Et lentement la Terre devint poubelle

Normand Thériault Collaboration spéciale
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Photo: Agence Reuters Andy Clark

Combien de 22 avril faudra-t-il pour convaincre qu'il y a danger à transformer la Terre en un vaste dépotoir ou en un simple entrepôt de produits, recyclés ou non? Et consommer de façon responsable est loin d'empêcher qu'il y a souvent autant à jeter qu'à manger. Un jour par année pour la Terre est loin d'être garant que son avenir soit «durable».

Où sont les coupables? Le sommes-nous devenus quand le discours porte à l'occasion sur la consommation et les sous-produits qu'elle génère? Car, si nos sociétés contemporaines affichent des valeurs où le droit de l'individu a priorité sur le bien-être collectif, il serait peut-être logique que les devoirs soient de même nature.

Mangez-vous ainsi bio, sous prétexte que cela est bon pour votre santé, il vous faudrait alors évaluer, là comme pour toute autre forme d'alimentation, non seulement les coûts de production de tels aliments, mais aussi les suites à donner à ce que vous venez de consommer. Où vont les emballages et autres contenants de tels produits? Et le fait que ces «traces» ici, au Québec, disparaissent, souvent recyclées, permet-il de donner bonne conscience?

Bien sûr, le Québec s'est, avec les ans, détaché du modèle américain, ce «tout-à-l'égout» qui fait que quiconque voyage au sud de nos frontières voit en quelques jours le récipient à déchets se remplir de façon effarante. A-t-on acheté de la nourriture que, indépendamment de ce qui sera ingurgité, s'ajoute un poids presque similaire fait des contenants, où les matériaux dérivés du pétrole abondent, et des autres objets nécessaires au transport: on pourrait ainsi dire que nous sommes tous «obèses», ne serait-ce que par la part de ce qui est inconsommable mais qui accompagne nécessairement tout achat dans les grands centres de distribution.

«Saloperies»

Ainsi, un Jacques Languirand, porte-parole de ce Jour de la Terre, rappelle l'existence d'un «huitième continent»: «Un ensemble, un tourbillon de saloperies» qu'est ce continent fait de plastiques divers qui, de la superficie de la France, flotte au coeur de l'océan Pacifique.

Mais ici on s'en tire: le grand public a admis que recycler était non seulement mieux pour la qualité de vie, mais aussi rentable pour ce monde où l'épuisement des ressources est une réalité qui fait craindre pour l'avenir. Pour certaines choses, l'égoïsme est une donnée acceptable.

Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. Une étude américaine n'établit-elle pas que, au cours des deux prochaines décennies, en moyenne tout ménage, qu'il soit composé d'une famille ou d'un individu, mettra à la poubelle 68 appareils électroniques quelconques: cellulaires, ordinateurs, téléphones, consoles et autres lecteurs multiples ont en effet une vie fort brève. Et, pour vous convaincre que cette statistique américaine vaut pour ici, additionnez donc combien de ces appareils, chez vous, sans compter ce qui se passe dans votre lieu de travail ou d'études, combien de ces «gadgets» souvent coûteux ont été déposés dans un garde-robe, mis à la rue, envoyés (bravo pour ce geste!) au recyclage au cours des cinq dernières années. Et si cela ne suffit pas pour parler du danger qui accompagne la consommation, ajoutez à votre calcul les cartons, pellicules de plastique, dépliants, fils divers qui venaient avec chacun des achats à l'origine.

Fausse richesse

On le sait: nous consommons trop. Et parfois on dénonce: il est en effet impossible, dans le cadre de nos actuels modes de distribution de produits, de faire autrement. Car nous ne sommes pas dans un monde où, comme ceux et celles qui vivent dans ce «tiers» qui signifie pauvreté et faiblesse du pouvoir d'achat, il faut aller bidon en main quérir tout liquide, tout comme il faut avoir un contenant autre quand il faut, ou quand on peut, s'approvisionner.

On comprend donc, et les grandes multinationales perçoivent le danger des actions qui en découlent, que tout écologiste responsable dénonce nécessairement le modèle économique actuel, qui établit que la richesse collective doit être évaluée selon le seul volume de production, indépendamment du gaspillage de ressources généré: réchauffement climatique, gaz à effet de serre, pollution privée et industrielle s'expliquent d'abord par le fait que l'argent a une odeur!

Une fois l'an, la Terre a son jour, que certaines populations soulignent. Mais qu'en est-il le reste de l'année quand les obligations quotidiennes priment? Et, pour établir que l'avenir ne sera pas rose, tendez l'oreille pour saisir les échos d'une présente campagne électorale: prisons et «pensions pour les vieux» d'abord, et même les avions de chasse volent bas. Et si on subventionne les lignes de transport électrique, qui peut encore croire que c'est pour protéger cet environnement qu'usines et prospections pétrolières mettent à mal d'une façon financièrement rentable?

Bon 22 avril malgré tout!
8 commentaires
  • marc lapointe 01 - Inscrit 16 avril 2011 05 h 41

    la terre et l`homme

    regardez nous agir tous (ou presque), je pense de plus en plus qu`une civilisation comme la notre est incompatible avec le développement durable, et je ne parle pas que de l`amérique ou l`europe.
    Lorsque tous les peuples aurons réussi à atteindre notre niveau de vie (empreinte écologique), que restera-il?
    C`est finalement au plus fort la poche, la richesse et la dernière morue.
    Cette planète aurait pu supporter une population humaine d`un ou deux milliards max. mais pas 8 ou 9.
    Sur ce, regardons nos enfants et imaginons leur futur.
    Bonne journée à tous et toutes

  • Godfax - Inscrit 16 avril 2011 10 h 37

    La Pyrolyse, c'est le recyclage du 21 ième siècle

    En résumer tout peut être recyclé par pyrolyse sauf les déchets nucléaires.

