Gisement Old Harry - Nathalie Normandeau veut une entente rapide

Selon la ministre Normandeau, il y a «une certaine urgence en la demeure». <br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Selon la ministre Normandeau, il y a «une certaine urgence en la demeure».

Le programme d'évaluations environnementales stratégiques lancé par Québec pour étudier les impacts de l'exploitation des hydrocarbures du golfe du Saint-Laurent ne sera pas complété avant 2012. Qu'à cela ne tienne, la ministre Nathalie Normandeau souhaite conclure rapidement une entente administrative avec Ottawa afin de tirer des redevances de l'exploitation du gisement d'Old Harry.

Selon ce qu'elle a indiqué hier, il y a «une certaine urgence en la demeure». Il faut dire que l'entreprise Corridor Resources a déjà effectué des travaux préliminaires d'exploration de cette structure sous-marine à cheval sur la limite territoriale du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador. Cette dernière province, qui détient déjà une entente avec Ottawa, lui a délivré un permis il y a déjà des mois de cela.

Bien que plusieurs s'inquiètent des conséquences environnementales que pourrait avoir l'exploitation pétrolière dans le golfe, la ministre fait valoir que l'État pourrait en tirer des revenus se chiffrant en milliards de dollars. Selon elle, Corridor Resources pourrait pomper pas moins d'un milliard de barils de pétrole du côté québécois. En faisant l'hypothèse d'un baril à 100 $, Mme Normandeau soutient que le gouvernement toucherait 8,7 milliards pour une ressource qui vaudra largement plus de 100 milliards de dollars, surtout avec la remontée prévue des prix de l'or noir.

Dans le cadre des négociations, le gouvernement du Québec demandera la reconnaissance d'une limite maritime établie en 1964, qui situe 70 % du gisement d'Old Harry en eaux québécoises, mais aussi 100 % des redevances qui seraient perçues. Mais il n'est pas fait mention de l'épineuse question de la souveraineté de la province sur les fonds marins, souveraineté que le fédéral ne reconnaît pas. Aucun échéancier n'a été fixé pour la conclusion d'une entente qui se fait attendre depuis des années.

Selon les spécialistes du Saint-Laurent, le golfe est tout aussi fragile que l'estuaire, une zone pour laquelle Mme Normandeau a décrété une interdiction permanente d'exploitation des hydrocarbures. Qui plus est, plusieurs espèces menacées d'extinction pourraient souffrir de travaux d'exploration dans le golfe, dont le rorqual bleu et le béluga, sans oublier les poissons qui font l'objet d'une pêche commerciale.
11 commentaires
  • Stephane Deshaies - Inscrit 16 décembre 2010 09 h 03

    Malheureux...

    que les libéraux ne voient encore qu'une facon de faire des cadeaux a l'industrie sans en tirer de vraies redevances acceptables (8.7 milliards sur 100 milliards ce n'est que 8.7%) et pire, dans une zone ou cette question ne devrait même pas se poser puisque les risques pour l'environnement seraient impossibles a réparer! L'exemple du Golfe du Mexique devrait faire réfléchir nos politiciens et leur indiquer que l'industrie pétrolière est incapable de réparer les dommages qu'elle peut faire. Si on parle de pollueur payeur, alors je crois qu'une garantie de 100 milliards de dollars serait acceptable AVANT de commencer l'exploration et l'exploitation! Il y a des ressources que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d'exploiter, c'en est une...

  • louise elie - Inscrit 16 décembre 2010 09 h 51

    Pillage

    L'argent, la soif du pouvoir, l'orgueil des politiciens qui veulent marquer leur passage, le manque de discernement, l'incompétence en matière de biodiversité, le manque de respect pour l'Intégrité de la Nature et la totale incompréhension de la Fragilité de tous les Ecosystèmes et des habitats de cette planète... voilà ce dont fait preuve lce gouvernement, et l'ensemble de la société, représentée par ses promoteurs, ses clients, ses consommateurs, ses travailleurs... l'argent sans âme, l'argent sans tête, l'argent sans direction, l'argent pour le pur plaisir d'amasser de l'argent, pour le ''pouvoir d'achat'', pour faire de l'argent, et piller la Terre pour ce faire.
    ... la seule espèce terrestre qui détruit avec autant d'acharnement son propre habitat, tout en prétendant posséder l'intelligence !

    On aura beau déployer tous les rapports écologiques possible et impossible que l'on voudra, le problème de la compréhension de cette planète demeure... la majorité des humains y voient matière à faire de l'argent...

    ''Bien que plusieurs s'inquiètent des conséquences...'' madame la ministre répond par l'argent.

    De quoi êtes-vous prêt à vous priver pour renverser la marche inéxorable de cette société de consommation ?
    Êtes-vous des mécontents qui sont contre le pillage des ressources naturelles ?
    Mais... sous quelle forme les sur-consommez-vous ?

  • Claude Kamps - Inscrit 16 décembre 2010 09 h 57

    Tout cela pour une reconnaissance de sa bonne gérance

    On fait vite les choses pour pouvoir dire dans 4 ou 8 ans quand le PLQ vouvra revenir au pouvoir...

    C'est nous le PLQ qui a fait le «Grand Nord» et les revenus du pétroles et le gaz de schiste!!

    Mais on s en clisse des conséquences....

    http://www.popularmechanics.com/science/energy/coa

  • lecomteadecouvert - Inscrit 16 décembre 2010 11 h 43

    Vite, vite, vite...

    Ouais! Quand les libéraux veulent quelque chose, il faut que ça se fasse rapidement, parce qu'il ne reste 2 ans pour que la Ministre du Développement Libéral, "Mère Nowël Nord Manteau" distribue ses cadeaux et avantages à Caillé et ses petits amis. Pour le reste, ça pourra attendre.

  • celljack - Inscrit 16 décembre 2010 12 h 03

    Marionnette Normandeau

    Cessez de vous faire des illusions: le ministère nous montre une belle pièce de théâtre où on fait attention à l'environnement. C'est pas parce qu'on met une photo d'un joli lac avec une famille heureuse sur un programme d'évaluations environnementales stratégiques que ça veut nécessairement dire que c'est écologique.

    Puis il y a toujours la population. Culture orientée vers la facilité, la consommation, la dette. Qui voudra se serrer la ceinture, s'abstenir et qui acceptera de s'appauvrir pour éviter l'exploitation pétrolière dans le fleuve?

    Vous voyez bien, peu importe les impacts, les études et l'environnement, toute décision sera la simple résultante démocratique de notre aveugle désir de confort et de facilité. Comme les Amérindiens qui vendaient leurs abondantes terres et ressources aux colons pour quelques bouteilles d'alcool, nous vendrons le saint-laurent pour conserver notre actuel confort.

    Puis plus on veut en tirer profit rapidement, plus les compagnies pétrolières privées s'en garderont une grande part. Nos ressources seront pillées si on ne prend pas bien notre temps pour négocier.