Gaz de schiste - Junex se retire du comité d'évaluation

Le président de Junex, Jean-Yves Lavoie, a annoncé hier qu'il démissionne du comité mis sur pied par Québec pour procéder à une évaluation environnementale stratégique (EES) du dossier des gaz de schiste au cours des deux prochaines années.

«Après quelques rencontres au sein du comité, je constate que ma présence pourrait être conflictuelle à certains égards. Afin de ne pas nuire à la crédibilité de ce comité et dans le respect de ses membres, je me dois de retirer ma participation à cet important dossier», précise le communiqué diffusé hier par Junex au nom de son président. Ce dernier a toutefois précisé qu'il «demeure disponible pour contribuer à titre d'expert» aux travaux du comité si le besoin s'en fait sentir.

Des choix contestés

Le choix du président de Junex et de Mariane Molgat, une spécialiste en géologie qui travaille pour Talisman Energy, a été fortement contesté par les groupes écologistes et de la société civile depuis la formation du comité d'experts chargé d'évaluer les modalités de développement de cette filière, à l'exclusion du sujet principal réclamé par la société civile, soit la pertinence de ce développement.

Dans le cas de Mme Molgat, plusieurs ont fait remarquer que sa société paye le salaire de Lucien Bouchard à titre de président de l'Association gazière et pétrolière du Québec. Les deux, M. Lavoie et Mme Molgat, sont aussi enregistrés comme lobbyistes auprès du gouvernement québécois.

Pour André Bélisle, le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), la «représentante de Talisman devrait tirer la ligne tout autant que M. Lavoie» en raison de ce qu'il perçoit comme un véritable «conflit d'intérêts». Et cela, même si ces deux personnes ont été sélectionnées par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Le président de Junex a précisé hier sur le réseau Canoë qu'il se trouvait en «conflit d'intérêts» puisque le comité auquel il siégeait devait se prononcer sur la pertinence de délivrer des permis d'exploration à certains projets. Il a par contre refusé de dire si sa collègue de Talisman Energy devrait elle aussi démissionner, comme l'a réclamé hier l'AQLPA en ajoutant que tout le dossier devrait être placé sous l'autorité des commissaires du BAPE qui ont dirigé la consultation publique de l'automne dernier pour le doter d'un minimum d'indépendance.

«Nous avons dit et répété en fin de semaine devant les 10 000 à 15 000 personnes venues manifester contre l'exploration des gaz de schiste, ajoutait André Bélisle, que ce comité manque de crédibilité, pas seulement parce qu'on y trouve des représentants de Junex et de Talisman, mais aussi plusieurs fonctionnaires qui travaillent pour un gouvernement voué à la promotion de cette filière. Michel Lamontagne, qui représente la société civile, est un ancien président de Réseau environnement, un groupe d'affaires qui espère sa part du gâteau [...]. Nous, on pense que Mme Corinne Gendron, l'autre représentante de la société civile dont on respecte la rigueur et la compétence, est néanmoins elle aussi dans une situation délicate.»

La chaire universitaire que dirige Mme Gendron à l'Université du Québec à Montréal a obtenu 330 000 $ de Cascades, de Loto-Québec et de Boréalis à la mi-juin. Or on retrouve Laurent Lemaire, vice-président de Cascades, au conseil d'administration de Junex. Par ailleurs, Junex et Gestion Bernard Lemaire sont partenaires dans le permis d'exploration de Galt, un autre projet d'exploration qui couvre 16 803 acres en Gaspésie.
4 commentaires
  • Gert - Inscrit 29 juin 2011 06 h 17

    Entourloupette

    Es-ce ecore une entourloupette des gazière et du gouvernement pour montrer que Junex prend a coeur le problème et que mr Lavoie démisssionne du comité , j'ai des doutes la dessus , on ne peux pas se fier sur leurs dires car ils ont assez magouiller , qu'ils sont dure a croire , en tout cas , quand on aura un vrai moratoire , quand le gouvernement écoutera la population , j'aurai le coeur net . Ensuite , quand ils auront trouver une nouvelle façcon propre de récolter le gaz de schiste , s'ils en viennent a bout et Qu,ils mettront des experts indépendant sur le comité , on en reparlera car on ne veut pas se faire pourrir la vie pour que le lobbéiste s'enrichisse sur notre dos et nous laisse un environnement impropre pendant des décénies a veniré
    Gerty

  • Louis Langelier - Abonné 29 juin 2011 07 h 49

    Paranoïa ou délire?

    Affirmer que Corinne Gendron "est dans une position délicate" parce que la chaire qu'elle dirige a reçu des fonds d'une entreprise qui a le "malheur" d'avoir un lien indirect avec Laurent Lemaire me semble relever de la pure paranoïa.

    La Chaire de responsabilité sociale et développement durable de l'UQAM dirigée par Madame Gendron intervient régulièrement dans les grands débats et sa compétence a souvent permis un meilleur éclairage des grands enjeux de développement durable au Québec et dans le monde.

    Corinne Gendron, soit dit en passant, est avocate, MBA et Ph. D. Elle a rédigé de nombreux ouvrages concernant le développement durable. La retirer du comité d'évaluation serait une erreur pitoyable.

  • Louise Lefebvre - Inscrite 30 juin 2011 00 h 03

    septique

    Je me méfie...peut-on se fier à la sincérité d'une telle décision???
    Ces individus sont tellement mahonnêtes, manipulateurs et calculateurs...
    Restons vigilants et allumés!!!

  • Francois - Inscrit 5 juillet 2011 07 h 28

    Lobbyiste

    Je comprends maintenant pourquoi Jean-Charest et sa ministre des ressources naturel nous martel que les gaz sont profitable pour le Québec mais davantage pour leur parti politique. Junex et compagnie ont acheté les libéraux et ceux-ci sont assujettis à leur financement. Je ne crois aucunement par les gestes du gouvernement une volonté sincère et réelle d'amener le Québec vers une économie et un environnement saint.
    Tout ce qui le motive se sont le financement de son parti. Autrement il faudrait que les industries écologique financent leur parti politique afin de se faire entendre et recevoir l'accridité. Monsieur Charest combien d'argent avez-vous reçu par l'entremise de votre parti de Junex et compagnie pour tenter de marteler les Québécois que les gaz schistes sont profitable pour le Québec? Vous ne parlez pas de la voix des québécois mais des industries et de leur mieux être et de votre parti politique.