Arctique - Le climat compliquerait le nettoyage d'un désastre pétrolier

Dans le cas d’une catastrophe pétrolière dans l’Arctique, au moins une journée de nettoyage sur cinq devrait être annulée en raison du mauvais temps ou du déplacement des glaces sur l’eau.<br />
Photo: Agence Reuters Andy Clark Dans le cas d’une catastrophe pétrolière dans l’Arctique, au moins une journée de nettoyage sur cinq devrait être annulée en raison du mauvais temps ou du déplacement des glaces sur l’eau.

Edmonton — Un nouveau rapport commandé par l'Office national de l'énergie du Canada conclut que les efforts de nettoyage d'un éventuel désastre pétrolier dans l'océan Arctique pourraient être compliqués par le climat.

Au moins une journée d'opération sur cinq dans la région devrait être annulée en raison du mauvais temps ou du déplacement des glaces sur l'eau.

Et selon le porte-parole d'un groupe environnemental, une autre étude américaine suggère que ces calculs sous-estiment les risques.

«Ils pourraient être trop optimistes», a affirmé Rob Powell, du programme arctique du Fonds mondial pour la nature (WWF).

L'Office national de l'énergie avait demandé à un expert en environnement de se pencher sur l'efficacité des méthodes habituelles de nettoyage en région polaire. Ses conclusions font craindre le pire en cas de déversement.

Des vents dépassant les 10 mètres par seconde, par exemple, rendent impossible la combustion des nappes de pétrole, l'une des principales méthodes utilisées pour nettoyer ce genre de désastres. Les produits dispersants, qui séparent le pétrole, ne peuvent être utilisés en présence de vagues de plus de trois mètres.

Les bouées, les estacades et les filets, qui servent à contenir puis à retirer les hydrocarbures de l'eau, sont peu efficaces lorsque la mer est recouverte à plus de 10 % de glaces. Et les aéronefs, essentiels pour diriger le nettoyage, nécessitent une visibilité d'au moins un kilomètre.

La firme S.L. Ross Environmental Research a évalué ces limites et les a appliquées aux conditions qui prévalent dans la région arctique durant l'été, sur la base des 20 dernières années. Ce rapport a été publié à la mi-juillet.

L'étude démontre que dans la mer de Beaufort, même pendant le mois le plus favorable de la saison, en juin, l'utilisation de l'ensemble de ces méthodes de nettoyage serait impossible 20 % du temps. Les conditions se détériorent ensuite pendant tout l'été jusqu'en octobre, mois où le nettoyage serait rendu impossible 65 % du temps.

Dans le détroit de Davis, les conditions climatiques du mois de juillet empêcheraient tout nettoyage 27 % du temps. En novembre, ce taux augmenterait rapidement à 80 %.

L'étude souligne aussi que la météo arctique est imprévisible et que des conditions parfaites peuvent très rapidement se détériorer.

Le pétrole déversé une année pourrait être recueilli l'année suivante, mais les risques qu'il s'émulsionne avec l'eau salée sont grands.

Plusieurs géants de l'énergie ont déjà acheté des droits d'exploration dans la mer de Beaufort. Des forages ont commencé sur la côte groenlandaise du détroit de Davis.

Rob Powell, du WWF, soutient qu'il est important que de telles recherches soient menées avant que le Canada approuve d'autres activités. «Nous sommes contents de voir que cela a été fait.»
 
2 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 2 août 2011 11 h 08

    Quelle surprise!

    Un article pour nous avertir qu'il fait souvent mauvais de le nord...

  • Gert - Inscrit 2 août 2011 22 h 30

    A quand les énergies propres

    C'est pour quand les énergies propres et laisser tomber les hydrocarbures, de toute façon , il vas faloir en venir la , c'est bien de valeur que ce soir le lobbeiste qui controle tout car ils sont en train de tout poluer et de détruire la terre , je ne comprend pas que le monde ne se réveille pas , il ne faut pas attendre car quand ce sera trop tard , on vas se lamenter mais en vain, et les riches , eux aussi payeront pour ce qu'ils ont fait .

    Malheureusemnet, nous les québécois , on est habituer de s'assoir sur notre petit confort mais s'en vient le temps ou le petit confort vas s'éloigné de nous et les temps dur vont arriver. Les Québécois vont commencer a se réveiller mais il sera trop tard , c'est bien beau de trouver de nouvelles ressources mais a quel prix , on est mieux de commencer a se contenter de peu car s'en vient le temps des privations et des maladies qui s'emplifieront avec les nouvelles polutions qui s'en viennent. Tant que le monde vivra pour l'argent , ça ira mal sur la terre , si un jour le monde décide de vivre pour leur bien-être , ça changera .
    Gerty