Selon le Collectif scientifique sur les gaz de schiste - La pertinence de développer le gaz de schiste n'est pas démontrée

Le Collectif scientifique sur les gaz de schiste estime que le plan de réalisation de l'étude environnementale stratégique (EES) sur cette filière fait fi de la question en amont de toutes les autres, soit: est-il pertinent de lancer le Québec sur cette voie?

Le collectif, qui regroupe une centaine de chercheurs et scientifiques souhaitant offrir au public leur expertise dans ce débat, estime qu'il serait «illogique d'entreprendre des études sur de possibles accommodements technologiques, législatifs et économiques permettant de poursuivre le projet de développement du gaz de schiste, tant que la pertinence d'un tel développement n'aura pas été clairement démontrée».

Et pour les scientifiques du collectif, cette démonstration ne doit pas se limiter à l'étude de la «justification économique», une logique fermée pourtant retenue dans l'EES. Une véritable «justification» doit reposer, disent-ils dans leur analyse «préliminaire» du devis de l'EES dévoilé vendredi dernier, sur une comparaison avec d'autres filières d'énergies renouvelables et de stratégie d'économie et d'efficacité énergétique. Ainsi que sur un «système intégré» qui réunirait toutes les filières vertes.

Définition étroite

En limitant l'approche de l'EES aux seuls aspects économiques on passe à côté de l'essentiel, car, écrivent-ils, «le propre d'une EES est en effet d'évaluer la performance environnementale d'un projet». Ce choix d'une définition étroite de l'EES a des impacts importants et nombreux, selon le collectif scientifique.

Ainsi, le scénario «aucun développement», que l'EES veut analyser, est-il une confirmation du statu quo avec son cortège de projets en cours ou en préparation? Et une autre question se pose: ce scénario dit d'«aucun développement» exclut-il d'autres filières intéressantes sur le plan environnemental qui permettent, par exemple, de produire du gaz de méthane avec des déchets urbains, agricoles ou industriels, une éventuelle solution de rechange aux controversés gaz de schiste? Ces filières plus acceptables pourraient d'ailleurs, notent les chercheurs, se développer sur les mêmes territoires que ceux visés par les promoteurs des gaz de schiste.

D'autre part, poursuit le collectif, en limitant la «justification» de cette filière à la seule rentabilité économique, le comité responsable de l'EES n'accorde forcément pas la priorité à l'acquisition de connaissances sur la question centrale de la pertinence globale — c'est-à-dire sociale, environnementale, énergétique et économique —, ce qui va stimuler plutôt la recherche du côté des moyens de limiter les impacts d'une filière avant qu'on sache si le jeu en vaut la chandelle.

Le collectif propose enfin de compléter l'examen strictement économique de cette filière par une comptabilité rigoureuse des «externalités» liées à son développement, soit les impacts sociaux et environnementaux qu'on aura quantifiés.
14 commentaires
  • Gert - Inscrit 2 novembre 2011 08 h 30

    Je ne crois pas

    Je ne crois pas qu'on devraicontinuer dans cette direction car on est en train de se détruire , c'est beau l'évolution mais l'évolution propre et pas juste pour enrichir les lobbéiste qui sont déja riche ,que l'avidité n'est jamais satisfait. De s'enrichir même au prix de tout détruire sur la terre , avec cette énergie sale on contamine tout et je crois qu'on en a assez , c'est le temps de travailler pour améliorer la qualité de vie car on est déja assez polué comme ça .

    Les gouverne-ments esseyent de nous faire croire depuis des années qu'ils font des efforts pour rédruire la polution, ce ne sont que des cancan car ça ne s'est jamais amélioré, c'est le temps maintenant de prendre les choses en main et se tourner vers les énergies propres et arrêter de marcher la tête dans le sable. Le lobbéiste est fort et le monde a peur mais cela nous détruit de toute façon , on est un pays civilisé et on a droit a notre opinion, je respecte les opinion des autres mais si on veut s'en sortir convenablement, il faut se réveiller et aller de l'avant avant qu'il ne soit trop tard.
    J'étais du voyage en Pennsylvanie et ce que j'ai vu la bas , ils vont vivre avec ça tout le temps qu'ils vont vivre et même les générations futures car c'esr irréversible ce Qu'ils ont fait la bas, ces pauvres gens sont obliges de vivre avec ou ils déménagent et perdent tout.

    C'était mon opinion . Gerty

  • Robert Ouellet - Inscrit 2 novembre 2011 13 h 10

    Etrange

    Etrange que des scientifiques soit contre le fait de faire des études scientifiques approfondies avant de prendre une décision....

  • Daniel Bérubé - Abonné 2 novembre 2011 17 h 05

    @ Robert Ouellet

    Il n'y a qu'une question a se poser devant une question semblable: les scientifiques concernés vont-ils tirer un profit quelquonque de ces études, ces explorations ou ces exploitations ? Dites-vous une chose, Mr. Ouellet, l'argent a une très forte influence sur grand nombre de gens, peu importe le nombre d'années d'étude à leur actif... celui pour qui l'argent représente... sa raison d'être, sa raison d'exister... oui, ce scientifique peut tout pour de l'argent. Dites-vous une chose : nous avons déjà vu des enfants adultes tuer leurs parents pour de l'argent, alors, quand il ne s'agit que d'une signature sur un document...

  • France Marcotte - Abonnée 2 novembre 2011 20 h 39

    EES tourne les coins ronds

    La façon de procéder des experts pour l'étude environnementale stratégique (EES), s'interrogeant sur "de possibles accommodements technologiques, législatifs et économiques permettant de poursuivre le projet de développement du gaz de schiste" sans se questionner sur la pertinence d'un tel développement , n'est pas très...scientifique.

    En omettant l'aspect de la pertinence de ce développement, on donne l'impression de la rigueur mais à l'intérieur d'un cadre qui n'englobe qu'une partie de la question, comme si un scientifique se penchait sur les moeurs des chimpanzés en omettant de mentionner qu'ils se trouvent dans un zoo.

    Pas très scientifique comme recherche scientifique.

  • CitoyenA - Abonné 2 novembre 2011 22 h 51

    Re: EES tourne les coins ronds

    France Marcotte: "comme si un scientifique se penchait sur les moeurs des chimpanzés en omettant de mentionner qu'ils se trouvent dans un zoo."

    Très belle image! Bravo.