

  • jpz - Abonné 18 novembre 2011 11 h 55

    redevances sur l'eau

    C'est une honte d'abord que Line du PLQ ait utilisé une mesure hors normes à 25 $ du millions de litres soit 1000 mètres cubes donc en partant personne n'a vu que le cout réel était de 2,5 millième de ¢ du litre et en plus les 75 premier mètre cubes par jour sont gratuit.
    Alors imaginez l'aubaine pour Pepsico Coca cola Nestle et les autres
    pour chaque litre vendu 1 $ la redevance est .0025 ¢
    Ensuite je pense que pour les utilisations où l'eau est retournée directement à la nature tant que la vente ne sera pas définitivement réglée on devrait laisser ça en attente. Ainsi L'eau pour produire de l'électricité propre ou pour irriguer l'agriculture ça peut attendre mais pas l'eau qui est exportée en bouteille partout dans le monde ( Parmalat ESKA )
    En conclusion, le Québec et les usines de filtration devraient PERCEVOIR au moins 1 ¢ le litre sur l'eau traitée et propre . Pour diminuer le gaspillage les gouvernements du Qc et des autres états et provinces devrait percevoir au moins 1 $ du mètre cube pour l'eau d'utilisations industrielles quand c'est plus facile de rejeter que de nettoyer et recycler . Autrement c'est une farce et on ne voit pas les dégâts du gaspillage.