Saint-Élie refuse les mines

Le conseil municipal de Saint-Élie-de-Caxton a adopté lundi soir une résolution afin de s’opposer à tout développement minier sur son territoire. Une résolution qui n’a aucun poids légal en vertu de l’actuelle Loi sur les mines. Justement, le village rendu célèbre par le conteur Fred Pellerin a également réclamé que la réforme de la Loi sur les mines permette «un meilleur équilibre entre les droits des communautés et ceux des entreprises».

Il faut dire que les citoyens ont eu toute une surprise la fin de semaine de Pâques en voyant un hélicoptère survoler le village pour tenter de déterminer si le secteur est propice à une éventuelle exploitation minière. L’entreprise britano-colombienne Fancamp Exploration estime en effet que la région pourrait receler un potentiel de cuivre et de zinc.

Elle avait d’ailleurs envoyé une lettre à la municipalité à la fin du mois de mars pour la prévenir qu’elle mènerait cette première exploration. Dans sa missive, la minière soulignait seulement qu’elle comptait mener des relevés aériens à une altitude de 250 mètres pour «seulement quelques jours au plus», mais sans préciser quelque date que ce soit pour la réalisation des travaux.

«Suite à ce lever, peut-on également lire dans la lettre, il est possible que nous allions pousser nos recherches et effectuer certains travaux sur le terrain.» L’entreprise soutient que les futurs travaux ne se feraient pas sans autorisation préalable. Si une mine devait voir le jour, celle-ci «aurait la taille d’un centre d’achat moyen», selon ce qu’a indiqué son président, Peter Smith, à Rue Frontenac.

Rien de rassurant

Le ton apaisant employé par Fancamp Exploration n’a toutefois pas rassuré les citoyens de ce village, qui vit en bonne partie du tourisme et qui est réputé comme un endroit de villégiature très prisé. Ils ont d’ailleurs été nombreux à manifester leur inquiétude à la municipalité.

Le conseil municipal a donc adopté deux résolutions lundi soir. La principale signifie clairement son opposition à tout projet de mine: «la municipalité de Saint-Élie-de-Caxton s’objecte carrément à un développement minier quel qu’il soit à l’intérieur de notre territoire». Mais la responsable du bureau d’urbanisme, Anne-Claude Hébert-Moreau, a précisé hier que l’essentiel des terrains qui se trouvent dans la municipalité sont privés. Dans ce cas, les entreprises minières peuvent négocier de gré à gré avec les propriétaires des terrains pour tenter d’obtenir une autorisation de travaux.

Qui plus est, la résolution n’a aucune valeur en vertu de l’actuelle Loi sur les mines. L’autre résolution réclame donc du gouvernement Charest qu’il accélère la réforme de cette loi. La résolution fait notamment état de la nécessité de reconnaître que les municipalités doivent avoir leur mot à dire dans l’acceptation des projets miniers.

Le premier ministre s’est engagé lundi à déposer sous peu un projet de loi pour moderniser la Loi sur les mines. Le projet de loi 79, qui devait mener à une réforme, est mort au feuilleton après que les libéraux et les péquistes ne sont pas parvenus à s’entendre sur les clauses de celui-ci.

Saint-Élie-de-Caxton n’est pas le premier village au Québec à faire part de son opposition au développement minier. En février dernier, la municipalité du canton de Saint-Camille a décidé d’interdire l’accès à l’intérieur des limites de son périmètre urbain à toutes compagnies minières, gazières ou pétrolières ainsi qu’à leurs contractants à des fins d’exploration ou d’exploitation minière, gazière ou pétrolière.
5 commentaires
  • Denis Miron - Inscrit 11 mai 2011 07 h 07

    Mine de rien

    Mine de rien, la loi actuelle concernant les mines, donne à ces dernières un pouvoir et une emprise sur le territoire digne des pays totalitaires. Il serait important de réformer cette loi pour ne pas avoir l’impression de simplement jeter un papier dans une poubelle lorsque arrive le temps de passer aux urnes pour voter. Aux dernières élections provinciales, 57% de la population a voter, et une personne sur quatre a voter pour ti-Jean- fuyant qui aime bien dire qu’il est ailleurs.

  • André Michaud - Inscrit 11 mai 2011 09 h 06

    un monde sans mines?

    Il faut encadrer l'exploitation minière, mais on ne peut absolument pas l'éliminer !!

    Si chacun imposait son syndrome "pas dans ma cour" ou prendrait-on les minéraux qui sont nécessaire à la fabrication de presque TOUT ce qui est dans nos maisons , les autos...??

    St-Élie pourrait revenir au mode de campement amérindien; tentes, pas électricité etc...les touristes aimeraient, mais les résidents j'en doute..

  • Oreille de crisse - Inscrit 11 mai 2011 11 h 56

    Pourquoi détruire ce paradis de Saint-Élie?

    Chaque chose à sa place. Il ne s'agit pas d'éliminer l'exploitation minière et de retourner au poêle à bois comme certains esprits intoxiqués voudraient bien nous faire accroire pour nous manipuler. On ne va pas saccager les plus belles terres agricoles avec l'exploitation du gaz de schiste, on ne va pas polluer à jamais notre eau potable (notre or bleu), on ne va pas détruire un paradis de villégiature comme Saint-Élie avec ses nombreus lacs pour engraisser une compagnie minière à la recherche de cuivre et de zinc avec le profit comme seul objectif. Saint-Élie de Caxton est un beau village et il doir le rester. Comme tous les autres villages! Que les minières aillent prospecter là où c'est désert et là où il n'y a rien. Le Québec est d'ailleurs assez grand... Saint-Élie possède sur son territoire des sources d'eau d'excellente qualité qui ont déjà attiré une usine d'embouteillage d'une marque réputée. Pourquoi détruire ce paradis sur terre? L'environnement sain de Saint-Élie, la qualité de l'eau, l'air pur, ses nombreux lacs font déjà sa prospérité. Et je ne parle pas encore de Fred Pellerin!

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 11 mai 2011 13 h 13

    Et le métro?

    Je pense que les montréalais et le 450 devraient absolument refuser tout prolongement du métro. C'est sale, c'est bruyant, la nappe phréatique est vulnérable, et notre sous-sol nous appartient! Et puis, en région, on n'a pas besoin d'un métro. On a des 4X4.

  • J. Hardy - Inscrit 12 mai 2011 16 h 02

    C'est sage et actuel

    Peu importe ce que dirons les détracteurs, les dépendants et les colonisés, la solution de St-Élie est très sage.

    En l'absence de profits (les redevances sont négatives, nous payons les compagnies pour nous soutirer une ressource non renouvelable de notre sous-sol), en l'absence de lois environnementales justes, garanties, retombées locales et harmonisation avec le plan d'aménagement urbain, il n'y a aucunes raisons de laisser les minières envahir le territoire.

    Les écolos, citoyens, groupes de revendications et municipalités veulent leur juste part. Ce n'est pas normal que des compagnies qui font des milliards viennent nous exploiter à nos frais.

    Quand le gouvernement représentera nos intérêts à nouveau, quand les lois changeront, probablement que St-Élie changera de position. Le peuple n'est pas dupe.