Projets éoliens communautaires et autochtones - Hydro arrive à court des 500 mégawatts prévus

La société d’État a annoncé hier avoir retenu 12 soumissions, pour un total de 291,4 MW, dans le cadre de son appel d’offres lancé en avril 2009 pour 500 nouveaux mégawatts.<br />
Photo: Agence Reuters Nacho Doce La société d’État a annoncé hier avoir retenu 12 soumissions, pour un total de 291,4 MW, dans le cadre de son appel d’offres lancé en avril 2009 pour 500 nouveaux mégawatts.

Hydro-Québec n'a pas réussi à faire le plein, si on peut dire, de projets éoliens dans son appel d'offres pour obtenir 500 mégawatts (MW) de différents projets communautaires et autochtones.

C'est ainsi que la société d'État a annoncé hier avoir retenu 12 soumissions, pour un total de 291,4 MW, dans le cadre de son appel d'offres lancé en avril 2009 pour 500 nouveaux mégawatts.

Mais, des 250 MW qu'Hydro-Québec escomptait obtenir des projets communautaires autochtones, un seul a été retenu, soit celui de Saint-Cyprien, près du poste-frontière de Lacolle. Ce projet de 24 MW suscite déjà une forte opposition dans la communauté locale. Il a été amorcé par la Commission de développement économique de Kahnawake, un organisme créé par le Conseil mohawk pour gérer les revenus de la communauté.

Selon Guy L'Italien, porte-parole d'Hydro-Québec, c'est essentiellement pour des raisons économiques que les 12 autres projets éoliens préparés par d'autres groupes autochtones n'ont pas été retenus. L'ensemble des projets proposés totalisaient 319 MW.

Québec, rappelle M. L'Italien, avait haussé l'an dernier le prix maximum pour qualifier les projets, soit 12,5 ¢ le kilowatt-heure, y compris les 2 ¢ pour le transport sur le réseau public.

Les communautés blanches ont été beaucoup plus actives dans le cadre de l'appel d'offres qui leur réservait une part de 250 MW. En tout, 31 projets ont été proposés, pour une production totale de 732 MW. Devant cette effervescence, la société d'État a légèrement dépassé le quota que Québec lui avait imposé pour ce bloc d'énergie et a accepté 11 soumissions totalisant 267,4 MW, plutôt que 250 MW.

Selon le porte-parole d'Hydro-Québec, le prix moyen s'est effectivement situé sous la barre imposée par Québec, soit à 11,3 ¢ le kWh.

Dans le premier appel d'offres pour un bloc de 1000 MW, les électrons produits par des éoliennes coûtaient en moyenne 6,5 ¢ le kWh, à l'exclusion du transport. Lors du deuxième appel de propositions, ce prix avait grimpé à 8,7 ¢. En raison de la taille importante des blocs d'énergie en cause dans ces deux premiers volets énergétiques, les économies d'échelle ont maintenu les prix plus bas que dans les petits projets communautaires acceptés hier. Aucun ne dépasse en effet les 24,6 MW en puissance installée. Les livraisons débuteront entre 2013 et 2014.

Pour le maire d'Amqui, Gaétan Ruest, qui se bat avec ses concitoyens depuis près d'une décennie pour qu'Hydro-Québec valorise les projets communautaires issus de la collectivité, la journée d'hier a été particulièrement décevante, car le projet «Les vents de la Matapédia» n'a pas été retenu. Un autre projet de 100 MW préparé par des forces économiques locales avait lui aussi été rejeté dans le cadre du deuxième appel d'offres.

Le maire Ruest a affirmé hier au Devoir que les critères du choix attribuent «un poids démesuré» au prix de l'électricité et qu'on n'accorde à peu près pas de considération au «critère de la redistribution équitable de la richesse». Son projet aurait rapporté un demi-million par an à sa ville. Dix-huit des dix-neuf municipalités de la région participaient à ce projet dans le cadre d'un partenariat avec Hydroméga Services. Les municipalités contrôlaient 42,5 % des actions.
3 commentaires
  • Leclerc Éric - Inscrit 21 décembre 2010 14 h 35

    Récalcitrants au tapis

    Hydro-Québec qui militte depuis plusieurs années sur un changement de cap pour mettre en valeur les énergies vertes, a réussi à faire accepter douze projets éoliens (même dans la partie sud du Québec) où beaucoup de citoyens réfractaires à ces projets n'ont pas mis la société d'État "knock-out"; malgré leurs espoirs. Ce que les citoyens récalcitrants n'ont tout simplement pas compris c'est que le Québec a besoin de cette nouvelle forme d'énergie pour produire de l'électricité (donc éviter les pénuries possibles) en cas de consommation de masse (surtout en hiver); et que les territoires où seront implantées ces éoliennes reçevront d'importantes redevances d'Hydro-Québec! Pour certains ces projets semblaient voués exclusivement pour "masquer" leurs paysages, mais il n'en est rien! Les régions ciblées par les promoteurs sont en altitude; donc très importantes de par leur situation géographique (vents) et permettront aux collectivités jointes de reçevoir des compensations financières importantes pour leur mieux être.

  • P. Boutet - Inscrit 21 décembre 2010 23 h 18

    Question

    J'ai une question, pour ainsi dire hors contexte!

    Dans les années 80 il y a eu une expérience avec une ou des éoliennes verticales. Ces éoliennes étaient facile d'entretien parce que le mécanisme générateur d'électricité était situé au niveau du sol.

    Une de ces éoliennes a eu un bris qui a mis fin à ce type d'éolienne.

    Pourquoi la recherche, avec ce type d'éoliennes, a-t-elle été abandonnée?

  • Chryst - Inscrit 27 décembre 2010 15 h 00

    Dommage que les projets autochtones et de la ville d’Amqui n’ait été acceptés

    S’il y a des communautés qui ont besoin de développement c’est bien celles-là.

    Michel Thibault ing. f. m. sc.