Talisman punie, et félicitée

La société Talisman a dû cesser sa fracturation hydraulique en Pennsylvanie à la demande du ministère de l’Environnement de l’État à la suite d’une fuite survenue à son puits de Tioga.<br />
Photo: Yan Doublet - Le Devoir La société Talisman a dû cesser sa fracturation hydraulique en Pennsylvanie à la demande du ministère de l’Environnement de l’État à la suite d’une fuite survenue à son puits de Tioga.

Le ministère de l'Environnement de la Pennsylvanie a invité hier la société Talisman à mettre fin à toute activité de fracturation hydraulique dans cet État jusqu'à ce qu'elle ait élucidé les causes de la fuite de gaz et de liquides de fracturation survenue à son puits de Tioga le 17 janvier.

Mais cette société d'exploration gazière pouvait se consoler hier après avoir été publiquement félicitée par le Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises (RRSE) et Bâtirente pour «l'inclusion de la notion de consentement libre, préalable et éclairé» dans sa nouvelle politique encadrant ses relations avec les communautés. Le RRSE regroupe plusieurs communautés religieuses qui investissent des sommes importantes. Bâtirente est le système de retraite de plusieurs dizaines de milliers de travailleurs syndiqués à la CSN. Aucun des deux organismes n'a voulu révéler l'importance de ses placements dans Talisman.

Fuite importante

En plus d'avoir été aux prises avec une fuite importante au début de l'hiver à son puits de Leclercville au Québec, Talisman s'est retrouvée la semaine dernière aux prises avec une fuite à son puits de Tioga, une fuite dont la violence semble avoir libéré des liquides de fracturation souterraine à la suite d'une série d'explosions en profondeur. La fuite en question a été colmatée en quelques heures, ce qui a rassuré les autorités de la Pennsylvanie.

Toutefois, l'inspection des lieux devait permettre de trouver plusieurs accrocs à la réglementation sur la protection des cours d'eau. Selon l'avis d'infraction signé par Jennifer W. Means, gestionnaire gouvernementale de cette industrie, des substances polluantes produites par les activités de fracturation n'ont pas été convenablement confinées, ce qui a pu contaminer des eaux publiques.

C'est pourquoi le ministère de l'Environnement de cet État, dans une lettre adressée à Talisman le 24 janvier, a «suggéré fortement de suspendre toute activité de fracturation hydraulique en Pennsylvanie jusqu'à ce que la cause de ce problème ait été déterminée». Ce que la compagnie a fait immédiatement, ont rapporté les médias locaux.
5 commentaires
  • Trobadorem - Inscrit 27 janvier 2011 07 h 55

    Et Bouchard de conclure: Ici, c'est pas pareil, au Québec on prendra davantage de précaution!

    Bull Shiste !

  • Denis Laforme - Inscrit 27 janvier 2011 10 h 33

    ^Même en prenant des précautions...

    Les accidents arriveront quoiqu'on fasse; alors, pourquoi s'acharner sur ce type d'exploitation d'énergie fossile. Au Québec, nous n'avons pas besoin de ce type d'exploitation pas plus que l'exploitation de l'énergie nucléaire. Nous avons tout ce qu'il faut au niveau des énergies renouvelables. Sur ces sujets vous pouvez consulter mon blog http://denis-laforme.over-blog.com

  • LoupLoup - Abonné 27 janvier 2011 19 h 35

    Puits et terres agricoles ne font pas bons ménage!

    Dire que les puits se font sur des terres agricoles, je me demande avec quelle eau ils vont arroser leur terres une fois leur nappes phréatiques contaminées avec des produits neurotoxiques?

  • De St-Éloi - Inscrit 28 janvier 2011 05 h 52

    Voilà ce qui est devrait être fait au Québec

    Même en supposant que cette industrialisation du territoire a peu d'impact sur l'environnement si elle est bien gérée, ce qui est loin d'être le cas, il y aura toujours des fuites, des incidents et des accidents. Il faut en faire le compte réel et parler en termes de risques réels,et ce sur les meilleurs terres agricoles. Il ne faut pas oublier que des milliers de puits pourraient être forés dans la Vallée du St-Laurent. Dans le calcul du risque il faut tenir compte de la valeur de ce qui est risqué : une partie essentielle de l'économie du Québec Cet aspect du débat est peu mentionné, il est pourtant capital. Et évidemment, si l'on imagine qu'il pourrait y avoir une exploitation conforme, il faut une armée de fonctionnaires pour régir l'exploitation. Coût à additionner à l'ensemble des couts générés par cette industrie, et qu'elle n'assume pas, ce qui permet une prix très bas de la ressource, et des redevances nécessairement à la baisse pour les gouvernements.
    Pour ce qui est des communautés religieuses et de la CSN, au lieu de tenter de rendre rentable cette exploitation, il vaudrait mieux se départir de ses actions, ce serait plus éthique. À moins que celle-ci, les communautés religieuses, imaginent que les gazières auront tout un programme de restauration d'église comme celui de l'Église de St-Édouard, mais il coute moins cher de donner quelques milliers de dollars que de payer pour les inconvénients réels de cette exploitation. Pour ce qui est de l'éthique, je crois que ni la CSN ni les communautés religieuses ne méritent de prix. Dans l'état actuel de l'exploration je crois que l'attribution de ce prix est une grave erreur. Mais on peut imaginer que cette annonce pourrait avoir un lien avec un nomination récente.

  • Jean_Yves - Abonné 28 janvier 2011 12 h 52

    "Au Québec, nous n'avons pas besoin de ce type d'exploitation"

    Pourtant on consomme pour deux milliards$ de gaz naturel par année.

    Deux milliards qui servent entre autre à payer des redevances aux autres provinces... en plus de leur laisser l'activité économique évidement.

    Oui il va y avoir quelques accidents, toutes activités entraine sont lots de problèmes, petits et grands. Mais on arrêt pas la circulation automobile malgré les centaines de morts et milliers de blessés qu'elle entraine.

    @louploup, les terres agricoles ne sont jamais irriguées avec de l'eau souterraine, elles le sont toujours à partir de Léau de surface.
    Et en surface il en tombe amplement de l'eau. Le Québec reçoit en moyenne un mètre d'eau en pluie par année, ce qui donne 10 millions de litres a l'hectare. Soit dix milliards au kilomètre carré!