Gaz de schiste - Priorité aux 29 puits actuels, disent 147 scientifiques

Plutôt que d'autoriser de nouveaux forages et de nouvelles fracturations hydrauliques aux fins de l'étude environnementale stratégique (EES) sur les gaz de schiste, Québec doit plutôt étudier en profondeur «les activités d'exploration qui ont déjà été effectuées en sol québécois», estime le Collectif scientifique sur les gaz de schiste au Québec.

Ce collectif réunit désormais 147 scientifiques d'horizons divers qui entendent intervenir dans ce débat pour évaluer les faits et gestes du gouvernement, de l'industrie et des autres acteurs au dossier.

Se référant au rapport du Vérificateur général de la semaine dernière et de son Commissaire au développement durable, le collectif estime que, pour avoir une vue exhaustive des impacts cumulatifs de cette activité, il faut d'abord colliger toute l'information disponible ici et la comparer avec ce qui se fait ailleurs, notamment aux États-Unis.

Comme les puits déjà autorisés par Québec fournissent inévitablement un échantillon représentatif des techniques et des difficultés de cette entreprise, leur examen permettra d'obtenir une analyse des procédés et des techniques, à la fois de forage et de fracturation, qui permettra d'être corrélée avec leurs impacts environnementaux et sociaux, «sans entreprendre de nouveaux forages ou fracturations, lesquels ne feraient qu'ajouter aux risques encourus», soutient le collectif. Il est donc possible dans un tel contexte d'envisager la mise en place d'un véritable moratoire sur tout nouveau projet.

Même un puits qui fuit, comme celui de la Présentation, doit faire l'objet d'une «autopsie rigoureuse» pour établir des liens entre les méthodes utilisées et leurs conséquences, poursuit le collectif. Une telle étude devrait être, à son avis, le fait du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Et cette étude devrait être confiée à des chercheurs indépendants, ayant accès à tout sur le terrain ainsi qu'aux données des industriels. La simple fermeture de ce puits, conclut-il, rendait tout accès futur au puits impossible, ce qui n'est pas dans l'intérêt de la science, tout comme le transfert de la propriété d'un tel puits au secteur public, une fois fermé, n'est pas un gros gain social.

En dernier lieu, le collectif scientifique insiste sur le fait qu'il faut une «consultation publique préparatoire» pour dicter au comité responsable de l'EES sur les gaz de schiste les questions auxquelles cet important travail doit apporter des réponses. Sans cela, l'étude risque de traduire les vues forcément étroites des membres du comité de l'EES ou du gouvernement plutôt que les préoccupations du public et des différents scientifiques qui pourront intervenir dans le débat.
19 commentaires
  • Amie du Richelieu - Inscrit 5 avril 2011 06 h 11

    Bravo, et merci!

    On ne remerciera jamais assez ce groupe de scientifiques qui ont sorti de leur silence professionnel pour déclarer haut et fort leurs recommandations et leurs observations sur ce dossier très important!

    Je suis entièrement d'accord avec eux: si l'on doit en apprendre plus sur les impacts de la fracturation hydraulique, il est tout à fait raisonnable de se limiter à étudier les dommages déjà causés par les puits creusés en toute hâte. "On" doit bien cela aux gens dont on a violé la tranquillité de leur propriété, la sécurité de leur eau potable, l'intégrité de leur voisinage!

    Johanne Dion
    Amie du Richelieu
    http://lesamisdurichelieu.blogspot.com/

  • Patrick Collette - Inscrit 5 avril 2011 07 h 54

    Subventions cachées

    Surtout que le rapport du BAPE concernant les gaz de schiste et l’érection d’un E.E.S., lorsqu’on étudie soigneusement le déroulement et l’application des mesures énoncées, permet-il non seulement la poursuite des travaux d’exploration (recherche scientifique) des gaz de schiste par ces compagnies privées, mais, grâce au somme d’argent accordé pour l’Évaluation Environnementale Stratégique, il se trouve à financer leur exploration à même nos taxes? Et tout ça pour nous « protéger »? Quelle grossière tactique et quelle épouvantable perversion d’institutions démocratiques au service d’un marketing machiavélique et d’intérêts privés!

    Patrick Collette, Québec

  • tristan gagnon - Inscrit 5 avril 2011 12 h 44

    E.E.S et Patrick Collette

    Tout à fait VRAI.E.E.S n'est qu'un faux-fuyant.Le B.A.P.E n'est pas vierge.La vraie révolution(pas celle dite tranquille faite par une majorité) est toujours faite par un petit groupe (des personnes qui se tiennent et qui sont conscients ),Awareness versus inconscience.

  • Robert Ouellet - Inscrit 5 avril 2011 12 h 54

    Ben cou donc... C'est pas demain la veille....

    Personnellement, je suis favorable a l'exploitation des gaz de schiste en autant que celà soit bien fait...
    A prime abord, je trouve intéressant l'intervention de scientifiques pour démistifier le tout...
    Toutefois plusieurs de leur positions me laisse perplexe et dénote d'un fort biais anti-schiste....

    ..sans entreprendre de nouveaux forages ou fracturations, lesquels ne feraient qu'ajouter aux risques encourus...

    Or un des points soulevés par les opposants était que l'on connaissait mal le sous-sol québécois... Pour ce qui des risques encourus, nous avons 30 puits au Québec et il y en a 500,000 en Amérique du Nord... sic!



    consultation publique préparatoire» pour dicter au comité responsable de l'EES sur les gaz de schiste les questions auxquelles cet important travail doit apporter des réponses

    Ouf... on imagine facilement, qu'ils ont une immense serie d'idées de consultations publiques pour s'assurer que le projet ne démarre jamais....


    Bref très décevant... sauf pour ceux qui souhaitent que ce projet ne se réalise jamais....

  • Daniel Bérubé - Abonné 5 avril 2011 14 h 21

    @ Robert Ouellet

    Vous semblez vous interroger à savoir qui croire... Ceux qui veulent le projet à tout prix ou ceux désirant observer, étudier et donner leur opinions sur la chose...

    Vous semblez vous interroger à savoir qui croire: celle nous annonçant qu'aucun danger n'est à craindre, que les pets de vaches sont plus dangereux que les puits de gaz de schale OU 147 scientifiques INDÉPENDANTS prêt à faire la lumière sur la chose afin que le public sache mieux analyser les pours, les contres, les risques... à moyens et longs termes. Et notez bien que nous avons un puit occasionnant des problèmes, et ce, dans un contexte de "COURT" terme... et que le gouvernement a préfère "ignorer" en demandant à la compagnie de simplement l'abandonner et le laisser polluer "tranquillement pas vite..." espérant qu'il sera oublié très rapidement...

    Je vais être franc avec vous... quand vous irez chez le concessionnaire automobile, que le vendeur vous diras: "C'est le meilleur véhicule qui n'a jamais été fabriqué par l'industrie automobile de la planète, économique, résistant... et si vous vous renseignez à la revue "Protégez-vous" qui vous dirait: Hummmm... franchement, le Hammer n'est peut-être pas le plus économique... sans doute allez vous trouvez que Protégez-vous est à remettre en question... il ne semble pas aimer les Hammer...

    Et, concernant le nombre de puits... es-ce parce qu'il y a presque 200 fois plus d'accident automobile aux USA que l'on devrait augmenter le nombre qui se produit au Québec ?

    Sans doute n'avez vous pas d'enfants, à ce moment, l'avenir nous est beaucoup moins... important... Après que "je" serai parti (mort), il peut arriver n'importe quoi à la planète, je m'en fous comme dans l'an '40 !.