Industrie du gaz de schiste - André Boisclair nommé conseiller de Questerre

André Boisclair<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir André Boisclair

Après l'arrivée de l'ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard à la tête de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) en février dernier, c'est au tour de l'ancien chef du Parti québécois André Boisclair de s'associer à la fort controversée industrie du gaz de schiste.

L'entreprise albertaine Questerre, qui concentre ses activités dans la vallée québécoise du Saint-Laurent, a annoncé hier la nomination d'André Boisclair au poste de conseiller auprès de son conseil d'administration.

Le président de Questerre, Michael Binnion, a justifié ce choix en vantant la «bonne connaissance de la société québécoise» et la «maîtrise des enjeux entourant les questions de développement durable» d'André Boisclair, dont le mandat sera justement de favoriser l'établissement de meilleures pratiques et l'acceptabilité sociale de projets de Questerre au Québec. L'entreprise s'est dite «confiante» que la discussion entourant les nombreux enjeux de l'exploitation du gaz de schiste en sera ainsi facilitée.

L'ancien ministre de l'Environnement, qui a notamment conseillé des entreprises souhaitant diminuer leur empreinte écologique, s'est défendu de nager en eaux troubles et a assuré qu'il n'a «rien perdu de [ses] convictions». L'ex-homme politique a plutôt insisté sur l'importance d'entamer un dialogue entre l'industrie et la population. «Ce n'est pas parce qu'on se met à table et qu'on accepte de discuter avec [les gens de l'industrie] que nous vendons notre âme et que nous nous écartons des principes qui nous ont toujours animés», a-t-il indiqué au Devoir.

Il reste que dans le cadre de ses nouvelles fonctions, André Boisclair devra conseiller Questerre, l'un des plus gros joueurs canadiens de l'exploitation gazière, sur la façon de conduire des affaires au Québec, et cela, en tenant compte de son contexte sociopolitique. Un défi de taille, considérant les vagues de fond qu'a connues le dossier du gaz de schiste, que la démission de Nathalie Normandeau n'a fait que rappeler. «Le défi pour les Albertains est de s'adapter à la réalité du Québec. [...] L'exploration fait quasiment partie de leur ADN, tandis que chez nous, c'est nouveau. Ces entrepreneurs doivent comprendre qu'il faut du temps pour que nous apprivoisions cette nouvelle réalité et que ça ne se fera pas en criant "ciseaux". Ça veut dire [qu'il faut] investir de façon importante dans une conversation de qualité avec les Québécois.»

Les deux années de moratoire imposées par le gouvernement libéral de Jean Charest — le temps de mener à terme l'évaluation environnementale stratégique (EES) — sont un «principe de précaution» et la preuve qu'un débat essentiel est en cours, croit André Boisclair. «Ce serait une erreur de rester les bras croisés à ne rien faire, comme si nous étions des chiens de faïence.» Dans une lettre ouverte publiée sur son blogue et envoyée aux médias, où il n'aborde qu'en surface les enjeux environnementaux, André Boisclair en appelle à un «codéveloppement du gaz de schale» en collaboration avec la société québécoise.

«Pourquoi les Québécois, à travers des sociétés mandatées à ces fins, ne partageraient-ils pas, avec l'industrie, les risques et les retombées associés au développement de l'industrie?» demande-t-il, suggérant du même souffle l'établissement d'une «industrie des services», sans laquelle une exploitation efficace du gaz de schiste sera impossible. «Ce n'est pas vrai qu'à chaque fois qu'on va forer un puits, on va faire venir de l'équipement de Calgary», a-t-il illustré, appuyant ses dires en indiquant que pour chaque emploi créé dans le domaine de l'exploration, dix emplois sont créés dans le domaine des services.

Questionné sur l'importance de marier les intérêts économiques et les enjeux environnementaux, André Boisclair se fait catégorique: elle est «incontournable», a-t-il martelé. «Ça ne se fera pas uniquement avec de la bonne volonté, ça va prendre des lois et des règles édictées par l'État. Et en matière de changements climatiques, ça presse.»
4 commentaires
  • Fabien Nadeau - Abonné 17 septembre 2011 07 h 02

    Récupération

    On ne pourra pas accuser l'industrie du gaz de schiste d'être allergique à la récupération! Une autre démonstration du système qui utilise l'expérience et les compétences de gens qui ont passé au grouvernement. Tout s'achète!

  • ThierryGosselin - Inscrit 17 septembre 2011 10 h 33

    Pour faire passer la pilule

    Vous prenez rendez-vous avec votre mécanicien pour votre biopsie du colon ?

    Bien sûr que non, mais en environnement c'est différent. Les compagnies qui ont des impacts environnementaux importants devront tôt ou tard comprendre que pour faire passer la pilule à la population, ce n'est pas un ancien politicien impopulaire, un avocat ou un spécialiste en marketing qui devrait être engagé.

    Toujours des rendez-vous manqués entre les sciences environnementales et l'exploitation des ressources naturelles. 

    Triste de voir que trop souvent en politique et en environnement au lieu de faire appel à des spécialistes diplômés adéquatement qu'on se bute à employer des gens dont le dernier cours de biologie remonte à leur secondaire 3.

    J'invite monsieur Boisclair à être conséquent et vite démissionner de son poste au sein du comité d'orientation Québec de la Fondation David Suzuki.
    http://www.davidsuzuki.org/fr/fondation/comite-dor

  • Gert - Inscrit 18 septembre 2011 12 h 04

    Toujours pareil ces industries

    Ils esseye de toujours trouver un moyen pour faire passer leurs cochonneries , que connait-il dans les gaz de shiste monsieur Boisclair , pourquoi ne prennent-ils pas des géologue ou ingénieurs indépendant , les politiciens se font achetés , ce sont de beaux parleurs qui se laissent acheter par les compagnies pour toujours passer leurs entourloupettes, les compagnies sont mieux de lacher au Québec , car nous on lachera pas , on n'en veut pas de se faire poluer encore plus qu'on l'est , si les autres pays veulent se faire poluer pour l'argent , c'est leur affaire mais nous comme la France , on voit clair dans leur jeux.

    Les vendus de politiciens peuvent démissionner car ils sont supposer travailler pour le peuple , les temps ont bien changer , maintenant ils travaillent pour l'argent et se fichent de la communeauté, ils ne pensent qu'a emplir leurs poches comme les gazières et ensuite d, ils s'envont Ailleur car ce sera trop polué ici pour vivre mais pas grave cars ils auront les poches plaines. Gerty

  • Jean-Louis Girard - Inscrit 25 septembre 2011 11 h 53

    Boiclair vient de monter dans mon estime

    En s'associant a cette industrie.Il est temps que des gens qui ont une influence dans cette province s'en melent...Boisclair est un économiste,pas une supposé environnementaliste qui ne connait rien.
    Il est temps..