Bowmore reste en lien avec des résidants

La minière Bowmore a confirmé par lettre à la mairie de Saint-Camille qu'elle «suspend indéfiniment toute activité d'exploration à l'intérieur du périmètre urbanisé de Saint-Camille ainsi que sur les lots fonciers pour lesquels [elle a] reçu des avis d'interdiction» de passage et de prospection.

Mais la société minière indique aussi dans sa lettre adressée mercredi au maire Benoît Bourassa: «Nous poursuivrons ailleurs nos activités d'exploration conformément à nos façons de faire établies, c'est-à-dire en collaboration avec les communautés d'accueil et avec la permission des propriétaires fonciers.»

Le président de Bowmore, Paul A. Dumas, précise par ailleurs qu'il a tenu une réunion mardi avec plusieurs propriétaires à qui sa société a présenté ses projets d'exploration.

Selon Joël Nadeau, porte-parole du groupe local Mine de rien, ils étaient une quinzaine, dont certains sont néanmoins décidés à envoyer des avis d'interdiction d'accès à leurs terrains.

Le président de Bowmore précise à ce sujet: «Aucun des propriétaires avec qui nous entretenons des relations ne nous a encore concédé le droit de faire des forages sur son terrain. Nous n'avons pas fait de demande formelle, ni signer d'entente de droit d'accès, car les forages ne sont pas encore planifiés.»

M. Dumas révèle d'autre part que sa société, «depuis deux ans», consulte et informe de ses projets «les propriétaires de Saint-Camille susceptibles d'être touchés par [leurs] programmes d'exploration».

Il ajoute que sa société considère que «l'acceptabilité sociale est une condition essentielle à la poursuite de [leurs] travaux d'exploration».

Pour le porte-parole de Mine de rien, «cette compagnie tente présentement de diviser notre milieu en disant qu'elle cherche une acceptabilité sociale mais qu'elle pourrait tout autant s'entendre sur un programme d'exploration avec quelques individus. Pourtant, le corps municipal, qui représente le milieu, s'est prononcé clairement».

La rencontre citoyenne organisée par Mine de rien mercredi soir a réuni plus de 150 personnes. Séance tenante, une trentaine de propriétaires ont signé des avis d'interdiction qui seront envoyés dans les prochains jours. D'autres personnes qui voulaient examiner de près ces documents pourraient s'ajouter. Jusqu'ici, une quarantaine de propriétaires ont envoyé des avis de ce genre à Bowmore.

Pour le député Scott McKay, porte-parole du Parti québécois dans le dossier minier, le cas de Saint-Camille «illustre très bien le fait que les dispositions actuelles de l'article 235 de la Loi sur les mines nuisent aux intérêts économiques du Québec et sèment l'inquiétude au sein de la population. Il est crucial d'éliminer le droit d'expropriation des propriétaires et locataires à l'étape de l'exploration». Il ajoute que le projet de loi 79 (nous avons fait l'erreur hier de lui attribuer le numéro 76) «ne corrigera en rien les dispositions de l'article 235», ce qui place à son avis citoyens et municipalités «encore à la merci du ministère».
6 commentaires
  • Michel Lacey - Inscrit 11 février 2011 06 h 46

    Un référendum

    À fin de clore le débat, un référendum municipal doit être annoncé pour que le conseil puisse connaître la position de ses citoyens.

    S'ils se disent que le dépôt aurifère non exploité sera toujours là au cas où ils changeraient d'idée, il leur sera ardu de faire pression sur la compagnie lorsque l'once d'or ne vaudra qu'une fraction du prix actuel.

    C'est un couteau à deux tranchants.

  • Marie B. - Inscrit 11 février 2011 09 h 23

    Et si le prix de l'or chutait...

    @ M. Lacey

    Si dans quelques années l'once d'or ne vaut plus qu'une fraction du prix actuel, je crois que les citoyens de St-Camille ne feraient que se féliciter d'avoir refusé le projet de mine d'or; une mine à ciel ouvert qui cesse ses activités, c'est loin de rapporter à la communauté des bénéfices à long terme!

  • Jordane - Inscrit 11 février 2011 09 h 24

    Il n’y a pas de mine d’or à Saint-Camille



    Il faudrait arrêter de parler du projet de mine d’or à Saint-Camille. Il n’y a pas de projet de mine d’or, car personne ne sait encore s’il y a un gisement exploitable économiquement. Le but d’un programme d’exploration, c’est justement de le savoir. Et comme il n’y a encore eu aucun forage, on en est très loin. L’or à Saint-Camille, c’est comme un billet de loterie avant le tirage. On ne sait absolument pas ce que ça vaut. Si on se fie au taux de succès des programmes d’exploration, ça ne vaut probablement rien. Si les citoyens de Saint-Camille veulent savoir s’ils sont assis sur une mine d’or (littéralement), ils devront … faire de l’exploration : des relevés, des forages et tout le reste. Ça ne leur coûtera que quelques millions.

  • Sylvain Auclair - Abonné 11 février 2011 11 h 24

    Mais pourquoi explorer...

    si, de toute manière, les résidants ne veulent pas d'un immense trou? Qui d'ailleurs rapporterait bien plus aux actionnaires de la minière qu'à ceux qui vont être pris avec?

  • Hubert Laurent - Abonné 11 février 2011 13 h 28

    Un village qui s'est doté d'un plan de dévelloppement durable

    Pour contré un problème de baisse de sa population (480) persistant depuis plusieurs années, la municipalité de Saint-Camille a décidé en 2008 de prendre une orientation écologique et de dévellopement durable respectueuse de l'environnement. La mise en oeuvre de ce plan a attiré depuis cette date plus de 20 familles et entrepreneurs qui se sont établient un peu partout sur le territoire de la municipalité. L'idée de trois trous de plus d'un à deux kilomètres de long et de centaines de mêtres de large, des usines , du dynamitage, des montagnes de déchets, de l'eau polué, du camionnage de produits de toutes sortes est tout à fait en contradiction avec ce pourquoi tous ces gens sont venu. Leur imposer cela elle constitue une trahison sociale.

    Tout cela pour moins d'un gramme par tonne de roche.

    Laurent Hubert
    Saint-Camille.