Communauto prend le virage électrique

Le p.-d.g. de Communauto, Benoît Robert, lors de la conférence de presse au Complexe Desjardins, hier, à Montréal.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le p.-d.g. de Communauto, Benoît Robert, lors de la conférence de presse au Complexe Desjardins, hier, à Montréal.

Le service de partage de véhicules Communauto vire au vert. Depuis hier, le plus ancien service d'autopartage en Amérique offre à ses abonnés une voiture entièrement électrique, la Nissan Leaf.

Quinze de ces autos sont accessibles, neuf à Montréal et six à Québec. Au début de 2012, le parc de véhicules électriques de Communauto comptera une cinquantaine de Leaf.

«On inaugure la mise en service du plus important service de véhicules tout électriques qui va être disponible en libre-service en Amérique du Nord. Ce n'est pas rien!», a souligné le p.-d.g. de Communauto, Benoît Robert, lors de deux conférences de presse, hier, la première à l'hôtel de ville de Québec et la seconde au Complexe Desjardins de Montréal.

Un premier groupe de 100 à 150 abonnés privilégiés serviront de cobayes pour tester la voiture de même que la formation pour la conduire. En effet, un didacticiel est prévu pour ne pas dérouter les usagers habitués à conduire des véhicules pourvus d'un moteur à combustion interne.

Cependant, M. Robert tient à rassurer sa clientèle sur la convivialité de la Leaf. Selon lui, Nissan a voulu en faire une auto qui se conduit comme les autres. «Pour démarrer, il suffit de peser sur le frein, de peser sur un bouton et le tableau de bord s'illumine. À partir de là, on se met à "Drive" et on part. C'est une voiture qui est très intuitive.»

En collaboration avec Hydro-Québec, un réseau de bornes de recharge a été mis en place dans des stationnements des centres-villes de Québec et de Montréal pour alimenter les véhicules. «C'est un projet qui va nous permettre de faire découvrir la technologie de la voiture électrique aux citoyens de Montréal et de Québec à un coût très abordable sans qu'ils aient à attendre qu'on ait développé tout un réseau de bornes à la grandeur du Québec», a indiqué Benoît Robert.

Un des hauts responsables de la société d'État a expliqué pourquoi ce projet est important à long terme. «On sort collectivement du Québec 10 milliards de dollars par année pour s'approvisionner en pétrole, a rappelé le directeur principal en planification stratégique d'Hydro, Pierre-Luc Desgagnés. Imaginez si on coupe ça de moitié, du tiers. L'argent qui reste ici peut être utilisé autrement. C'est plus d'argent dans vos poches et dans nos poches collectives.»

Le gouvernement du Québec se trouve aussi à donner un coup de pouce à Communauto. L'organisme peut obtenir 2000 $ de subvention par véhicule en vertu d'un programme d'efficacité énergétique, en plus d'un crédit d'impôt de 8000 $ pour l'achat d'une auto écoénergétique.

La Leaf est une des rares autos entièrement électriques vendues sur le marché canadien. Il s'agit d'une sous-compacte de quatre portes avec hayon. Son autonomie est d'environ 160 kilomètres. Mitsubishi commercialise aussi une auto électrique au Canada, la i-MiEV. La distribution de ces deux modèles se fait toutefois encore au compte-gouttes.

Communauto cherchait à intégrer dans sa flotte des véhicules électriques depuis 2003.

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Avec La Presse canadienne
9 commentaires
  • Sanzalure - Inscrit 16 août 2011 07 h 32

    Bravo !

    Une bonne nouvelle...

    Serge Grenier

  • Jean Richard - Abonné 16 août 2011 09 h 05

    Le dérapage électrique

    « On sort collectivement du Québec 10 milliards de dollars par année pour s'approvisionner en pétrole... »

    Une Nissan Leaf coûte environ 20 000 $ de plus qu'une voiture conventionnelle de même taille. Chaque année, il se vend au Québec environ 300 000 voitures et 150 000 camions, légers ou lourds. S'il fallait que 300 000 acheteurs de voitures décident d'acheter des Leaf, ce sont plusieurs milliards par année qui sortiraient encore du Québec. Car on a beau rêver, le Québec ne sera jamais un pays constructeur de voitures. Acheter du pétrole importé ou acheter des voitures importées, où est la différence ?

    Combien coûte en pétrole une voiture conventionnelle de la taille d'une Leaf ? À 6 litres/100 kilomètres (valeurs moyenne pour une Toyota Yaris ou une Honda Fit) sur 12 000 kilomètres par année à 1,40 $ le litre, ça doit faire quelque chose comme 1000 $ par année. Il lui faudra 20 ans avant d'atteindre l'équilibre et comme une Leaf ne durera pas 20 ans, il se pourrait que ce gain collectif de plusieurs milliards de dollars par année annoncé par Hydro-Québec ne soit qu'une illusion. Ce que nous économiserons en pétrole importé, nous le débourserons en voitures importées.

    Le Québec ne sera jamais un pays constructeur d'automobiles, mais il est déjà un constructeur de véhicules de transport collectif. Il en est même un exportateur. S'il y a un domaine où le Québec doit investir, c'est dans les transports en commun et non dans les subventions (ou autres crédits d'impôt) à l'importation de voitures individuelles. Et si Hydro-Québec a de l'argent à investir pour nous vendre de l'électricité, qu'elle l'investisse par exemple dans des caténaires pour électrifier nos trains et non dans des bornes pour des voitures électriques importées à grands frais. La collectivité en sera gagnante.

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 16 août 2011 10 h 03

    Courrageux

    Bravo à communauto.

    Guillaume Blouin-Beaudoin

  • green e-motion - Inscrit 16 août 2011 10 h 48

    belle initiative

    installé depuis peu à Québec, je mesure a quel point la promotion active de ce type de véhicule compte parmi les actions prioritaires à soutenir ici.
    Espérons que l'électrique ne rencontre pas les mêmes réticences "culturelles" que le Diesel propre qui peine encore à trouver sa place malgré d'incontestables atouts par rapport aux (très) classiques motorisations à essence.
    P.S : Jetta 1.6 TDI ~ 5,5L/100km / Jetta 2.5 ~ 9L/100km. Et un agrément de conduite légèrement supérieur du moteur Diesel!

  • Sylvain Auclair - Abonné 16 août 2011 14 h 58

    Attention aux comparaisons

    Le diesel n'a pas la même densité que l'essence. Il faudrait comparer le rendement pour un kilogramme de combustible.