Évaluation des gaz de schiste - Il faut comparer avec les autres types d'énergies, clament des scientifiques

Une véritable évaluation environnementale stratégique (EES) des gaz de schiste au Québec exige une comparaison avec les autres filières énergétiques afin de déterminer laquelle offre le meilleur bilan environnemental et social, selon le Collectif scientifique sur le gaz de schiste.

Selon ce réseau de 145 chercheurs indépendants, qui s'est constitué pour éclairer le public et radiographier les politiques publiques, l'EES qui s'amorce au Québec sous l'égide du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) «ne doit pas servir de prétexte à la poursuite de l'exploration gazière sous le couvert de recherche scientifique. Elle ne doit pas non plus fournir aux promoteurs l'évaluation du potentiel de rentabilité commerciale du gaz de schiste ou servir à comparer différents procédés ou différentes technologies de fracturation de la roche. L'EES devrait d'abord permettre de situer le projet de développement gazier au regard d'une politique et d'une stratégie qui reflètent une vision globale et intégrée de l'avenir énergétique de notre société».

C'est pourquoi, explique le collectif de scientifiques, cet examen doit inclure une comparaison avec les autres filières dans le cadre d'un processus «démocratique participatif dès les premières étapes de la démarche d'évaluation, incluant celle du mandat confié aux responsables de l'EES».

D'autre part, la municipalité des Îles-de-la-Madeleine a adopté récemment une résolution pour demander à l'Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador sur les hydrocarbures extracôtiers de créer une commission fédérale d'examen public sur le projet de Corridor Resources en vue d'exploiter le gisement Old Harry. Cette demande fait suite à un forum régional sur ce type d'exploitation, jugée potentiellement dangereuse pour l'économie des provinces riveraines. La municipalité invite d'ailleurs tous les corps intermédiaires de la région à se joindre à son appel lancé aux autorités fédérales.

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Rectificatif du 28 avril 2011
Une erreur nous a conduit à attribuer la responsabilité de l’évaluation environnementale stratégique (EES) en voie de réalisation dans le dossier des gaz de schiste au ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF). Cette EES sera plutôt réalisée sous la responsabilité du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), de qui relève le comité d’experts qui pilotera cette étude.
4 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 27 avril 2011 10 h 44

    Précieux comme des chercheurs indépendants

    Le Collectif scientifique sur le gaz de schiste..."ce réseau de 145 chercheurs indépendants, qui s'est constitué pour éclairer le public et radiographier les politiques publiques."

    Quelle excellente nouvelle! Souhaitons qu'il ait de véritables moyens de se faire entendre.

  • tristan gagnon - Inscrit 27 avril 2011 12 h 18

    dollectif sdientifiques

    Qui sont-ils? La liste complète ,svp.

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 27 avril 2011 15 h 34

    Le saint des saints et l'Université

    La très grande majorité (voir liste des membres) est constituée de professeurs universitaires. Je les aime bien, mais je crois qu'un véritable collectif scientifique devrait inclure des praticiens de l'industrie, du génie - conseil, des laboratoires. L'Université réclame toujours le titre d'expert "indépendant". C'est faux, on peut, avec des balises claires aux plan éthique, se fier à des gens du terrain. D'ailleurs, le conflit d'intérêt potentiel est universel, pas seulement en raison de celui qui nous emploie, mais de celui qui nous paye à l'occasion (subventions) ou qui emploiera nos étudiants. L'Université ne peut pas prétendre être plus catholique que le pape, je regrette.
    D'ailleurs la "vérité" se trouve dans le débat public, pas dans l'expertise de chapelles scientifiques.