Gaz de schiste - Appel à la remobilisation

Une coalition de groupes environnementaux, syndicaux et citoyens appellent à manifester contre l’exploitation des gaz de schiste à Montréal samedi. Parmi eux, le metteur en scène Dominic Champagne.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Une coalition de groupes environnementaux, syndicaux et citoyens appellent à manifester contre l’exploitation des gaz de schiste à Montréal samedi. Parmi eux, le metteur en scène Dominic Champagne.

L'annonce d'une évaluation environnementale stratégique de l'industrie du gaz de schiste a eu pour effet d'«endormir» la population québécoise, qui a jugé que le dossier était pour ainsi dire réglé. Une situation qui profite au premier chef aux entreprises gazières, qui continuent de s'activer sur le terrain. C'est le message lancé hier par une coalition de groupes environnementaux, syndicaux et citoyens qui appellent à manifester à Montréal samedi pour signifier au gouvernement Charest que les Québécois ne sont pas moins inquiets du développement de cette filière énergétique aux impacts méconnus.

«Ce concept du "quasi-moratoire" a eu pour effet de démobiliser, d'endormir l'opinion publique. On s'est fait dire: "Vous avez gagné." Or, ce qu'il est important de réaffirmer aujourd'hui, c'est que rien n'est réglé. Si ça se trouve, la situation est pire aujourd'hui parce que les gens ont l'impression que c'est réglé», a lancé Dominic Champagne, metteur en scène bien connu et citoyen engagé dans la mobilisation contre l'industrie gazière.

Cette impression, selon lui, découle d'abord du rapport du Bureau d'audiences sur l'environnement, qui avait mis en lumière de très nombreuses lacunes quant aux connaissances québécoises de la filière du gaz de schiste. Les commissaires notaient notamment, dans leur rapport, «l'absence de faits probants permettant de déterminer les risques» liés à l'exploitation de cette source d'énergie fossile. Fait plutôt étonnant, étant donné que le gouvernement a laissé l'industrie s'implanter au Québec depuis déjà quelques années et que plus d'une trentaine de puits ont déjà été forés.

Dans le respect

Au moment de la publication de ce rapport, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, s'était empressé d'annoncer la mise sur pied d'une évaluation environnementale stratégique (EES). Plusieurs ont alors eu l'impression que tout serait désormais fait dans le respect des citoyens et de l'environnement.

Or il n'en est rien, selon Dominic Champagne. Il en veut pour preuve la composition du comité qui dirige l'EES. Celui-ci fait en effet beaucoup de place au secteur des affaires et aux hauts fonctionnaires, qui détiennent ensemble huit des onze sièges au comité. Il estime donc — à l'instar des groupes membres de la coalition qui organisent la manifestation de samedi — que le processus manque de rigueur et de transparence.

M. Champagne en conclut que l'EES n'est qu'une simple étape avant le démarrage de la phase d'exploitation commerciale du gaz emprisonné dans le sous-sol des Basses-Terres du Saint-Laurent. «Le gouvernement, qui est clairement pro-industrie, a décidé que ce développement allait se faire. Ils ont trouvé la stratégie pour vendre comme quelque chose d'acceptable ce qui semble inacceptable à une majorité de la population. Le comité qui dirige l'évaluation environnementale stratégique, de notre point de vue, c'est de la stratégie. Je me sens floué. Je sens que les préoccupations des citoyens ne sont pas portées par le gouvernement. C'est pour cela qu'il faut sortir dans la rue pour dire que rien n'est réglé.»

Selon ce qu'ont fait valoir les opposants hier en conférence de presse, les joueurs de l'industrie gazière ne seraient par ailleurs nullement gênés dans leurs activités à l'heure actuelle, malgré l'EES. «On voit les gens de l'industrie, a assuré Dominic Champagne. On les voit travailler. Ils ne manoeuvrent pas dans un climat d'incertitude. [...] Il y a des représentants de l'industrie qui viennent rencontrer des maires dans les villages pour faire des "deals" pour l'utilisation des routes et de l'eau. C'est inadmissible.»
8 commentaires
  • Amie du Richelieu - Inscrit 16 juin 2011 06 h 08

    Dans la rue samedi le 18 juin à 14:00 heures à Montréal!

    Appel à tous les citoyens engagés à venir manifester devant les bureaux d'Hydro-Québec samedi après-midi.

  • Isabelle Robillard - Inscrite 16 juin 2011 08 h 56

    Venir à Montréal: oui mais comment? En canot?

    Cher amie du Richelieu,

    On nous prédit un week-end d'enfer pour la circulation sur les ponts de la Rive-Sud.

    Etes vous conscients que vous allez contribuer à polluer l'air de Montréal en venant tenir cette manifestation?

    La seule manifestation à laquelle j'assisterais serait une manifestation pour demander un nouveau pont pour aller visiter votre beau coin de pays.

    On a un urgent besoin de création de richesse pour notre province. Ce n'est pas en faisant fuir les investisseurs que vous travaillez au mieux-être de la collectivité.

    Savez-vous que les pays pauvres de l'Europe sont les plus pollués?

  • ClarkeCity - Inscrit 16 juin 2011 09 h 24

    Arrêtons la dilapidation de nos ressources naturelles.

    Que cela soit l'industrie du gaz de schiste ou l'industrie minière, le gouvernement donne nos ressources pour une bouchée de pain. Hydro-Québec cache l'information par rapport à Pétrolia et offre notre électricité à perte au Vermont et aux compagnies énergivores. Je crois que l'on peut dire que les québécois oublient très vite que certaines compagnies s'en mettent plein les poches ...

