Mine Jeffrey - Québec est critiqué

Les 58 millions accordés en garantie de prêt par le gouvernement Charest à la relance de la mine Jeffrey, à Asbestos, «vont coûter cher en vies humaines» à travers le monde en plus de coûter cher aux Québécois, a déclaré hier le porte-parole de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine, Ugo Lapointe.

De Toronto, la Société canadienne du cancer (SCC) a aussi réagi en se disant «profondément déçue par le fait que le ministre du Développement économique, Clément Gignac, a annoncé un appui conditionnel à un projet susceptible d'entraîner la réouverture de la mine Jeffrey».

«Du point de vue de la santé publique, a déclaré Paul Lapierre, vice-président aux affaires publiques de la SCC, le gouvernement du Québec a pris la mauvaise décision, car toutes les formes d'amiante causent le cancer. Nous exhortons le ministre Clément Gignac à revoir sa position et à retirer cet appui.»

L'aide de Québec est conditionnelle à l'obtention par les promoteurs étrangers d'un financement de 25 millions d'ici le 1er juillet.

«À l'échelle mondiale, poursuit la SCC, environ 107 000 personnes meurent chaque année de maladies liées à l'exposition professionnelle à l'amiante. D'autres organisations sanitaires ont uni leurs voix à celle de la SCC, notamment les directions régionales de santé publique du Québec et l'Association médicale canadienne afin d'exhorter Québec à ne pas appuyer la mine.»

Selon Sylvain Simard, porte-parole de Nature Québec, Québec cache le fait que les inspections qu'il financera en partie ne s'appliqueront qu'aux établissements qui vont traiter directement les 200 000 tonnes d'amiante provenant annuellement du Québec et pas aux autres utilisateurs, recycleurs, démanteleurs éventuels, etc.
2 commentaires
  • Franfeluche - Abonné 15 avril 2011 10 h 12

    Deux ouvriers turcs

    Jean-Sébastien Trudel dans son livre " Le grand mensonge vert ¨ parlent de deux ouvriers turcs qui sont atteints de silicose qui est une maladie respiratoire dégénérative. Pourtant, ces derniers n'ont jamais travaillé dans une mine. Il ont travaillé pendant trois ans dans une usine de fabrication de jeans où on se servait du sablage pour faire comme si c'était de vieux jeans.

    Est-ce qu'on ne devrait pas bannir l'utilisation du sable là où on s'en sert dans la technique du sablage ou devrait-on plutôt protéger ces ouvriers par un équipement adéquat ? Est-ce qu'on devrait interdire l'exportation de minerais comme le fer, le cuivre etc, parce que dans les fonderies des pays comme la Chine, la sécurité des travailleurs laisse à désirer ?

    La problématique de l'utilisation sécuritaire touche une foule de produits particulièrement dans les pays qu'on dit en voie de développement. Au lieu de s'en prendre au chrysotile comme s'il s'agissait de la peste des temps modernes, comme s'il n'y avait rien n'a faire pour rendre son utilisation la plus sécuritaire possible, nous devrions plutôt souligner les efforts consentis par notre industrie pour améliorer la situation comme cela s'est fait à la mine Jeffreys d'Asbestos.

  • Sanzalure - Inscrit 15 avril 2011 14 h 46

    C'est révoltant !

    On ne peut pas justifier une erreur par une autre erreur. On ne peut pas justifier l'ignorance par plus d'ignorance. Si votre industrie n'a pas les moyens de survivre sans aide, comment pourra-t-elle assumer la responsabilité de tous les dégâts humains et environnementaux qu'elle occasionnera dans le monde ?

    Serge Grenier