Émissions des vaches et des puits de gaz - La ministre serait dans le champ

Nature Québec a calculé que les 600 puits de gaz de schiste que pourrait abriter la Rive-Sud émettraient l’équivalent des éructations de 6000 vaches.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Nature Québec a calculé que les 600 puits de gaz de schiste que pourrait abriter la Rive-Sud émettraient l’équivalent des éructations de 6000 vaches.

La ministre des Richesses naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, serait dans le champ quand elle affirme qu'une vache émet plus de CO2 qu'un puits de gaz de schiste.

C'est ce qu'a soutenu hier Nature Québec, qui a demandé à deux agronomes, Jeanne Camirand et Jérémie Vallée, de vérifier si la ministre disait vrai quand elle affirmait: «Écoutez, une vache émet plus de CO2 dans l'atmosphère qu'un puits. Je veux dire que c'est factuellement prouvé.»

Nature Québec a donc utilisé l'analyse de trois puits sur les 31 inspectés par le ministère de Mme Normandeau et pour lesquels il existe des données assez complètes pour être vérifiées par les agronomes de Nature Québec.

Selon les calculs de ces trois professionnels, les émissions fugitives de ces trois puits correspondent, non pas aux «pets» de trois vaches, mais à ceux de 107 vaches sur une base annuelle.

Nature Québec a aussi, sur les mêmes bases, calculé que les 600 puits que pourrait abriter la Rive-Sud un jour émettraient l'équivalent des éructations de 6000 vaches.

Les agronomes qui ont fait ces calculs pour Nature Québec s'en sont pris à une autre dimension de la thèse normandienne sur les gaz intestinaux des vaches. Ainsi, ils notent que ces paisibles ruminants, qui dérangent rarement leurs voisins et servent à l'alimentation humaine, n'émettent en réalité que 1 % de leurs rejets gazeux sous forme de gaz intestinaux ou en association avec la biodégradation de leurs fumiers. En réalité, ils émettent surtout des rots ou des «éructations» puisque c'est dans leur estomac et non dans leurs intestins que se forment les gaz de méthane qu'ils rejettent dans l'atmosphère.

Selon le groupe environnemental, la ministre devrait plutôt financer la récupération de ce méthane d'origine agricole.

Ce n'est pas la première fois qu'un commentaire de la ministre Normandeau lui attire des répliques assassines. Pour défendre les gaz de schiste, elle avait promis de faire passer le Québec du pétrole au gaz naturel d'ici 10 ans. Mais il fut démontré que Québec n'avait aucun plan en ce sens. La ministre avait aussi justifié le développement de la nouvelle filière gazière en affirmant que ses retombées financeraient les garderies à 7 $. Mais les retombées envisagées par les industriels se sont avérées beaucoup plus modestes.
52 commentaires
  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 19 janvier 2011 00 h 43

    J'appuie le développement du méthane agricole

    Il est facile de produire du gaz naturel (méthane) à la maison, au chalet ou à la ferme avec un digesteur à méthane (il y a plein de plans pour en construire sur internet).

    Le méthane n'est pas un gaz rare ; même, au lieu de se faire forer avec tous les risques qu'on ne connait pas, les agriculteurs pourraient en produire, réduire les risques (échappement, algues bleues, etc.) et réclamer des crédits-kyoto aux compagnies propriétaires des puits qui fuient (voire même tenter d'inonder le marché pour faire en sorte que le prix soit trop bas pour que ça vaille la peine de forer). Même chose pour les fosses sceptiques de chalet.

    Méthaniser ses déchets à la maison n'est pas beaucoup plus cher en matériel ou compliqué que de composter ; qui veut du gaz gratis?

    Guillaume Blouin-Beaudoin

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 19 janvier 2011 00 h 43

    j'appuie le méthane agricole

    Il est facile de produire du gaz naturel (méthane) à la maison, au chalet ou à la ferme avec un digesteur à méthane (il y a plein de plans pour en construire sur internet).

    Le méthane n'est pas un gaz rare ; même, au lieu de se faire forer avec tous les risques qu'on ne connait pas, les agriculteurs pourraient en produire, réduire les risques (échappement, algues bleues, etc.) et réclamer des crédits-kyoto aux compagnies propriétaires des puits qui fuient (voire même tenter d'inonder le marché pour faire en sorte que le prix soit trop bas pour que ça vaille la peine de forer). Même chose pour les fosses sceptiques de chalet.

    Méthaniser ses déchets à la maison n'est pas beaucoup plus cher en matériel ou compliqué que de composter ; qui veut du gaz gratis?

    Guillaume Blouin-Beaudoin

  • Ginette Bertrand - Inscrite 19 janvier 2011 04 h 50

    Qu'est-ce qui fait courir Nathalie Normandeau?

    Forte de ce qui semblent être de bien piètres connaissances, madame la vice-première ministre ne cesse de se mettre les pieds dans les plats pour nous faire avaler des couleuvres.

    Si elle tient tant à passer à l'hisoire comme la championne du gaz de schiste, elle pourrait au moins avoir la décence de s'informer un peu mieux avant de s'envoyer les baguettes en l'air.

  • Assez merci - Inscrit 19 janvier 2011 05 h 19

    Mentir et mentir!

    Comment les citoyens peuvent-ils endurer les mensonges, les tactiques, la démagogie de ce gouvernement depuis 2003.
    Le but caché de charest et compagnie n'a autre but que de voler ( s'en mettre plein les poches ) les québécois en privatisant, vendre à rabais nos resources, PPP, et pas d'enquête pour des travaux qui nous coutent 30% de plus.

    Sommes nous assez écrasés, démotivés, soumis pour laisser ce cirque et dépossession continués???

    La complaisance des journalistes à juste rapporter au lieu de questionner me fait peur pour notre démocratie pour ce qui en reste.
    Encore 2 ans et avec charest, le réveil sera brutal mais que va t-il rester de notre patrimoine???

  • Visionnaire - Inscrit 19 janvier 2011 06 h 06

    Pet-dans-l'trèfle

    Madame la ministre devrait aller aux champs... elle y rencontrerait
    peut-être le personnage cité par l'ineffable Père Gédéon.