    Arrêtons la dilapidation de nos ressources naturelles. L’exploration des gaz de schiste et l’exploitation des ressources minières pour des miettes sont inacceptables pour les Québécois.

    Les ressources naturelles n’appartiennent pas aux compagnies minières ou pétrolifères mais au Québec et aux autochtones. Le Québec exige seulement des miettes comme redevances pour nos ressources naturelles quand les compagnies minières font des profits faramineux.
    Le Québec avait perdu récemment le premier rang du classement mondial comme territoire le plus attrayant pour l’investissement minier. Cela démontre bien que le Québec se fend en quatre pour donner nos ressources pour des miettes. L’exploitation de nos ressources naturelles pour des miettes doit cesser car le Québec est le sixième peuple le plus endetté au monde.

    Le présent gouvernement est aussi un gouvernement irresponsable pour les centrales hydroélectriques. Additionnement, les québécois subventionnent l’électricité aux grosses compagnies ainsi qu’au Vermont. Le Québec doit se doter d’un plan énergétique et cesser d’harnacher des rivières pour revendre l’électricité à perte.

    Une commission d’enquête publique dans le domaine de la construction devrait se faire avant que le gouvernement dépense des milliards dans différents projets de construction. Je crois que c'est peut-être le temps pour une version québécoise et pacifique d’un printemps arable.

    Rendez-vous samedi le 18 juin à 2 heures PM devant les bureaux d’Hydro-Québec à Montréal.

    Serge Marcha

  • Gaia Verte - Inscrit 16 juin 2011 22 h 33

    À Isabelle Robillard

    Madame,

    vous dites

    «Etes vous conscients que vous allez contribuer à polluer l'air de Montréal en venant tenir cette manifestation?»

    Des moyens de transport sont mis en place pour participer à cette manifestation. Plusieurs regroupements montérégiens de citoyens contre les gaz de schiste organisent du transport en autobus. Des groupes de covoiturage ont vu le jour sur Facebook. De Longueuil on pourra même passer directement sur le pont Jacques-Cartier À PIED (voir plus bas)... Et si malheureusement vous venez en auto, cette pollution est tellement moindre que celle qu'engendrera l'exploitation des gaz de schiste...

    «La seule manifestation à laquelle j'assisterais serait une manifestation pour demander un nouveau pont pour aller visiter votre beau coin de pays.»

    On dirait bien que derrière votre volant vous ne songez guère aux autres moyens de transport qui permettent d'accéder à l'île de Montréal de façon plus conséquente avec notre époque: vélo, marche, transport en commun. La marche, oui, vous avez bien lu. Les Marcheurs du Moratoire d'une Génération arriveront de Rimouski à pied pour traverser le Pont Jacques-Cartier afin d'entrer à Montréal. Plus de 600 km et bien des ampoules aux pieds, mais le courage de montrer qu'une autre voie est possible. Avez-vous ce courage, Madame Robillard, pour vous joindre à nous?

    Moi, les manifestations auxquelles je voudrais bien assister nous permettraient d'enfin d'injecter des ressources en transport aux bons endroits: dans les transports durables, qui offrent une alternative à l'automobile solo, cette option égoïste et rétrograde qui nous fait foncer droit dans le mur. Un nouveau pont? Rien de tel pour encore augmenter le trafic automobile... À quant un pont réservé aux cyclistes? Des voies réservées aux autobus? Des lignes de transport de train étendues? Des incitatifs au covoiturage? Des coûts moindres sur les cartes mensuelles?

    Les solutions existent, elles sont là à porté

  • Sanzalure - Inscrit 17 juin 2011 00 h 53

    @ Isabelle Robillard

    Je pense que vous ne comprenez absolument pas les enjeux dont il est question ici. D'un côté de la balance, il y a un peu de pollution automobile et de l'autre il y a un rassemblement de citoyens qui ont une rare occasion de modifier le rapport de force entre l'élite et la population. Nous n'avons vraiment pas le même sens des priorités car à mon avis des occasions comme celles-là ne se présentent pas souvent dans une vie et nous serions idiots de ne pas en profiter.

    Il n'y a aucune espèce de commune mesure entre la pollution occasionnée par les personnes qui vont participer à ce rassemblement et la pollution occasionnée par un seul de ces puits. Et il est question d'en creuser des dizaine de milliers dans la Vallée du St-Laurent.

    Ça veut dire qu'entre Montréal et Québec, il n'y aurait plus un seul endroit à partir duquel on ne verrait pas au moins un puits. Avez-vous vu les vidéos qui montrent exactement comment ça se passe ? Un vacarme infernal, 24 heures par jour, 7 jours par semaine par périodes de trois mois d'affilée.

    Nous devrions être au moins un million dans les rues de Montréal et paralyser la ville pendant plusieurs jours pour que les compagnies minières comprennent qu'il n'est absolument pas question de détruire la Vallée du St-Laurent quel que soit le montant des redevances.

    Madame Robillard, si vous voulez de l'argent, vous n'avez qu'à travailler. Moi cette histoire-là de laisser massacrer notre territoire parce que vous voulez avoir de l'argent à rien faire, je n'ai aucun respect pour ça.

    La richesse, ça se crée quand on fait un travail productif qui augmente réellement notre avoir collectif. Le gaz de schiste ne créera aucune richesse car ça va nous coûter bien plus cher que ça va nous rapporter. Et en plus, ça va massacrer l'environnement de façon irrémédiable pour les siècles des siècles.

    Je suis certain que si vous compreniez vraiment les enjeux, vous ne discuteriez pas, vous seriez dans la rue avec