GES: à court terme, le gaz de schiste serait pire que le charbon

Une évaluation scientifique du Post Carbon Institute (PCI) indique que le gaz de schiste n'est pas «l'énergie de transition» entre le charbon et le pétrole vers des énergies plus vertes, comme le prétendent l'industrie et certains gouvernements.

Cette évaluation, que vient de publier J. David Hugues du PCI, confirme que les gaz de schiste ont une empreinte carbone supérieure au charbon, le plus riche des combustibles fossiles en gaz à effet de serre (GES), sur un horizon de 20 à 30 ans. Par contre, si on fait la même comparaison mais en répartissant les impacts sur un siècle, le charbon émet un peu moins ou autant de GES que les gaz de schiste.

Cette conclusion jette un doute sérieux, selon le chercheur, sur la valeur des gaz de schiste comme «énergie de transition», car c'est d'ici une vingtaine d'années que l'humanité doit reprendre le contrôle du climat par des réductions majeures de ses émissions de GES. Selon le Groupe international d'experts sur l'évolution du climat (GIEC-ONU), si l'accumulation de CO2 dans l'atmosphère terrestre dépasse 450 parties par millions ou si la hausse de la température terrestre dépasse 2 °C, la température moyenne du globe risque de s'emballer et de rendre inutiles les efforts de l'humanité pour la contrôler parce que le phénomène va s'autoalimenter par les émissions de grands écosystèmes comme le pergélisol.

Deux études


Le chercheur J. David Hugues s'est penché sur deux études contradictoires publiées depuis le début de l'année pour éclairer ce débat scientifique.

Le 14 avril, une équipe de l'Université Cornell dirigée par le professeur Robert Howarth concluait que sur un horizon de 20 ans, les gaz de schiste avaient une empreinte carbone de 20 % à 200 % plus élevée que celle du charbon, mais estimait l'impact des deux combustibles comparable sur un horizon de 100 ans.

Un mois plus tard, un autre chercheur, Timothy Skone, du National Energy Technology Laboratory (NETL) des États-Unis, présentait ses propres conclusions dans une conférence à l'Université Cornell. Son analyse, contrairement à celle de l'équipe du professeur Howarth, n'a toutefois pas été publiée dans une revue scientifique et soumise à la règle de la révision par les pairs.

La nouvelle étude confirme à peu de choses près la validité de celle de l'équipe du professeur Howarth, parce que ses prémisses se rapprochent davantage des évaluations rigoureuses de l'Agence de protection environnementale (EPA) des États-Unis. Par contre, selon David Hugues, le chercheur du NETL a embelli le portrait des gaz de schiste en modélisant leur utilisation dans des équipements de pointe, qui dépassent de loin en performance le parc énergétique étasunien réel. Le chercheur aurait également fortement sous-évalué l'importance des émissions fugitives en période d'exploration et d'exploitation, et certains de ses calculs se basent sur l'évaluation des impacts du gaz naturel et non des gaz de schiste.
10 commentaires
  • Pierre Sabourin - Inscrit 6 juillet 2011 07 h 39

    Une grosse bulle de brouillard speculative pour faire manquer la route!

    Pendant ce temp:

    Exxon dennonce les energies vertes mais investi secretement plus d'un demi milliard dans les algues bleues.

    http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=b

    On decouvre qu'on a deja les ressources pour une energie verte renouvlable, non polluante et qui a la possibilite d'enlever 90% des emmissions a effet de serre:

    http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=a

    On prouve l'efficacite des algue bleue en faisant vole un avion 737 juste avec des algues:

    http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=a




    ET AVEC TOUT CE QUON DIT SUR LES GAZ DE SCHISTE, L'IMPACT ENVIRONMENTAL (PIRE QUE LE CHARBON), LA NON-RENTABILITE ET LA DESINFORMATION DES LOBBY PETROLIER QUI CREE UN BULLE SPECULATIVE QU'ON DENONCE COMME ILLEGAL (PONZY SCHEME)...

    ET AVEC TOUT LES AUTRE ENERGIE VERTE DEJA DISPONNIBLE, LA CONCLUSION EST FACILE ET RAPIDE A FAIRE: LE GAZ DE SCHISTE N'EST PAS VERT ET EST NON RENTABLE MONETAIREMENT! INVESTISSEZ AU BONNE ENDROIT!

  • meme40 - Inscrite 6 juillet 2011 10 h 36

    après le ..blé d'inde...

    On va cultiver les algues blues.. c'est joli...pis on va acheter des avions ...pis on va cultiver les recherches à coup de milliards... en avant toute,tout droit vers la droite chercheuse pis on va continuer de lancer les têtes chercheuses de gaz de schiste mais juste un petit peu...pour voir... puis on va trouver dans les petits pois de quoi nourrir l'imbécilité tétanique qui gouverne bien des recherches en avant toute.. tous dans la même direction.. surtout...

  • France Marcotte - Inscrite 6 juillet 2011 16 h 23

    Facteur temps

    On commance à prendre en compte le facteur temps puisque le temps nous est compté pour réagir intelligemment: "...si l'accumulation de CO2 dans l'atmosphère terrestre dépasse 450 parties par millions ou si la hausse de la température terrestre dépasse 2 °C, la température moyenne du globe risque de s'emballer et de rendre inutiles les efforts de l'humanité pour la contrôler parce que le phénomène va s'autoalimenter par les émissions de grands écosystèmes comme le pergélisol."
    Cela est extrêmement grave mais les autruches s'amusent. On préfère l'ignorer ou mettre en doute le messager, même si celui-ci exhibe ses compétences et le sérieux de ses recherches.
    Quand on parlera de comprte à rebours, cela fera-t-il plus image?

  • Robert Ouellet - Inscrit 6 juillet 2011 20 h 20

    @Francois Marcotte

    Vous avez tout à fait raison, sauf que çà ne se jouera pas au Québec.
    Il vous faut expliquer aux pays émergent (Inde et Chine) d'oublier leur croissance ou aller convaincre les pays riches (USA, Europe,...) de couper drastiquement leur consommation.

    Ce que le Québec fait n'a aucun rapport sinon se donner bonne conscience...

  • Jean_Yves - Abonné 6 juillet 2011 23 h 59

    Pas sérieux cette notion de "a court terme".

    Pas sérieux scientifiquement parlant.

    L'idée d'inclure le "cycle de vie" dans le calcul de l'effet des gaz émis pour chaque source d'énergie c'est justement de ne pas vouloir passer a coté des retombés réelles et globale de chaque filière énergétique. Là on découpe dans la réalité des choses un "time frame" qui fait disparaitre tout un pan de cette réalité.

    C'est juste le contraire de ce qui est rechercher l'intégration du "cycle de vie" dans les études d'impacte. Ici avec ce découpage on obtient qu'une "portion de vie".

    Les connaissances actuelles de la science sur le CO2 lui accordent une fois émis dans l'atmosphère un temps de présence variant entre 300 et 800 ans, il est donc ridicule de prétendre faire un analyse qui inclus le cycle de vie alors qu'on ne regarde que les 20 premières années.


    Et il faut bien comprendre que si le gaz naturel n'est pas au rendez-vous des besoins énergétiques américian c'est assurément le charbon qui y seras.