Un nouveau bac à apprivoiser

Le Québec produit annuellement 1600 kilos de matières résiduelles par habitant. De cette quantité, un peu moins de la moitié est récupérée, recyclée et réutilisée.<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le Québec produit annuellement 1600 kilos de matières résiduelles par habitant. De cette quantité, un peu moins de la moitié est récupérée, recyclée et réutilisée.

Les Québécois devront s'habituer à la présence d'un troisième bac qui sera destiné à récolter les matières organiques tels le gazon et les feuilles, mais aussi les restes de table.

«On veut faire du Québec une société qui sera sans gaspillage», a lancé le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, en présentant hier, à Montréal, la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles, un plan de cinq ans doté d'un budget de plus de 70 millions de dollars comportant une quarantaine de mesures visant à réduire la quantité de déchets éliminés. «La population a pris conscience qu'il faut poser des gestes concrets pour préserver l'environnement et sa qualité de vie», a déclaré le ministre en conférence de presse.

Un des objectifs du plan d'action est d'augmenter de 12 %, pour la porter à 60 %, la proportion de déchets organiques recyclés d'ici 2015. Pour y arriver, Québec compte investir quelque 650 millions dans des usines de biométhanisation et de compostage, investissement qui avait déjà été annoncé en 2009.

Sur une base plus générale, le Québec produit annuellement 1600 kilos de matières résiduelles par habitant. De cette quantité, un peu moins de la moitié est récupérée, recyclée et réutilisée, de sorte qu'il reste 810 kilos à éliminer, une quantité que l'on entend ramener à 700 kilos d'ici cinq ans.

Le secteur résidentiel ne produit toutefois que le tiers de ces déchets, les deux tiers provenant des secteurs industriel, commercial, institutionnel et de la construction.

Ainsi, au-delà des déchets organiques, la politique prévoit augmenter le taux de recyclage du papier, du carton, du plastique, du verre et du métal pour le porter à 70 %. Québec souhaite également porter à 80 % le recyclage des résidus de béton, de brique et d'asphalte et à 70 % les résidus de construction divers.

Par ailleurs, le ministre Arcand a indiqué que le règlement visant la récupération et la valorisation par les entreprises, qui est en vigueur pour la peinture et les huiles usées, sera étendu aux piles, aux produits électroniques et aux lampes au mercure de sorte que leurs distributeurs devront accepter de les reprendre à la fin de leur vie utile.

Cependant, M,. Arcand n'entend pas utiliser la manière forte pour atteindre ses objectifs. «Je n'ai pas l'intention d'imposer à ce stade-ci des amendes à ceux qui seraient délinquants. Si la situation devait être dramatique, à ce moment-ci on pourrait regarder de nouveau», a dit le ministre.
 
5 commentaires
  • Yves Bastarache - Abonné 16 mars 2011 09 h 55

    Sommeil et poubelle

    Au temps qu'un être humain passe à dormir, dans toute sa vie, nous pourrons maintenant ajouter celui qu'il passe dans ses poubelles. Y'a pas à dire, ça va en s'améliorant notre affaire!

  • BernardP - Inscrit 16 mars 2011 11 h 10

    Assez c'est assez!

    Et on va les mettre dans quoi nos restes de table pour pouvoir les déposer dans le bac?

    Et toutes ces bonnes choses vont sentir la charogne.

    D'accord pour le recyclage des matières sèches, mais là je décroche: je m'achète un broyeur...

  • Daniel Bérubé - Abonné 16 mars 2011 11 h 54

    @ Yves Bastarache

    Effectivement, ça va réellement en s'améliorant, et pas à peu près !

    Quand je lis que chaque citoyen produit environ 1600 kilo / an, de résidus de toute sorte... je suis fier, et en même temps déçu... !

    Pourquoi ? J'ai commencé a peser mes vidanges, en janvier 2011, pour voir comment je pouvais en produire; notez que tout ce qui est "récupérable" est récupéré, tout ce qui est "compostable" est composté, et ayant un poële à bois, ce qui n'est pas récupérable, non compostable, mais brûlable sans pollution particulière, je le brûle et en retire une énergie positive sous forme de "chauffage"...

    Notez qu'il y a deux points important ici a considérer:
    - je suis célibataire ( foyer d'une personne seulement)
    - simplicité volontaire est un peu mon style de vie...

    Mes vidanges ne sont constituées principalement que de plastic non récupérable et de matériaux type styrophome (?) utilisé beaucoup en épicerie (boucherie). Mes restes de viande ne vont pas au compostage (odeur), ni à la poubelle: je les donnent à mon chien...

    N'ayant aucun résidu alimentaire dans ma poubelle, elle ne dégage aucune odeur désagréable, je préférais le spécifier, car vous allez sûrement trouver que je ne vide pas ma poubelle souvent...

    Premier sac en 2011: le 23 janvier = 3/4 lbs.
    Deuxième sac... : le 22 février = Presque 1 lbs (1 verre cassé...)
    Troizième sac... : le 09 mars = 1/2 lbs.

    Donc, en presque 10 semaines: 2 1/4 lbs. de déchet... un peu plus de 1 k.g. ... (moins de 10 en fin d'année!)

    Mes feuilles mortes d'automne, j'en récupère une partie pour mélanger avec mon compost, qui aide beaucoup au compostage, le reste des feuilles sont laissées au sol et servent d'engrais...
    La pelouse coupée, je la laisse au sol également, et n'ai aucun besoin d'engrais chimique ou autre...

    Les marchés vous ont appris a jeter les engrais naturel, pour utiliser ceux qu'ils veulent vous vendre, souvent chimique... où est la logiq

  • Yves Bastarache - Abonné 16 mars 2011 16 h 54

    Cher BernardP

    Je partage votre lassitude. Reste maintenant à en avoir le courage. Au sujet de votre broyeur, je vous recommande de procéder rapidement: un écolo plus vert que vert trouvera le moyen de prohiber ce genre d'outil.

  • Richard Deslande - Inscrit 16 mars 2011 17 h 30

    Les compostes industriel des villes un malheur pour les campagnes.

    On oublie de mentionner ce genre de composte qui provient des résidus produit par les usines d'assainissement des eaux des villes .Ces résidus de boues sont désinfectés et compostés en matières recyclées fertilisantes (MRF) pour que les fermiers les utilisent comme une option de fertilisant économique. Le ministère de l'environnement et du développement durable du Québec appui et encadre cette démarche. Les opposants de cette pratique affirme que ces MRF contiennent des polluants cachés comme des particules de métaux lourds qui risque de contaminer la nappe phréatique des campagnes.

    Qu'en pensez-vous .