Voitures électriques - Hydro jette les bases d'un réseau de bornes de recharge

La ministre des Richesses naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, et le ministre des Transports, Sam Hamad, présentent la future «plaque verte» qui sera réservée aux tout-électriques ainsi qu’aux hybrides rechargeables.
Photo: - Le Devoir La ministre des Richesses naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, et le ministre des Transports, Sam Hamad, présentent la future «plaque verte» qui sera réservée aux tout-électriques ainsi qu’aux hybrides rechargeables.

Même s'il n'y a que 22 voitures électriques au Québec, dont 16 appartiennent à Hydro-Québec, la société d'État a annoncé hier, avec l'appui de deux ministres, le début d'un «partenariat» avec des entreprises privées pour jeter les bases d'un premier réseau au Canada de bornes de recharge.

Les premiers partenaires d'Hydro-Québec sont les sociétés Rona, les Rôtisseries Saint-Hubert, les épiciers Metro et l'Agence métropolitaine de Transports (AMT). Ensemble, ces partenaires vont installer «à leurs frais» une centaine de bornes de recharge, accessibles à tous les automobilistes dont les voitures arboreront la future «plaque verte» dont le numéro d'immatriculation commencera par les lettres «VE». Cette plaque sera réservée aux tout-électriques ainsi qu'aux hybrides rechargeables.

Les clients paieront leur électricité «quelques dollars» à ces bornes, qu'ils pourront trouver par géolocalisation. Et le p.-d.g. d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a affirmé que l'ensemble des clients de cette société d'État ne paieront pas la facture de la mise en place du «circuit électrique» à la place des automobilistes. Il entend plutôt agrandir son réseau de bornes avec d'autres grandes entreprises qui fourniraient ce service à leurs employés. Quant au futur «réseau public» à très forte puissance de recharge (400 volts) qu'on retrouvera ultérieurement sur les artères publiques, M. Vandal n'a pas précisé qui investira les fonds nécessaires.

De son côté, le ministre des Transports, Sam Hamad, n'a pas précisé si la plaque verte réservée aux voitures électriques sera aussi accordée aux motos et scooters électriques, de plus en plus nombreux et encore plus performants sur le plan énergétique que les voitures en raison de leur poids et de leur encombrement réduits. Le ministre Hamad a cependant déclaré hier qu'il pourrait revoir ce dossier. Au Québec, contrairement à l'Europe, aux États-Unis et à l'Ontario, les deux-roues ne sont pas considérées comme une solution de rechange immédiatement disponible à la voiture, dont on encouragerait l'utilisation par des mesures comme le stationnement et les péages gratuits, ainsi que par l'accès aux voies réservées sur les autoroutes et en ville.

Appel d'offres

Quant au président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, il a précisé qu'un «appel d'offres» serait bientôt lancé pour produire la centaine de bornes, avec l'objectif avoué de «développer une expertise québécoise». Il a utilisé le mot «appel d'offres» même s'il n'y a qu'un seul fournisseur québécois dans ce domaine, la société ADD Tech, de Québec. Mais le ministre Hamad a précisé que toute l'expertise autour de ce projet mérite un solide encouragement et qu'il ne voyait «pas d'incompatibilité» avec un appel d'offres adressé à un seul fournisseur.

Pour la ministre des Richesses naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, cet embryon d'un premier réseau de recharge électrique au Canada appuie sa politique de développement de l'industrie du véhicule électrique. Elle a aussi demandé à Hydro-Québec de «favoriser l'émergence de nouveaux modèles d'affaires pour la recharge publique, notamment avec la contribution du secteur privé». Mme Normandeau n'a pas précisé si la propriété du futur réseau public de bornes sera cédée au secteur privé ou si sa contribution se limitera au rôle de fournisseur de services.

Elle a cependant insisté sur le fait qu'un premier réseau de bornes de recharge au Québec va certainement inciter les consommateurs à acheter des voitures électriques, tout électriques ou hybrides rechargeables, qui feront leur entrée sur le marché québécois cet été. L'utilisation d'une telle voiture, malgré son prix plus élevé, demeure intéressant dans la mesure où Québec fournit des aides financières pouvant aller jusqu'à 8000 $ à l'achat et de 1000 $ pour l'installation d'une borne domestique de recharge. En plus, a ajouté la ministre Normandeau, les économies d'essence pour une famille pourront dépasser les 2000 $ par année, ce qui amortit sensiblement le coût d'achat.

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