    -Recyclage à 100 % des déchets
    -Technologie propre et non polluante
    -Potentiel de création d’énergie
    -Le processus de traitement ne produit aucun impact sur l’environnement...
    -Aucune émission dangereuse
    -Aucune contamination du sol ou de l’eau

    -Les produits de ce processus sont sécuritaires et réutilisables
    -Les gaz synthétiques sont réutilisés
    -Récupération d'espaces verts

    Les coûts :

    -Environ 25 $ la tonne de déchets
    -Une économie substantielle de 75 $ la tonne par rapport aux sites d'enfouissement.

    -Les usines actuelles peuvent traiter 200 tonnes de déchets par jour. Des usines de plus grandes capacités doivent être planifiées.

    -Infrastructures payées dans les 10 premières années.

    -Économie d'environ 650 millions $ par année.

    Le problène est politique et non comportementaliste.

    @Marc, vous avex raison, il est grand temps d'imposé une dictature eugéniste mondial aux pays du sud, excellente idée.
    L'émancipation humain va évidament tuer la déesse gaia il aurais fallu y pensé plus tout et instauré le totalitarisme vert dès le 19 ieme siecle a mon avis. Bref nos enfants serais très heureux de vivre dans une dictature technocrate verte anti-nataliste et anti-développement; ca c'est certain.

  • Mario Paquette - Inscrit 16 avril 2011 12 h 35

    Une politique de l emballage au Québec les voila le premier pas a franchir !!!!!!!!!!

    Dans les années 70 le lait était livrés a la porte dans des pintes. Le boucher ou l épicier nous enveloppe notre viande dans un papier cirer brun. Cela ne passait pas au 17 siècle mais bien en 1970. Que c est-il passé en 40 ans, aller toujours plus vite et conserver les aliments en les surenvelloppant (moins frais) qui fait vivre l industrie chimique reliée au pétrole qui a des répercussions sur le climat. On ne prend plus le temps de ce faire un bon repas simple. Toujours plus vite et le rythme imposés par la société. Il est temps de revenir aux valeurs de base et prendre le temps de vivre qui inclut le temps de se préparer ces repas.

    Nous devrions avoir des contenants de plastique a l épicirecie pour la viande les fruits et le vrac afin d éviter le suremballage et les réutilisés. Des cafétéria utilisent de la vraie vaiselle (ex. Carrefour Laval) comme a la maison afin d éviter les déchets de plastique et de papier. Un protocole est établie pour lavér la vaiselle ce qui créer de l emploie et la conclusion que l investissement est payant car tout ses objets jetées coutent chers a l achat et au traitement (tonnes de déchets taxes municipales) en plus de polluer la planète.

    Les FAST FOOD devraient faire leurs parts et laver de la vaiselle au lieu de nous envahir de déchets. Chaque geste compte, nous devons revoir nos mode d emballages et réutiliser des objets lavable.

    Oui, il y a des efforts a faire et du temps a mettre. Au Gouvernement de légifirer par une politique spécifique de l emballage au Québec et faire payer ceux qui ne veulent pas participer le couts du traitement de recyclage des déchets.

  • abderrahmane oucible - Inscrit 16 avril 2011 13 h 43

    Nôtre terre s'est transformée en poubelle il y a longtemps

    Cela fait environ un demi siècle que notre planéte s'est convertie en poubelle.
    bientôt la terre serait saturée par les dechets liquides, gazeux et solides et manifesterait sa colère .
    Sa colère, cette fois ci ne ressemblerait pas à fukushima,ou au tsunami de 2004 en indonésie ou à celui de la cote Est des USA, mais il va trés probablement eradiquer l'espèce humaine en bonne partie.
    Les conséquences du deréglement climatique,dû, au rechauffement de la planète , dont la pollution est la principale cause, seraient l'explication de cette colère.
    Nos lobys, nos dirigeants, nos scientifiques, sont trop préocupés par leur vie privée et leurs projets, qu'ils n'ont pas le temps d'ecouter leur conscience morale ou de penser à donner un coup d'oeil sur le monde qui les entoure. Ils vivent bien loin de nous ,dans un environement à eux et se refusent qu'on les informe de ce qui se passe ailleurs.
    Bref , nous les consomateurs sommes engagés inconsciement dans cette engrenage des pollueurs : Nous acceptons tout et croyons que les autres, nos responsables sociaux, soient, nos politiciens,ces escrots, vont s'en occuper à notre place .
    L'avenir de l'humanité se dirige donc vers la perdition.

  • BernardP - Inscrit 16 avril 2011 17 h 43

    Tout simplement trop de monde sur la Terre

    Comme toute espèce animale vivant en milieu fermé, sans prédateur naturel, l'humain se dirige inexorablement vers un point de rupture où le sytème ne peut qu'entrer en équilibre par une diminution du nombre d'individus.

    Est-ce que cet équilibre sera atteint de façon ordonnée ou dans le chaos? Par des catastrophes naturelles (ex: nouvelle ère glaciaire) ou des épidémies?

    Il y a quelque chose qui va finir par casser. Malthus va finir par voir raison.