Île Charron: Québec offre 15 millions au promoteur Luc Poirier

Québec a déposé hier une offre «finale» de 15 millions au promoteur immobilier Luc Poirier, qui projette de construire plus de 2000 condos et habitations diverses sur l'île Charron, à la frontière du parc national des Îles-de-Bourcherville.

Le promoteur en question avait acquis ces terrains d'une superficie de 20,6 ha en janvier 2007 du Mouvement Desjardins au coût de 6 millions. Les écologistes ont amèrement reproché au Mouvement de ne pas avoir cédé plutôt ces terrains à Québec à titre de don corporatif en vertu de sa politique de développement durable afin d'agrandir le plus petit parc national du Québec, situé dans sa région la plus peuplée.

Selon les informations rapportées par Le Devoir en mai, le promoteur Luc Poirier demande 37 millions pour ce terrain sur la foi de propositions qui lui auraient été faites par d'autres promoteurs.

La Coalition pour la protection de l'île Charron a insisté hier auprès du promoteur pour qu'il collabore à la sauvegarde et à l'agrandissement du parc des îles. «La coalition juge que l'offre du gouvernement du Québec est plus qu'acceptable et l'appuie entièrement, explique Rémi Arsenault, président des Amis du parc. L'offre du gouvernement représente plus du double du prix qu'Investissements Poirier a payé en 2007 pour ce terrain. C'est une offre très généreuse.»

Une offre finale

En annonçant hier la proposition «finale» de son ministère, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, a précisé qu'il préférait une entente de gré à gré, laissant entendre que Québec pourrait exproprier le site en cas d'impasse.

«Le gouvernement du Québec, a déclaré le ministre, est intéressé par cette propriété dans le but de l'annexer au parc national des Îles-de-Boucherville. Dans cet esprit, nous avons procédé à une mise en réserve du terrain en novembre 2007. Nous avons mené des négociations et nous avons fait plusieurs offres d'achat au propriétaire. Aujourd'hui, il s'agit de notre offre finale. Les fonds publics doivent être gérés de façon responsable. Pour cette raison, le gouvernement ne s'adonnera pas à une surenchère avec le promoteur et ne fera pas l'acquisition de la propriété à n'importe quel prix.»

Le promoteur a 21 jours pour répondre à la proposition gouvernementale.

En mai dernier, la Coalition estimait que le prix de 37 millions demandé par le promoteur Poirier était «loin de la valeur prétendue».

Selon l'étude réalisée par Florence Junca-Adenot, la directrice d'Urba 2015 et ancienne présidente de l'Agence métropolitaine des Transports, la construction des infrastructures préalables à la réalisation des projets immobiliers sur ce site exigeaient des investissements de 28 à 37 millions, sans parler des coûts d'entretien d'environ 1 million par année. De plus, l'étude en question soutenait que le promoteur ne peut pas construire 2500 appartements sur ce site en raison du zonage longueuillois et des règles d'aménagement du plan de la Communauté métropolitaine de Montréal, qui en fait une zone récréative.
2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 15 septembre 2011 14 h 50

    Grande coupable

    Avec Desjardins, la grande coupable est la ville de Longueuil qui avait zoné ce bout de l'ile Charron "résidentielle" et a initialement favorisé le projet de Poirier. Et y a laissé s'installer un golf. Cet homme d'affaires pas plus bête qu'un autre et "bien connecté" a vu l'aubaine. Urbanistiquement, c'est un non-sens de bâtir sur une île, à haute densité par-dessus le marché, quand on connait les problèmes de circulation sur le pont-tunnel H.-Lafontaine. Tiens, j'y pense tout à coup, serait-ce pour favoriser M. Poirier que notre MTQ a récemment élargi le pont ? Y aurait-il anguille sous roche ? Alors que la Minsitre de l'environnement prétend vertueusement vouloir en faire un parc, son collègue des transports préparerait-il la véritable vocation de l'Ile ?

  • northernbud - Inscrit 16 septembre 2011 09 h 50

    Et il en veut plus ...

    La cupidité de certains est tout simplement sans limites. Au diable la petite gêne et la décence. Sera-t.il plus heureux avec 20, 30, 40 millions ? Bien petites gens, va !