Objets de l'année 2010 - Une marée noire à éponger

Photo: Agence Reuters

Il suffit d'arrêter son regard sur les traits creusés des hauts cadres du géant pétrolier BP pour se rendre compte de l'annus horribilis causée par l'explosion, le 20 avril 2010, de la plateforme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique, à l'origine de la pire catastrophe écologique de l'histoire des États-Unis.

La facture du nettoyage du littoral de la côte est des États-Unis — surtout de la Louisiane, où les premières boulettes de pétrole brut ont été découvertes à peine 10 jours après l'explosion — et de l'opération de colmatage du puits a forcé la multinationale à réviser à la hausse, à plusieurs reprises, les coûts qu'elle devra éponger.

Quel sera le coût ultime de la crise, que le grand patron de BP, Bob Dudley, évaluait, il y a quelques semaines, à près de 40 milliards de dollars? se demandent les actionnaires, faisant souvent abstraction du fort prix payé par la faune et la flore.

C'est après un effort acharné long de cinq mois que le puits est définitivement scellé, avec un mélange de ciment et de matériaux de toutes sortes. Si l'écoulement de brut avait cessé le 15 juillet grâce à la pose d'un couvercle sur le puits endommagé, le colmatage a permis, lui, de le «neutraliser» une fois pour toutes.

«Macondo 252 est bel et bien condamné», a lâché, à la mi-septembre, Thad Allen, de la garde côtière, à une population exaspérée de voir les images sous-marines d'un flot ininterrompu de pétrole s'échapper du puits maudit, sis à 70 kilomètres au large de La Nouvelle-Orléans, et celles du directeur général de BP, Tony Hayward, participant à une course de yachts en Angleterre, diffusées en boucle sur les grands réseaux de télévision.

Quelque 4,9 millions de barils de pétrole, soit 780 millions de litres, se sont répandus dans le golfe du Mexique.

L'exploitation pétrolière en mer reste toutefois autorisée dans le centre et l'ouest du golfe du Mexique. Mais le gouvernement américain ne compte pas vendre de nouveaux permis d'exploitation, alors que les opérations de nettoyage se poursuivent toujours en cette fin d'année sous l'oeil attentif des pêcheurs.

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Avec Le Monde et l'AFP
1 commentaire
  • Kaomax - Inscrit 7 janvier 2011 12 h 27

    Nettoyage du golf

    Si l'industrie peut extraire du pétrole dans les sables bitumineux dans l'ouest du pays, comment ne seraient-ils pas capable de récupérer le pétrole en mer. Question de coût, c'est à BP de s'assumer et non l'argent des collectivités.

    Des solutions ont pourtant été élaborées sur le sujet ... ils attendent quoi ? Entre temps c'est l'éco-système qui endosse le tout et trop d'attente risque de rendre infaisable cette tache.

    Avec les milliards que fait l'industrie du pétrole, les gouvernements doivent forcer la donne et exiger un échéancier.

    Il serait peut-être temps de mettre l'industrie face à ses responsabilité et d'ajouter des peines d'emprisonnement pour négligences flagrantes. Ce qui se passe dans les eaux américaines, ne demeure pas uniquement sous l'influence de ces derniers, car c'est l'ensemble de la planète qui écope des contre coups.