Pétrolia ne se sent pas menacée

Photo: Source Pétrolia

Bien que la Ville de Gaspé ait adopté une résolution interdisant toute fracturation hydraulique sur son territoire, l'entreprise Pétrolia juge qu'elle pourra poursuivre ses opérations sur ses deux puits de pétrole, dont un produit déjà de l'or noir. Elle compte d'ailleurs lancer bientôt une étude, en partenariat avec l'Université du Québec à Rimouski, pour en apprendre davantage sur les structures du sous-sol dans le secteur, mais aussi sur les techniques d'extraction à privilégier, selon ce qu'a appris Le Devoir.

Le conseil municipal de Gaspé s'est prononcé cette semaine contre cette technique d'extraction des hydrocarbures qui suscite beaucoup d'inquiétudes en raison des impacts qu'elle pourrait avoir sur l'environnement. Les élus municipaux estiment justement qu'ils en savent trop peu pour autoriser la pétrolière à aller de l'avant avec des tests de production effectués grâce à la fracturation hydraulique. Cette résolution se voulait une réaction au dépôt, par Pétrolia, d'un avis de projet au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, signalant qu'elle pourrait recourir à de la fracturation pour stimuler un de ses deux puits de Gaspé. Une opération qui n'a jamais été tentée au Québec.

La décision des élus n'a cependant aucun poids légal, puisque Pétrolia mène ses activités en vertu de la Loi sur les mines. Le gouvernement libéral a toutefois statué que, pour le temps que durera l'évaluation environnementale stratégique sur les énergies fossiles, toute opération de fracturation devra être autorisée par le comité qui dirige l'évaluation, comité composé majoritairement de gens d'affaires et de hauts fonctionnaires.

La vice-présidente de Pétrolia, Isabelle Proulx, a affirmé que l'entreprise ne se sentait pas menacée par la décision des élus de Gaspé. «Je vois ça positivement. Ils ont raison, il manque de l'information sur laquelle ils peuvent se baser. Lorsqu'on va avoir cette information, on va la communiquer.»

L'entreprise en est d'ailleurs à élaborer une étude «indépendante» afin d'en apprendre davantage sur les formations rocheuses où elle a foré ses puits. Cette étude serait réalisée en dehors de l'évaluation tenue par le gouvernement et en partenariat avec l'Université du Québec à Rimouski (UQAR). «On essaie de faire une étude environnementale qui va s'établir sur une période de cinq ans, a expliqué Mme Proulx. On travaille à créer une entente avec l'UQAR, plus spécifiquement avec l'Institut des sciences de la mer de Rimouski.» L'Institut national de recherche scientifique pourrait aussi être impliqué.

Outre les formations rocheuses, Pétrolia souhaite en apprendre davantage sur les mouvements de l'eau dans le sol, mais aussi sur les bons liquides à utiliser pour faire de la fracturation hydraulique. Dans le cadre de son étude, la pétrolière pourrait bien mener des opérations de «mini-fracturations», une technique inconnue au Québec.

Mais il n'est pas acquis qu'elle ira plus loin. «Il n'est pas certain qu'on va procéder à de la fracturation hydraulique», a assuré Mme Proulx. N'empêche, l'entreprise travaille beaucoup à rassurer la population. Elle a d'ailleurs produit une «chronique» pour expliquer en quoi consiste la fracturation, en soulignant notamment que celle-ci sera «essentielle» pour exploiter les milliards de barils de pétrole que contiendrait le sous-sol de l'île d'Anticosti. Une ressource cédée par Hydro-Québec au secteur privé pour une somme inconnue.

Un des puits de Pétrolia situé à Gaspé produit déjà du pétrole. Mais l'entreprise n'a versé aucune redevance à l'État québécois jusqu'à présent, puisque cette ressource non renouvelable est extraite du sous-sol dans le cadre d'opérations d'exploration, et non d'exploitation.

Uniquement dans le sous-sol de la zone visée par le projet Haldimand — d'une superficie de 9 km2 —, on estime qu'il y aurait au moins 7,7 millions de barils de pétrole récupérables. Au prix actuel du marché, soit près de 100 $, la ressource a une valeur brute de 770 millions de dollars. Sans compter que l'on s'attend à une remontée constante du prix de l'or noir au cours des prochaines années.

Le siège social de Pétrolia — qui contrôle 15 000 km2 de permis d'exploration — se trouve à Rimouski, mais son principal actionnaire est Pilatus Energy AG, une compagnie qui a pignon sur rue en Suisse. Le président de Pilatus Energy réside aux Émirats arabes unis.
2 commentaires
  • Gert - Inscrit 25 juin 2011 22 h 13

    Pétrolia ou autres

    Que ce soit pétrolia ou une autre compagnie , ils ne doivent pas continuer a forer ni a exploiter le gaz par fracturation , ils ont fait assez de dommage comme ça , on ne veut pas subir ce que les les états-unis ont subit et subissent encore car ils le subiront pour des décénies . Que ce soit Gaspé ou Québec , ou Montréal , c'est non , On achète déja notre eau , ce qui est déja pas normal et ils veulent nous enlever ce qui nous reste encore de potable . Que les compagnies pétrolières arrètent de penser juste a l'argent et qu'ils pensent a la santée du monde et a leur bien-etre. Quand ils auront tout poluer , ils s'en iront les poches pleines et se ficheront bien de nous autres après, tenons nous les Québécois et non c'est non.
    Grety

  • Dominic Ric - Inscrit 27 juin 2011 17 h 06

    Gasland

    Voyez Gasland gaz de schiste fr sur youtube si vous croyez que Gert exagère...

    Extrême danger mortel pour des générations!