Les redevances sur l'eau proposées par Québec sont vertement critiquées

Québec exigera à compter de janvier des redevances sur l'eau, lesquelles ont immédiatement été dénoncées comme «inefficaces parce que trop peu importantes» par le Parti québécois et la coalition Eau Secours.

Les nouvelles redevances ont été annoncées hier matin à Montréal par le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand. Elles avaient été annoncées une première fois dans le budget en mars dernier pour faire ensuite l'objet d'une prépublication dans la Gazette officielle.

Le nouveau règlement ne vise pas les prises d'eau municipales, les institutions publiques, les résidences et le secteur agricole. Québec dispense aussi le secteur piscicole, qui consomme beaucoup d'eau, comme l'agriculture, et la rejette souvent fortement contaminée. Il dispense aussi le nucléaire, même si Gentilly-2 consomme 820 millions de mètres cubes par année, selon le groupe Eau Secours. Québec exempte aussi l'industrie minière, qui transforme des métaux «durs», comme l'or, l'argent et le cuivre, et qui rejette l'eau fortement contaminée dans des étangs.

Il assujettit toutefois à une redevance de 70 $ par million de litres prélevés (7 ¢ du mètre cube) dans la nature ou dans les aqueducs municipaux toute entreprise qui intègre l'eau dans ses produits, mais seulement si sa consommation quotidienne dépasse 70 mètres cubes, soit l'équivalent de deux grosses piscines hors terre ou de 7,5 camions de livraison de mazout.

Seront ainsi assujetties les eaux embouteillées, les jus et boissons, les produits agricoles (pesticides, engrais et produits transformés), les produits chimiques organiques ainsi que l'extraction de pétrole et l'industrie des gaz de schiste.

Un prix beaucoup plus bas encore sera facturé aux utilisateurs d'eau qui ne l'intègrent pas dans leur produit mais qui en utiliseront plus de 75 000 litres par jour. Ces utilisateurs devront payer 2,50 $ pour chaque million de litres prélevés, soit un coût de 0,0025 $ par mètre cube.

Pour Martine Ouellette, critique du Parti québécois en environnement, «le niveau de ces redevances est trop bas pour inciter qui que ce soit à réduire sa consommation et ces redevances vont être trop faibles aussi pour financer l'acquisition de connaissances sur nos nappes souterraines». Mme Ouellette critique tout particulièrement le choix qu'on laisse aux entreprises d'installer leurs propres compteurs d'eau ou de faire évaluer leur consommation par une firme indépendante qu'elles paieront. Elle estime que Québec devrait avoir le contrôle de cette consommation, comme Hydro-Québec contrôle la consommation de l'électricité qu'elle vend.

Pour la présidente de la coalition Eau Secours, Martine Châtelain, la nouvelle réglementation accorde au moins la priorité aux besoins des familles et des institutions tout en instituant un régime de redevances qu'elle réclame depuis des années. Mais les niveaux de ces redevances, dit-elle, sont «dérisoires». Eau Secours a ainsi calculé que Pepsi paiera 41 000 $ par année, Amaro, seulement 5700 $ par an, Kruger, tout au plus 257 $ et Saputo, un maigre 1490 $. Avec des redevances aussi faibles, dit-elle, on risque plutôt de voir se pointer d'autres exploitants majeurs de nos eaux souterraines notamment, dont rien ne freine l'exportation du moment qu'on l'embouteille dans des formats de moins de 20 litres.
3 commentaires
  • Andre Vallee - Inscrit 15 décembre 2010 09 h 27

    Toujours à faire semblant.

    Faire semblant de contrôler: la langue, les soumissions, les enveloppes brunes, etc, etc... Et maintenant l'exploitation du sous sol québécois.
    Un moratoire et ça presse.
    Lisez l'article de Bernard Landry

  • Maurice Monette - Inscrit 15 décembre 2010 11 h 41

    Ça fait des années que ce "mauvais pli" est incrusté dans la mentalité québécoise alors...,

    ...pendant tout ce temps, incitatif pour que les industries viennent s'installer chez-nous oblige, ce fut un appât souvent utilisé. Vue l'inconscience de la $ociété humaine $aine ou $. h. $. sur la progression inéluctable de notre Planète dans sa course sidérale, jamais on aurait pensé à une telle possibilité de rationnement, surtout pas Ici au Québec, où "l'or bleu" était si abondante.

    Mais, il faut bien se rendre à l'évidence et prendre conscience que le seul moyen d'inculquer une habitude d'économie de nos ressources naturelles par les secteurs industriels

  • Jean_Yves - Abonné 15 décembre 2010 18 h 35

    SVP, un peu de suite dans les idées..

    On peut lire dans le mémoire déposé au BAPE par Eau Secours que,

    «L'eau est chose commune, nul ne devrait pouvoir se l'approprier»

    Hors ce que fait Québec est exactement une appropriation pour en faire une activité commerciale. Demander une redevance sur l'eau c'est une activité commerciale et c'est la commercialisé, c'est lui accoler un statu de ressource et de matière première commercialisable.

    Létale suivante c'est de l'intégrée aux autres commodités sur les marché boursier...

    Vraiment Eau Secours, un peu plus de suite et de cohérence dans vos idées et propos. Si l'eau appartient à personne, donc a tout le monde, on ne demande de redevances sur ce qui appartient à tous !