Projet immobilier sur l'île Charron - Le promoteur Luc Poirier réplique à l'offre de Québec

Le terrain acquis par le promoteur Luc Poirier jouxte le parc national des Îles-de-Boucherville.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le terrain acquis par le promoteur Luc Poirier jouxte le parc national des Îles-de-Boucherville.

Le promoteur immobilier Luc Poirier s'est offusqué hier par voie de communiqué de la dernière offre de Québec, qui contenait une offre «finale» de 15 millions pour acquérir ses 20 hectares sur l'île Charron afin de les intégrer au parc national des Îles-de-Boucherville.

Le promoteur soutient même «qu'une entente est imminente» avec Québec et qu'elle repose en dernière analyse «sur les groupes environnementaux».

Le promoteur dit avoir recherché notamment un échange de terrains dans la région de la Rive-Sud, ce qui semble n'avoir rien donné. Il affirme de plus que la «dernière offre» du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) lui aurait permis de construire sur 11 % de son actuelle propriété, en plus d'une entente sur l'utilisation d'un espace de stationnement.

Or, se surprend-il, «la nouvelle offre du MDDEP ne contient aucun de ces éléments» puisqu'il s'agit uniquement d'une proposition financière.

Il réplique donc à Québec par une nouvelle offre, faite par la voix des journaux, assortie d'une menace visant à bien démontrer qu'il a les moyens de faire grimper les enchères au-delà de 15 millions.

«En conséquence, je réitère, écrit-il, mon offre jusqu'au 27 septembre 2011, de 15 millions avec la conservation de 20 % nets du terrain et une entente d'utilisation du stationnement. À défaut de l'acceptation de cette offre, j'étudierai toutes les options, dont d'accepter une des offres de développement et/ou de partenariat qui me sont proposées et qui dépassent largement l'offre du gouvernement, et ce, sur la totalité du terrain.»

En somme, le promoteur veut bien prendre les 15 millions, mais conserver, en plus, le droit de développer 20 % de ses terrains, acquis pour seulement 6 millions du Mouvement Desjardins.

Quant à la coalition environnementale, elle a répliqué que le promoteur voulait «le beurre et l'argent du beurre» en réclamant l'argent et la possibilité de construire, faisant la preuve d'une ignorance totale des répercussions de ses projets sur l'écosystème du parc national voisin.

Mais pour le promoteur, les groupes «devront assumer entièrement leurs décisions de ne pas accepter mon offre, car le gouvernement attend une réponse de ceux-ci pour prendre une décision», qui semble pourtant prise, compte tenu de l'ultimatum public de Québec.

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