Gaz de schiste - Les fuites n'inquiètent guère Nathalie Normandeau

La ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a qualifié de «normales» les fuites aux abords des puits de gaz de schiste.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a qualifié de «normales» les fuites aux abords des puits de gaz de schiste.

Les fuites aux abords des puits de gaz de schiste n'ont rien d'inquiétant pour la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, qui les qualifie de «normales». En entrevue à La Presse canadienne, Mme Normandeau indique que des fuites de ce genre existent à l'état naturel dans notre environnement.

Elle demande aux citoyens et aux groupes de pression d'éviter d'être alarmistes, puisque ces fuites ne représentent, à son avis, aucun danger pour la santé et la sécurité de la population.

«Ce sont des fuites normales qu'on trouve dans d'autres puits ailleurs dans d'autres juridictions, explique-t-elle. Regardons la réalité telle qu'elle est. En tant que ministre des Ressources naturelles, j'arrive à la conclusion qu'il n'y a pas lieu de s'alarmer.»

Elle ajoute faire totalement confiance aux mécanismes de surveillance en place. «Avec le programme d'inspection, on va assurer un suivi systématique et rigoureux de toutes les installations qui ont été autorisées à ce jour pour être le plus proactif possible», dit-elle.

Nathalie Normandeau en profite pour blâmer le Parti québécois qui a «la critique très facile» et «qui monte aux barricades un peu trop vite», contribuant du coup à alarmer inutilement la population. «Dans le débat actuel, il faut se limiter aux faits. Il y a des fuites qui ont été constatées, mais sur la base du rapport effectué, il n'y a pas d'inquiétudes pour les citoyens», ajoute-t-elle.

Solution mitoyenne

Mme Normandeau était de retour au travail hier matin, après avoir évité la tempête causée la semaine dernière par le dévoilement d'un rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) indiquant qu'une majorité de puits inspectés au Québec laissaient échapper des émanations de gaz naturel.

La ministre Normandeau dit entendre la demande des citoyens en faveur d'un moratoire. Mais elle affirme consacrer son énergie à chercher une solution mitoyenne qui permettrait aux citoyens d'être rassurés tout en répondant aux demandes de permis d'exploration soumises par l'industrie.

«Il n'y a pas d'entêtement de notre part», tient-elle à préciser. Elle voit plutôt la poursuite des activités d'exploration comme une voie très pragmatique qui permet notamment au gouvernement et à l'industrie de mesurer la viabilité du potentiel gazier au Québec.

«C'est un incontournable. On ne peut pas un jour penser passer en phase d'exploitation sans être passé par la phase d'exploration», soutient-elle.

Après le dépôt du rapport du BAPE sur les gaz de schiste prévu pour le 28 février, Mme Normandeau entrevoit la possibilité de prendre elle-même le bâton de pèlerin pour aller rassurer la population.

Québec solidaire irrité

La présidente et porte-parole du parti Québec solidaire, Françoise David, a vivement dénoncé les propos de Mme Normandeau qui a qualifié de «normales» les fuites aux abords des puits de gaz de schiste.

Dans un communiqué transmis en fin de journée, hier, Mme David affirme que «ce qui serait vraiment normal, ce serait d'écouter la population qui réclame un moratoire» dans le dossier des gaz de schiste. «Ces temps-ci, à écouter les ministres libéraux, tout semble normal partout. C'est parce que le BAPE a dévoilé des informations que les Québécois [...] ont appris que la majorité des puits de gaz de schiste produisaient des fuites de gaz. Normaux, ce manque de transparence et cette banalisation des fuites qui inquiètent à bon droit la population?» a demandé Mme David.
13 commentaires
  • Trobadorem - Inscrit 11 janvier 2011 05 h 30

    Comme un petit pet sans odeur de son premier ministre.....ben voyns donc!

    Mme. Normandeau, vous venez de prouver votre incompétence. Si le PQ ne gagne pas les prochaines élections après toutes les stupidités que vous avez pu dire au cours de votre mandat, c'est que Mme. Marois était celle qui espérait devenir premire ministre.

    Ca aura été arrangé avec le gars des vues.....

  • dojinho - Inscrit 11 janvier 2011 07 h 43

    «Rassurer la population» ???

    Mme Normandeau,

    Vous ne comprenez visiblement rien aux problèmes reliés aux émissions de gaz à effet de serre.

    Oui, on retrouve dans la nature des cas d'émissions spontanées de méthane (la fonte du pergélisol, par exemple) et oui, on retrouve dans la nature des cas de fuites de substances nocives à grande échelle (comme c'est le cas pour les éruptions volcaniques, par exemple). Mais si on ne peut rien pour ce que la nature fait d'elle-même, on peut au moins éviter d'en rajouter. Le méthane étant un GES beaucoup plus puissant que le CO2, la moindre des choses serait d'éviter d'en émettre dans l'atmosphère. C'est d'ailleurs ce genre de fuite que vous vous obstiner à ne pas comptabiliser dans le bilan de l'exploitation des gaz de schiste, par rapport à la cible de réduction des GES que l'État québécois s'est fixé.

    Vous aurez beau tenter de "rassurer" la population, vous ne changerez rien au fait que ces fuites causent un préjudice immense à l'environnement. En d'autres termes, votre ton rassurant ne changera rien à la science de l'environnement, pas plus qu'une stratégie de ne pas crier "Au feu" n'est appropriée lorsqu'un bâtiment est en proie aux flammes...

    Les gaz qui gisent dans le sol québécois y resteront pour très longtemps, si on les laisse tranquille. Il n'y a rien de naturel dans leur fuite précipitée...

  • Amie du Richelieu - Inscrit 11 janvier 2011 08 h 23

    Les fuites ne sont pas si bénignes que çà!

    C'est bien intrigant que Mme Normandeau ne s'inquiète pas des fuites de gaz trouvées dans les puits forés au Québec. Le 22 juin 2009, Ron Bishop, chimiste au SUNY, déclarait dans une présentation à Bath, que les fluides qui remontent des forages fait dans le schiste, ou shale, doivent être considérés comme des matières dangereuses. Juste avant de dire cela, il précise que ces fluides incluent les gaz naturels. De plus, dans le rapport daté du 15 septembre 2010 préparé pour le Munk School of Global Affairs à l'université de Toronto, toutes les possibilités de fuites dans les puits, coffrages et cimentages des puits de gaz de schiste sont bien documentées et nombreuses.

    Johanne Dion
    Amie du Richelieu
    http://lesamisdurichelieu.blogspot.com/

  • Jamal Kazi - Inscrit 11 janvier 2011 08 h 35

    Ah, quand on se compare...?!

    "Ce sont des fuites normales qu'on trouve dans d'autres puits ailleurs dans d'autres juridictions"... rassurant, le fait que ce soient des puits n'y est sans doute pour rien... c'est comme dire que je n'ai pas besoin d'arrêter de fumer, mon cancer du poumon est normal, on en trouve des pareils chez d'autres fumeurs dans d'autres pays!

  • Denis Laforme - Inscrit 11 janvier 2011 11 h 36

    Tout un raisonnement...

    Il y a des fuites de gaz (principalement du méthane, CH4) à d'autres endroits, c'est vrai. Cependant, ce n'est pas pour celà qu'il faudrait trouver normal qu'on accepte celles provenant de l'exploration concernant les gaz de schiste. Encore une fois, je vous suggère de consulter mon blog qui vous apprendra que le CH4, une fois dans l'atmosphère, a un impact sur le réchauffement climatique 23 fois plis important que le CO2.
    http://denis-laforme.over-blog.com