Gaz de schiste - L'AQLPA veut connaître l'état des 600 forages

L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) vient de demander au ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, de dresser un bilan public des inspections gouvernementales sur les 600 forages pétroliers et gaziers réalisés au cours des dernières années au Québec pour déterminer s'ils donnent lieu à des fuites de méthane.

Dans une lettre datée du 11 janvier et adressée au ministre, le président de l'AQLPA, André Bélisle, rappelle au ministre que son ministère n'a déposé durant les audiences du BAPE sur les gaz de schiste aucun bilan des inspections réalisées sur ces 600 puits pour s'assurer de leur étanchéité.

Le ministère de l'Environnement a inspecté au début de l'automne 31 puits récents pour découvrir que 19 fuyaient. Sur ces 19 puits, le ministère a délivré sept «avis d'infraction», dont quatre ciblaient des fuites. La fuite la plus importante a été constatée à la Présentation au puits de la société Canbriam.

L'AQLA estime qu'un bilan exhaustif des 600 puits forés jusqu'ici permettrait de déterminer s'ils ont été scellés de la bonne manière ou s'ils laissent échapper du méthane dont le Québec devrait tenir compte dans son bilan des émissions de gaz à effet de serre. Selon le président de l'AQLPA, étant donné le nombre de puits dont il est question, les résultats pourraient être significatifs.

Le groupe environnemental, qui a plus de 30 ans d'existence, voudrait savoir si ces puits ont tous été inspectés, et si ce n'est pas le cas, quand ils le seront et quand le bilan pourra être rendu public.

Poursuite jugée abusive

D'autre part, le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) et la Ligue des droits et libertés ont dénoncé hier comme «abusive» la poursuite intentée par Petrolia contre le porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, Ugo Lapointe, et le quotidien Le Soleil. Les deux organismes craignent la multiplication de ce type de «poursuites-bâillon» au moment où le Québec s'engage dans un débat de fond sur la gestion de ses ressources naturelles et énergétiques.