Mettez l'eau à l'abri de la privatisation!

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a invité hier le public, les provinces et les municipalités à se manifester avant que le gouvernement Harper n'ait cédé la gestion de nos systèmes publics de traitement et de transport d'eau aux multinationales dans le cadre de la négociation en cours entre le Canada et l'Union européenne.

Dans un rapport intitulé Eau publique à vendre: comment le Canada va privatiser nos systèmes publics d'eau, le SCFP ainsi que le Conseil des Canadiens demandent que «l'eau soit retirée du cadre de discussion» sur la proposition d'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne.

Selon cette analyse des négociations en cours, ce serait à la demande des multinationales européennes de l'eau que le gouvernement canadien et certaines provinces envisagent d'inclure dans ce traité le traitement de l'eau potable et des eaux usées ainsi que la propriété des infrastructures reliées à la gestion de l'eau, y compris les aqueducs.

Les deux organismes estiment que les provinces et les territoires doivent adopter des lois rapidement pour mettre leurs équipements de traitement des eaux à l'abri d'une telle privatisation, un peu comme la plupart l'ont fait pour que les cours d'eau et les nappes souterraines soient protégés contre les prélèvements massifs en vertu de certaines dispositions de l'ALENA.

Selon l'analyse divulguée hier, l'AECG «aura pour effet d'aggraver les pressions exercées sur les municipalités et les réserves autochtones canadiennes en raison d'un financement public insuffisant», d'une part, et, d'autre part, en raison des programmes d'encouragement à la privatisation du gouvernement fédéral.

Selon Paul Moist, président du SCFP national, «les Canadiens ont une grande confiance dans leurs systèmes d'eau et de traitement, qui appartiennent à des institutions publiques et sont exploités par celles-ci. L'eau et les autres services essentiels, comme les soins de santé, les transports en commun, les services postaux et d'énergie, sont des éléments vitaux de nos collectivités». Le glissement en cours vers la privatisation de ces services ne doit plus se poursuivre sans un débat public, estiment les deux organismes.

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