Gaz de schiste: les opposants menacent de bloquer les activités des gazières

En mars dernier au Québec, il y avait 31 puits et 18 avaient déjà été fracturés. L’industrie du gaz de shale avait dépensé 200 millions $ au Québec pour divers travaux. L’industrie envisage 150 à 600 puits par année à compter de 2015.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir En mars dernier au Québec, il y avait 31 puits et 18 avaient déjà été fracturés. L’industrie du gaz de shale avait dépensé 200 millions $ au Québec pour divers travaux. L’industrie envisage 150 à 600 puits par année à compter de 2015.

La grande marche en faveur d’un moratoire sur les gaz de schiste «n’est qu’un début»: prêts à la désobéissance civile, des militants menacent de s’attacher aux équipements de forage et de bloquer les camions si les activités d’exploration et d’exploitation vont de l’avant au Québec.

En provenance de Rimouski, une trentaine de marcheurs ont fait halte devant l’Assemblée nationale à Québec ce matin, avant de reprendre la route en direction de Montréal.

Un de leurs porte-parole, Philippe Duhamel, a soutenu que la marche n’est «qu’un début», que des formations à la «résistance citoyenne» seront données, pour l’organisation de «sit-in» et d’occupations de sites. Paradoxalement, c’est le dirigeant d’une grande entreprise gazière active au Québec, Michael Binnion, de Questerre, qui leur a donné l’idée.

«Il (M. Binnion) a dit que s’il y avait le moindre risque que les gens s’attachent à l’équipement de forage, bloquent des camions, comme ces équipements coûtent 500 000 $ par jour à exploiter, il ne viendra pas au Québec, a expliqué M. Duhamel. Il croyait faire une menace, on croit quant à nous qu’il nous a donné la recette. À nous maintenant de réunir les ingrédients.»

Si le gouvernement Charest n’arrête pas l’industrie, «la population devra l’arrêter elle-même», en déduit M. Duhamel.

«Est-ce que les citoyens sont assez forts aujourd’hui pour faire contrepoids à une industrie gazière et pétrolière multimilliardaire? C’est ça la vraie question, et c’est à ça qu’on s’attardera au cours des deux prochaines années» en formant des citoyens à la désobéissance civile, a-t-il ajouté.

600 km


Les marcheurs vont parcourir plus de 600 km en longeant la vallée du Saint-Laurent, qui est particulièrement ciblée pour son potentiel de gaz de schiste.

Actuellement il n’y a pas de moratoire en place. L’activité des puits qui ont déjà été forés et fracturés continue, mais une évaluation environnementale stratégique est en cours, à la recommandation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
Des travaux d’exploration sont permis, mais sans fracturation hydraulique, un procédé controversé qui fissure la roche par injection d’un fluide sous haute pression, pour avoir accès aux gaz.

La fracturation hydraulique pourrait être autorisée exceptionnellement pendant la durée de l’évaluation environnementale, mais uniquement pour les travaux requis par l’évaluation environnementale, par exemple pour des fins d’acquisition de connaissances scientifiques, c’est-à-dire dans un environnement contrôlé et supervisé.

En mars dernier au Québec, il y avait 31 puits et 18 avaient déjà été fracturés. L’industrie du gaz de shale avait dépensé 200 millions $ au Québec pour divers travaux. L’industrie envisage 150 à 600 puits par année à compter de 2015.

4 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 30 mai 2011 16 h 21

    La pollution

    Ça rapporte combien, la pollution?

  • camelot - Inscrit 30 mai 2011 16 h 31

    Bravo

    Quand on a un gouvernement qui bafoue la démocratie, la résistance citoyenne est la seule option. "Qui sème le vent récolte la tempête".

  • Roland Berger - Inscrit 30 mai 2011 17 h 05

    Encore des chiâleux !

    Encore des chiâleux qui veulent empêcher la destruction de MON environnement, criera encore et encore le capital.
    Roland Berger

  • Alain M. Bergeron - Inscrit 5 juin 2011 19 h 48

    Assez, c'est assez !!!

    L’enthousiasme qui m’habite aujourd’hui se veut particulière considérant le fait que notre volonté commune se veut de plus en plus importante afin de reprendre en main notre avenir collectif. Il ne me fait aucun doute à l’esprit que si nous perpétuons cette attitude de bonne foi sur notre ouverture d’esprit et notre bonne volonté, nous parviendrons à relever ensemble les défis majeurs qui nous guettent, et ce, le temps d’une génération.

    De façon pacifique, nous nous devons tous et chacun, de relever nos manches et sur des bases altruistes sans précédent et sur la constance d’un travail quotidien, de se mobiliser afin de contrer le mensonge, les fausses promesses et tout ce non-respect à l’égard de nos générations futures.

    Nous nous devons aussi de contribuer à notre mieux-être collectif en dénonçant toutes formes de corruptions des gens qui abusent de leurs forces ou de leurs pouvoirs. Il est de notre devoir et de notre responsabilité individuel et collective de le faire. Mettons ensemble l’épaule à la roue du bien afin de contrer le mal.

    Nous nous devons dorénavant de mettre nos talents respectifs au service de tous les citoyens et il est grand temps que cesse cette attitude égoïste que de faire passer l’argent devant le talent et le bien commun. Ces gestes doivent cesser dès maintenant.
    Ensemble, on passe à l’action.

    L'Abénaquis