Le ministre Pierre Arcand s'installe chez Recyc-Québec

Pierre Arcand s’est installé dans l’Édifice des sciences biologiques de l’UQAM.<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Pierre Arcand s’est installé dans l’Édifice des sciences biologiques de l’UQAM.

Alors que l'Assemblée nationale amorce une deuxième journée de consultation sur la pertinence d'intégrer les 75 membres de Recyc-Québec dans le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), le titulaire de ce ministère, Pierre Arcand, s'est carrément installé dans les bureaux de cette agence comme s'il y était déjà chez lui.

C'est ce que diverses sources dans l'Édifice des sciences biologiques de l'Université du Québec à Montréal, situé derrière la Place des Arts, ont confirmé hier au Devoir en précisant que Recyc-Québec demeure le locataire officiel avec un bail de neuf ans, signé il y a deux ans, qui n'a pas été transféré au nom du ministère.

Le déménagement du ministre Arcand dans cet édifice a aussi eu pour effet de déplacer ailleurs dans le même édifice le président du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), Pierre Renaud, un autre organisme en principe indépendant du ministre, qui avait loué un local à côté des locaux de Recyc-Québec.

Il a été impossible d'obtenir le moindre commentaire de la direction de Recyc-Québec sur ce déménagement achevé une semaine avant les trois jours de consultation publique au cours desquels le gouvernement teste, en principe, auprès du milieu environnemental et de celui du recyclage, l'idée de faire disparaître cette agence autonome pour l'intégrer au personnel du MDDEP.

Si cette fusion, qui semble avoir commencé avant le début de la consultation parlementaire, devait se réaliser formellement, le ministre pourrait alors décider à sa convenance de déménager les bureaux de Recyc-Québec où bon lui semble.

Quant aux groupes environnementaux, ils ont commencé hier à se porter à la défense de l'indépendance de Recyc-Québec, que les milieux industriels, communautaires ou environnementaux considèrent comme une réussite. Les groupes veulent d'ailleurs tout autant préserver l'indépendance de l'Agence de l'efficacité énergétique, qui serait intégrée de son côté au ministère des Ressources naturelles et des Parcs, jugé beaucoup trop inféodé aux grandes forces économiques.

Hier, l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et Stratégies énergétiques (SE) ont souligné à la Commission des finances publiques que les deux organismes indépendants s'autofinançaient et que leur intégration ne réduira en rien le déficit de l'État puisqu'ils n'y contribuent absolument pas. Par contre, ont-ils fait valoir, cette restructuration risque de nuire à la qualité des programmes qu'ils administrent sans qu'il en résulte la moindre économie nette, soit l'objectif officiel de Québec.

Les deux groupes craignent que Québec ne veuille en réalité mettre la main sur le surplus accumulé de 44 millions de Recyc-Québec et sur son surplus budgétaire de 500 000 $ de 2009-2010. Toutes les évaluations de la performance de ces deux organismes préconisent de les laisser survivre, selon l'AQLPA, ce qui place curieusement le gouvernement Charest à contre-courant de ses propres experts dans ces deux dossiers.
1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 3 février 2011 09 h 50

    pour le meilleur et le pire

    le pouvoir c'est aussi ce genre d'individu