Environnement - Le Québec sous-exploite le solaire

L’une des réalisations du professeur Andreas Athienitis et son équipe de l’Université Concordia.<br />
Photo: Université Concordia L’une des réalisations du professeur Andreas Athienitis et son équipe de l’Université Concordia.

Le «solaire passif» et le «solaire thermique» dominent le potentiel du Québec en matière d'énergies solaires, selon une étude de Greenpeace rendue publique hier à Montréal.

Ce rapport, rédigé par Diane Bastien et Andreas Athienitis, deux chercheurs du Département de génie du bâtiment civil et environnemental de l'Université Concordia, indique que l'intégration des stratégies de solaire passif dans de nouvelles résidences de niveau Novoclimat, situées dans des rues orientées de façon optimale, peut réduire la facture de chauffage de 60 % des résidences.

La technologie du solaire passif mise sur le captage de la chaleur directe du soleil grâce à une fenestration parfaitement orientée. On peut stocker cette énergie dans la maison grâce à une bonne isolation et à une plus grande masse intérieure, qui agit comme un réservoir de chaleur. Si cette stratégie mise sur la pénétration du soleil loin dans la maison, c'est parce qu'il est plus bas dans le ciel en hiver. En été, c'est le contraire: on l'empêche d'entrer avec des auvents ou des balcons bien situés, pour réduire le besoin de climatisation.

Ensoleillement supérieur

Si on peut optimiser cette forme d'énergie dans les 40 000 maisons neuves construites annuellement au Québec, c'est plus difficile dans le vieux parc immobilier. C'est là que la technologie du solaire thermique permet des gains importants, grâce, par exemple, à des murs capteurs ou des capteurs thermiques qu'on peut installer sur les toits, qui sont d'une grande efficacité même en hiver.

Selon le rapport des deux universitaires, Montréal jouit en hiver d'un taux d'ensoleillement de 29 % supérieur à celui de Berlin, pourtant la capitale d'un des principaux pays utilisateurs de l'énergie solaire.

Produire de l'électricité avec des cellules photovoltaïques est plus cher, mais cela n'a pas empêché plusieurs milliers de citoyens et d'entreprises d'y recourir au Québec pour des applications précises.

Au Canada, l'Ontario — avec 10 % de la puissance installée nord-américaine — domine le marché du photovoltaïque grâce à des tarifs d'achat allant de 42 à plus de 80 cents du kilowattheure, alors qu'Hydro-Québec achète ces électrons au prix qu'elle les vend. Certaines municipalités interdisent même ici l'installation de panneaux solaires et... de cordes à linge.

Pour stimuler l'intégration de cette filière, Greenpeace recommande à Québec de moderniser son Code de la construction au niveau du code Novoclimat fédéral, une promesse non tenue du gouvernement Charest.

Il faut des tarifs plus intéressants, des programmes de financement et de rénovation des bâtiments existants, une aide à la structuration du secteur au Québec, investir davantage dans la formation technique sur le solaire et adopter un mécanisme de financement public qui s'appliquerait à toutes les formes d'énergies vertes pour stimuler leur popularité.

En pleine croissance


Selon le bilan annuel de l'Union européenne sur la technologie du photovoltaïque dans le monde, cette industrie a plus que doublé sa production en 2010 par rapport à l'année précédente, atteignant une capacité totale de 23,5 gigawatts (GW). Il s'agit d'une capacité 500 fois supérieure à celle de 1990, ce qui fait de cette technologie énergétique la deuxième mondialement quant à sa croissance, derrière l'éolien.

On prévoit que la capacité de production de cette technologie atteindra 80 GW à la fin de 2012.
29 commentaires
  • Yvan Dutil - Inscrit 10 septembre 2011 09 h 34

    Oui, le passif!

    Je suis tout à fait d'accord avec mes collègue de Concordia. Le solaire passif devrait être prioritaire au Québec. Par contre, miser sur le photovoltaïque serait une erreur dans l'état actuel de la technologie et les tests fait par Hydro-Québec sur solaire hydronique sont loin d'être positifs. Reste le solaire aérolique. D'instinct cela me semble une très bonne idée mais à ma connaissance cette approche n'a pas été testée de façon scientifique dans notre climat. On devrait avoir des réponse dans 2-3 ans. À suivre...

    Yvan Dutil, M.Sc., Ph.D.
    Coordonnateur scientifique
    Chaire de recherche industrielle en technologies de l'énergie et en efficacité énergétique (ETS)

  • Denis Laforme - Inscrit 10 septembre 2011 09 h 54

    Développer le solaire...

    Avec l'éolien, le solaire est une des énergies renouvelables facile à exploiter. Le soleil sera toujours là. Au Québec, nous sommes privilégiés, nous pouvons utiliser prioritairement sur le réseau cette énergie renouvelable imtermittente. On la prend quand le soleil brille et, pendant ce temps on laisse l'eau s'accumulet derrière les barrages. Idem pour l'éolien. Je vous propose de consulter mon blog http://denis-laforme.over-blog.com

  • Stephanie L. - Inscrite 10 septembre 2011 12 h 18

    Panneau solaire en vaporisateur

    Des japonais ont mis au point une substance photosensible qui peut se pulvériser sur diverses surfaces pour en faire des panneaux solaires:

    http://www.centpapiers.com/des-panneaux-solaires-e

  • Christian Charbonneau - Inscrit 10 septembre 2011 15 h 13

    C'est bien beau mais...

    Pour l'innovation on repassera; ça fait depuis qu'on est sorti de nos cavernes qu'on sait ça. En fait, pour alimenter une civilisation en énergie, ça prend une source à haut flux énergétique et qui soit disponible en tout temps.

  • Charles F. Labrecque - Abonné 11 septembre 2011 09 h 34

    Rêver..

    Il est marrant de constater combien de grands spécialistes patentés qui vont de leurs suggestions dans leurs méthodes d'utilisations des énergies solaire et éoliennes pour remplacer l'hydro-électricité au Québec. N'allez pas croire que ce sujet n'a été examiné dans toutes ses coutures par le passé. Dans les années quatre-vingt j'ai participé à un travail de recherche dans le but d'examiner cette possibilité de remplacer cette forme d'énergie produite par nos barrages en utilisant cette fameuse énergie solaire et éolienne. Examiné sur le plan pratique nous avons compris que durant les mois d'hiver durant notre étude nous avons enregistrés au mois de janvier des températures variant de -25C à -20 sans aucune heure de soleil et un vent de vitesse presque nul. Cela voulait dire 120h ou le réseau électrique devait combler le déficit. Or pour ces raisons la société HQ. avait le devoir de construire un réseau capable de fournir cette énergie manquant pour les heures où nous en avions de besoin. Le fait d'exiger la société à fournir l'énergie nécessaire en temps voulu seulement rendait venait affecter sérieusement la rentabilité de tout leur réseau,ainsi que les revenus redistribués à la province. Cette situation aurait créer un grave problème pour HQ. le temps venu de négocier des emprunts auprès des société prêteuses pour la construction des barrages.