Arcand veut protéger les milieux humides

Québec — Le ministre de l'Environnement Pierre Arcand veut «préciser» le cadre législatif des milieux humides afin de rendre son ministère plus efficace dans leur défense. Or, un de ses prédécesseurs, Thomas Mulcair, aujourd'hui chef adjoint de l'opposition néodémocrate à Ottawa, s'était fait beaucoup d'ennemis dans le monde de la construction et dans son gouvernement, en 2005, lorsqu'il avait tenté de faire de même.

Alors qu'en février, Pierre Arcand avait formellement refusé de s'engager sur une telle avenue, hier après-midi, il s'est révélé «en réflexion» sur la question et a indiqué que son but serait de définir «dans ce domaine des règles qui soient peut-être un petit peu plus précises qu'actuellement». Son inspiration, a-t-il ajouté, lui vient de certains États américains qui se sont donné «un certain nombre de règles»: «J'ai demandé à mon ministère de regarder la chose et de voir si ces règles-là pouvaient s'appliquer», a-t-il soutenu en marge d'une annonce sur les aires protégées.

Quant à Thomas Mulcair, il a affirmé en entrevue à L'Actualité (1er mai) que c'est lorsqu'il a entrepris de faire une loi sur les milieux humides «que ç'a commencé à mal aller avec Jean Charest. Il y avait beaucoup de terrains en jeu à Laval, notamment, et Charest m'a dit qu'il ne pouvait pas faire ça au maire Gilles Vaillancourt. On avait trop besoin de lui pour les élections».

40 % perdus

La question des milieux humides à Laval a été soulevée par l'opposition à l'Assemblée nationale, en matinée. Le critique péquiste Bertrand St-Arnaud a rappelé les propos de M. Mulcair, ainsi qu'une étude récente du Conseil de l'environnement de Laval qui a conclu que plus de 40 % des milieux humides y ont été «détruits ou altérés au cours des sept dernières années». M. St-Arnaud a souligné que plusieurs entrepreneurs lavallois qui ont obtenu des autorisations de remblayer des milieux humides à Laval étaient des donateurs du parti du maire, le Parti PRO des Lavallois. En Chambre, le ministre Arcand a répondu qu'il «surveillait la situation de près», bien que le ministre n'intervienne pas dans le processus d'autorisation.

Par ailleurs, le ministre Arcand a annoncé hier que Québec va étendre le réseau d'aires protégées à 12 % du territoire québécois d'ici à 2015. Les nouvelles aires protégées seront aménagées dans quatre grandes zones du territoire: le nord — de la baie James à Salluit — le centre, le sud et l'estuaire du Saint-Laurent.

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