L'Ontario projette de produire plus d'énergie éolienne que le Québec

Même si elle est loin d'avoir le potentiel éolien de plus de 500 000 mégawatts (MW) dont dispose le Québec, l'Ontario entend monopoliser l'essentiel des bénéfices économiques associés au développement de cette filière au Canada avec un objectif de 7100 MW en puissance installée dès 2018. Cela multipliera environ par cinq la capacité actuelle de son parc éolien, qui est de 1428 MW.

En comparaison, le Québec espère compter sur une capacité installée de 4000 MW d'ici 2015, selon les objectifs de sa stratégie énergétique. En février, on produisait 659 MW d'éolien au Québec, principalement dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.

Selon une étude publiée hier par l'Association canadienne de l'énergie éolienne, le plan ontarien devrait créer en matière d'emploi 80 328 années-personnes (unité statistique équivalant au travail d'une personne pendant une année) et attirer dans cette province des investissements globaux de 16,4 milliards, dont 8,5 milliards seront investis directement dans des projets locaux.

La production éolienne, qui se concentrera dans le secteur municipalisé, devrait rapporter sur 20 ans 1,1 milliard en revenus aux municipalités et aux propriétaires privés. Les propriétaires récolteraient un peu moins de 1 milliard et les municipalités, 145 millions en taxes.

Le programme de développement de la filière éolienne en Ontario repose sur des bases très différentes du système québécois.

La province voisine a institué par loi des tarifs fixes pour les producteurs d'éolien, soit le système adopté par des pays comme l'Allemagne et l'Espagne, qui se sont ainsi hissés en quelques années au sommet des pays producteurs. Le Québec mise plutôt sur des appels de propositions, qui obligent les producteurs à réduire leurs profits, ce qui n'a toutefois pas empêché l'offre de dépasser les objectifs d'Hydro-Québec. En échange de ces généreux tarifs, que le Parti conservateur ontarien entend abolir s'il est porté au pouvoir, l'Ontario exige un contenu local de 50 %.

L'attrait du système ontarien ainsi que ses objectifs de production élevés font en sorte que l'industrie pense pouvoir y installer 709 MW par année et hisser sa production, au besoin, à 900 ou 1000 MW par année.

L'Ontario estime globalement ajouter 5,6 gigawatts (GW) d'énergie éolienne d'ici 2018, ce qui portera sa productivité totale à 7,1 GW. La part de l'éolien dans la production totale d'électricité passera ainsi de 3,1 % à 11 % en 2018. Cette énergie sera d'autant plus la bienvenue que la province voisine entend fermer toutes ses centrales au charbon d'ici 2014, mais elle se propose par contre de se doter de plus de 10 000 MW en nucléaire, avec de nouveaux projets ou en restaurant de vieux réacteurs.

Des 10 700 MW que l'Ontario espère tirer des énergies vertes renouvelables d'ici 2018, 78 % proviendra de l'énergie éolienne, 12 % du photovoltaïque et 10 % de la biomasse. Sur une demande en électricité de 165,5 térawattheures (TWh) anticipée en 2018, le nucléaire fournira à l'Ontario 61,6 TWh, l'hydroélectricité 33,1 TWh, l'éolien 16,2 TWh et le gaz naturel, 16,2 TWh.
4 commentaires
  • Fr. Delplanque - Inscrit 8 juin 2011 03 h 48

    Grand bien leur fasse

    À quel coût l'Ontario produira-t-il plus d'énergie éolienne ?

    Quel sera l'impact sur la facture des habitants, la compétitivité des entreprises, les impôts ?

  • J Bedard - Inscrit 8 juin 2011 11 h 43

    Le gouvernement McGuinty a floué les citoyens

    L'imposition de mégaparcs éoliens dans Chaudières-Appalaches et bientôt en Montérégie, malgré l'absence de consultation populaire (le BAPE n'en est pas une, soi-dit en passant...) illustre bien la parenté entre le gouvernement Charest et celui de l'Ontario. Et ce, malgré le nombre imposant de plaintes associées à la santé et à la qualité de vie des résidents.
    Nous avons rencontré de nombreux citoyens ontariens qui ont dû vendre leur ferme familiale pour presque rien, suite à cette stupide lubie de l'éolien nimporte où, à nimporte quel prix. Énergie aléatoire soutenue à coup de subventions et d'entorses à la démocracie. À coups de décrets qui font fi des représentations citoyennes devant les tribunaux, comme dans le cas de l'amphithéatre. Même principe bafoué par les élus, en plein jour, au su et au vu de tous. Mais les médias s'en fouent: il n'y en a que pour le gaz de schiste qui fait vendre davantage de publicité. Vive l'énergie viable, et non celle qui n'est pas endurable.
    Jean Bédard
    Kinnear's Mills, Qc

  • ragazzino - Inscrit 8 juin 2011 12 h 15

    Oui à l'éolien mais pas n'importe où

    J'ai du mal à comprendre qu'on se borne à ériger des parcs éoliens dans la Vallée du Saint-Laurent alors que la Côte-Nord et la Basse-Côte-Nord représentent un potentiel éolien à faire saliver les Européenes (notamment les Allemands, maîtres de l'éolien).

    Reste qu'ils ne sont pas aussi inesthétiques et bruyants que l'on dit... les Québecois sont simplement beaucoup de mal à accepter le changement.

  • camelot - Inscrit 9 juin 2011 13 h 36

    Évident

    L'Ontario a toujours surpassé le Québec dans le pelletage de vents.