Jour de la Terre - De forts bénéfices grâce au Clean Air Act américain

Les amendements apportés au Clean Air Act en 1990 vont coûter globalement à la société étatsunienne 65 milliards par année en 2020. Mais les bénéfices les plus facilement identifiables vont s’élever à 2 billions.<br />
Photo: Arko Datta Les amendements apportés au Clean Air Act en 1990 vont coûter globalement à la société étatsunienne 65 milliards par année en 2020. Mais les bénéfices les plus facilement identifiables vont s’élever à 2 billions.

Les bénéfices économiques générés par les réductions de la pollution de l'air, attribuables aux nouvelles normes aux États-Unis, dépassent de 30 fois les coûts globaux de leur application, indique une étude divulguée il y a deux jours par l'Agence de protection environnementale (EPA) de ce pays.

Selon cette étude, les amendements apportés au Clean Air Act en 1990 vont coûter globalement à la société étatsunienne 65 milliards par année en 2020. Mais au même moment, les bénéfices les plus facilement identifiables vont s'élever à 2 billions, soit 30 fois plus.

Le Clean Air Act a été adopté aux États-Unis en 1970. C'est une des premières lois du genre à avoir été adoptée sur la planète dans la foulée du livre de Rachel Carson, Le Printemps silencieux, publié en 1962. Ce livre-choc avait lancé le débat environnemental chez nos voisins du Sud et un peu partout ailleurs dans le monde. Le Clean Air Act a été substantiellement amendé en 1977 et en 1990. L'étude de l'EPA visait à évaluer les coûts croissants de l'application des amendements de 1990 sur un horizon de 30 ans, soit 1990 et 2020, ainsi que ses bénéfices globaux.

L'étude en question ne tient pas compte d'éventuelles normes sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) parce qu'au moment où elle a démarré, la Cour suprême des États-Unis n'avait pas encore reconnu les GES comme des contaminants qui tombaient sous le coup de cette loi. Mais l'EPA annonce que ses prochaines études en tiendront compte.

Il est intéressant de noter que les améliorations apportées à la qualité de l'air aux États-Unis vont influencer la nôtre au Québec. En effet, selon les cartes publiées par l'EPA, se sont les régions industrielles du Midwest qui vont bénéficier le plus de la mise en place des normes de 1990. Or, plus de la moitié des précipitations acides et du smog qui frappe le sud du Québec provient des émissions atmosphériques combinées de l'Ontario et du Midwest.

Les principaux bénéfices anticipés des normes de 1990 portent sur une réduction sensible des morts prématurées et des maladies attribuables à la pollution de l'air, un bien-être général accru tout particulièrement dans les villes ainsi qu'un environnement global de meilleure qualité. Parmi ces bénéfices — auxquels l'étude attribue des valeurs économiques précises à partir de modèles mis au point en collaboration avec l'Académie des sciences des États-Unis —, on retrouve une meilleure visibilité dans les zones urbaines, dans les parcs et réserves naturelles, une amélioration de la productivité dans les usines, un meilleur taux de croissance des forêts commerciales, des récoltes plus abondantes et moins coûteuses en agriculture, une réduction des dépenses en santé, une amélioration des conditions de la pêche dans les Adirondacks et moins de dommages aux édifices et aux matériaux exposés aux pluies acides.

L'étude indique par ailleurs que les dépenses associées à l'application des normes par les industries et aux subventions gouvernementales vont coûter aux contribuables 190 $ par personne en 2020. Mais les bénéfices que chaque citoyen en retirera sous forme d'économies, de taxes inférieures, de coûts de santé évités, etc., vont s'élever à 6000 $ par personne.
 
1 commentaire
  • P. Boutet - Inscrit 22 avril 2011 07 h 52

    De bonnes nouvelles

    De bons arguments pour appliquer le principe de précaution.

    Il est, par contre, difficile de comprendre comment il se fait qu'on ne tienne pas encore compte des GES. Au rythme où on remet en circulation du carbone qui n'est plus dans le cycle parce qu'il est immobilisé depuis des centaines de millions d'années, il demeure inconcevable que certains puissent encore penser que nous ne contribuons pas au réchauffement climatique.

    Sommes-nous les seuls responsables? Possiblement pas, mais penser que nous n'y participons pas grandement relève de la pensée magique.