Cure «verte» pour des autobus de la STM

Le nouveau système de refroidissement permettra à la STM de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 12 000 tonnes de CO2 par année.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le nouveau système de refroidissement permettra à la STM de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 12 000 tonnes de CO2 par année.

La Société de transport de Montréal (STM) a commencé depuis quelques jours à modifier le système de refroidissement de ses autobus pour en réduire substantiellement la consommation de diesel.

Le projet, financé à 50 % par Québec, permettra de modifier en cours d'année 307 autobus sur les 1600 de la STM, ont expliqué hier au Devoir deux ingénieurs en mécanique de la STM, René Leduc et François Chamberland.

Le système conçu et testé par les services techniques de la STM permet de réduire de 15 % la consommation des mastodontes. Quand ces 307 autobus auront été modifiés, la STM épargnera chaque année 4,9 millions de litres de diesel, soit une épargne de 4,7 millions de dollars aux prix de 2010 du diesel.

Une telle économie de carburant permettra en outre à la STM de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 12 000 tonnes de CO2 par année, expliquaient les deux spécialistes.

La modification en cours consiste à enlever les radiateurs classiques, qui étaient refroidis par un seul ventilateur actionné par une pompe hydraulique plutôt énergivore. Les nouveaux radiateurs seront refroidis par huit ventilateurs électriques, moins énergivores. En cas de panne de l'un d'eux, les autres prennent la relève, ce qui augmente d'ailleurs la sécurité d'opération, en plus de soustraire 25 CV d'effort au moteur.

Le nouveau système, qu'on retrouvera sur les futurs autobus de Novabus, a été à la fois testé et autorisé par le constructeur suédois et par le fabricant des moteurs diesel. Chaque modification coûtera environ 28 000 $. Et à 8000 $ d'épargne annuelle par autobus, l'opération est d'autant plus rentable que ces véhicules ont une vie utile de 16 ans.

La STM a développé avec un partenaire privé un système très complexe de validation des tests de consommation qui ont été réalisés en conduite réelle pendant un an afin de couvrir toutes les saisons. Ces huit autobus expérimentaux — dont quatre fonctionnent en mode traditionnel à titre de groupe témoin — ont aussi servi à tester les autobus hybrides que la STM s'apprête à commander et qui devraient lui être livrés entre la fin de 2012 et la fin de 2013.

Selon les tests réalisés, précisent les deux spécialistes, la consommation d'un autobus passe de 65 litres par 100 km en moyenne à 45 litres, soit une réduction de 38,4 %. Si on ajoute à ces hybrides une ventilation électrique, comme celle qu'on a commencé à installer sur des modèles standard, la consommation moyenne descend à 35 litres au 100 km, une réduction globale de plus de 45 %, et une consommation qui se rapproche de celle de certains gros VUS. Sauf que ces derniers ne transportent pas 60 personnes en pleine heure de pointe, mais généralement une seule personne en train d'affirmer son statut social...
13 commentaires
  • dojinho - Inscrit 20 janvier 2011 08 h 44

    Pourquoi pas tout-électrique?

    UN autobus tout-électrique rechargeable, c'est possible. Pierre Langlois en fait état dans son livre "Rouler sans pétrole". Il s'agirait d'avoir sur le parcours des autobus un système de recharge rapide à même le sol. Il suffirait de 2 ou 3 minutes par dizaine de km pour une recharge.

    Des autobus sans émissions de particules (Composés Organiques Volatiles ou COV, sulfates, etc.) et sans bruit, ne serait-ce pas assez formidable pour se pencher sur la question?

  • Yvan Dutil - Inscrit 20 janvier 2011 08 h 49

    Super bonne initative!

    Exactement, le types de projets intelligent qui sont vraiment payant du point de vue environnemental.

  • BROMONTOIS - Inscrit 20 janvier 2011 09 h 33

    BRAVO .

    QUAND JE VOIS PASSER UN AUTOBUS AVEC DIX PASSAGERS , JE SUIS CONTENT DE SAVOIR QU'ELLE NE CONSOMMERA QUE 45 LTRS AU 100 KMS .

  • golflouis - Inscrit 20 janvier 2011 11 h 18

    Statut social et bien commun

    Il faut sans doute saluer une telle amélioration mais au meme moment prélever une prime lourde et adéquate aux usagers individuels qui choisissent pour des raisons pas trop nobles, telles l'affirmation du statut social,l'utilisation de grosses cylindrées aux dépends du bien-etre commun.

  • Jean Richard - Abonné 20 janvier 2011 11 h 24

    Des chiffres trompeurs

    Qu'on vous vende une voiture affichant 5, 6 ou 7 litres aux 100 kilomètres, soit ! Ça peut vous donner une idée de ce qu'il vous en coûtera en pétrole pour la faire rouler. Mais dans le cas d'un bus urbain, ça ne veut plus rien dire, surtout quand les porte-parole des sociétés de transport basculent sans nuances ces nombres aux médias.

    Les véritables performances des sociétés de transport en matière de consommation de carburant se mesurent non pas en litres aux 100 kilomètres, mais en litre(s) par kilomètre-passager. Ainsi exprimées, ces performances peuvent être davantage améliorées par une meilleure gestion des circuits que par l'ajout de technologies. Des autobus qui roulent à vide avec le mot Désolé sur la girouette, ou qui attendent de longues minutes le long des rues, moteur en marche, ça fait partie du paysage montréalais.

    La STM exploite quelques autobus hybrides. La dernière fois que j'en ai vu un, ce n'était pas au centre-ville, mais sur l'autoroute 20, ligne 211. La technologie hybride est pratiquement inutile sur l'autoroute. Toutefois, un autobus qui roule à vitesse constante sur une autoroute consommera beaucoup moins qu'un autre faisant du pare-choc à pare-choc sur l'avenue du Parc. Il suffit donc de mettre les hybrides sur l'autoroute pour pouvoir dire qu'ils consomment moins et justifier les centaines de milliers de dollars de plus qu'il en coûtera pour acquérir de tels véhicules.