Plan Nord - Mécontentement autour des consultations

Québec a annoncé vendredi que des consultations limitées à sa politique de protection des écosystèmes nordiques dans le cadre du Plan Nord débuteraient ce soir à Baie-Comeau.

Si les dernières audiences se tiendront à Québec le 21 septembre et à Montréal le 6 octobre, la décision de Québec de procéder aussi rapidement n'a pas fait que des heureux.

Suzann Méthot, de l'Initiative boréale canadienne, précisait récemment au Devoir qu'une consultation de cette importance aurait dû permettre aux personnes et groupes d'avoir plus de temps pour se préparer.

Si les objectifs du plan en matière de conservation semblent généreux, dit-elle, «l'IBC s'interroge sur le statut de protection accordé aux territoires mis en réserve pour le maintien de la biodiversité, à savoir s'il est conforme avec l'engagement initial d'en soustraire toute activité industrielle. Dans le cadre de la planification écologique, l'IBC recommandera que soient immédiatement identifiés et protégés les territoires déjà connus pour leur sensibilité et leur intérêt écologique».

Pour Christian Simard, de Nature Québec, «une journée ouvrable entre l'annonce et le début des audiences à Baie-Comeau, c'est un peu court». Lui-même se rendra mercredi à Sept-Îles pour présenter les principales priorités et critiques de son groupe, un des plus importants du Québec.

D'entrée de jeu, Christian Simard relève le fait que Québec concentre la consultation sur les objectifs et modalités du plan de conservation des territoires nordiques, mais pas sur le Plan lui-même avec son cortège de projets à fortes incidences environnementales, comme les mines, les réservoirs hydroélectriques, les routes, etc., sans parler des faibles droits exigés des acteurs à qui Québec semble vouloir laisser le soin de prendre ce qu'ils veulent, et de protéger ce qui reste, dit-il.

«En limitant, explique-t-il, à 12 % l'objectif de création d'aires protégées dans les territoires du Plan Nord, auquel il ajoute 5 % en "réserves" à statut incertain et sans valeur au plan international, Québec n'atteint même pas d'entrée de jeu les objectifs de la conférence de Nagoya sur la protection de la biodiversité, qui a adopté pour tous les pays un objectif d'aires protégées de 17 % du territoire pour 2020.»

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