Baromètre de la consommation responsable - L'étiquette «verte» n'inspire pas confiance

Plus vert, mais franchement sceptique. Le consommateur québécois fait très peu confiance aux acteurs du développement durable, mais également aux marques équitables et aux certifications écologisantes pour guider ses choix. Pis, même s'il baigne dans un univers médiatique où les messages en faveur d'une consommation plus responsable pullulent, il déplore un manque d'information crédible, carence qu'il qualifie même de frein à son engagement, indique le Baromètre de la consommation responsable, dont la première lecture a été livrée hier.

Même s'ils ont fait augmenter la consommation de produits dits socialement responsable en 2010, les Québécois semblent toutefois accorder très peu de crédit à ceux qui essaient de leur vendre. Deux tiers d'entre eux disent en effet ne pas croire l'engagement environnemental des entreprises tout comme la publicité verte des compagnies, révèle l'outil de mesure élaboré par l'Observatoire de la consommation responsable de l'Université Sherbrooke.

Autre constat: la moitié des consommateurs doute de la fiabilité des certifications officielles apposées sur les produits dits équitables, mais aussi de la crédibilité des produits et des marques s'affichant comme étant écoresponsables, indique le Baromètre. Dans la même veine, le discours des politiciens sur ce thème est pris au sérieux par seulement 14,6 % des Québécois.

L'information en matière de consommation responsable semble toutefois primordiale pour stimuler ce pan de la consommation animé actuellement par près du tiers des consommateurs québécois. En effet, le vide et le caractère douteux de l'information calmeraient les ardeurs de 46 % des consommateurs. C'est le deuxième frein identifié par le Baromètre, après le prix plus élevé de ces produits. Par ailleurs, un tiers des Québécois se disent aussi méfiants envers les performances alléguées des produits ou services verts qu'on cherche à leur mettre entre les mains.

Sur une autre note, les consommateurs ont été près de la moitié en 2010 à avoir changé leur habitude et surtout changé de marque d'un ou plusieurs produits pour répondre à leur conviction. À hauteur de 61 %, ils ont aussi favorisé des achats auprès de commerçants de leur quartier et privilégié l'achat de produits alimentaires cultivés dans leur région, indique le Baromètre.

Vert, mais en voiture

Plus vert et responsable — l'indice de la consommation responsable a atteint 64 sur un maximum de 100 pour cette année —, l'Homo consumus du Québec aime se présenter comme le roi du recyclage qui cherche à réduire son empreinte environnementale en se préoccupant de la protection des animaux. Mais sa conscience sociale et écologique semble toutefois rester à l'extérieur de sa voiture, indique le Baromètre: en 2010, à peine 28 % des Québécois ont indiqué avoir utilisé le transport en commun ou ont préconisé le covoiturage pour défendre leurs intérêts verts. La marche et le vélo ont été également soutenus par 39,1 % des participants à cette vaste enquête comportementale, qui vient de prendre son premier cliché.

Le Baromètre de la consommation responsable est diffusé sur www.protegez-vous.ca/barometre
4 commentaires
  • louise elie - Inscrit 2 décembre 2010 09 h 52

    Récupération et recyclage d'une philosophie

    .. tout simplement.
    Le mouvement fondamental, philosophique, qui tend à construire un mode de vie plus sain en cohérence avec l'écologie de base a été récupéré par la société de consommation... consommer vert ? consommer bio ? oui, mais surtout ne cessez pas de consommer...

    La certification aussi est passée du bord de l'Argent... ça coûte cher d'obtenir son étiquette !

    Effectivement, pour l'obtenir, il suffit parfois que le produit soit recyclable, autrement dit reconnaissable par certains micro-organismes, à 30% !! ça dépend des produits.

    Et encore... les 70% restants épuisent les micro-organismes qui tentent désespéremment de les ''recycler'' et meurent d'asphixie... ce qui produit ? des métabolites toxiques... qui nuisent ensuite à l,environnement des autres micro-organismes !

    Moralité... plus un aliment, un meuble, un vêtement est proche de sa nature, de sa qualité naturelle, plus il est vraiment recyclable... les industries dénaturent les produits.
    C'est en effet pas très loin d'une arnaque... un mensonge de plus !

  • Sanzalure - Inscrit 2 décembre 2010 10 h 36

    Si on peut pas faire confiance au premier ministre...

    Si on ne peut faire confiance au gouvernement (corruption généralisée) et aux grandes institutions démocratiques (Justice, avec les commission d'enquête bidon et les poursuites-baillon; Environnement avec le BAPE pro-industrie; etc), comment pourrait-on alors faire confiance aux corporations et organisations ?

    Serge Grenier

  • André Lacombe-Gosselin - Abonné 2 décembre 2010 19 h 51

    Les gens associent entreprises

    Comme nos gouvernements sont corrompus et menteurs à profusion, les profits des entreprises sont considérés - à tort ou à raison - comme suspects malgré la publicité et les stratégies diverses qu'elles utilisent pour nous vendre leurs produits et leurs services. Est-ce notre rapport à l'argent qui joue? ou un autre élément de notre psyché collective? Une enquête indépendante devrait démontrer hors de tout doute que ce qu'elles (les entreprises) annoncent est strictement prouvé et complet, clairement et simplement exprimé.
    "La Vérité", rien de moins ! La transparence tout autant partout !
    Le joyeux retraité de Mazatlán

  • Gaetan-Daniel Drolet - Inscrit 21 janvier 2011 09 h 08

    Nu mains = Avec

    Je ne crois pas que nous puissions parler de "philosophie verte" encore. Je crois d'ailleurs que c'est la principale raison pour laquelle la psychologie le marketing et tout les autres catalyseurs de consommation fonctionnent encore. L'être humain est écologique D'une certaine façon il doit "être-avec" et ce, c'est une condition sine qua none dans son rapport au Monde. C'est justement de ce rapport au Monde dont traite la philosophie et plus particulièrement la phénoménologie. Ainsi donc, l'être était nu avec des mains qui elles-mêmes présupposent un rapport au Monde. Si nous parlions de philosoophie nous galvaudrions point ces efforts pour définir l'être-eau-monde... La psychologie s'dresse aux comportements(principalement) elle tente de mesurer ce rapport avec des indices à la consommation... Le rapport au Monde nécessaire pour une prise de conscience authentique et unique est coupé par ce filet de message incitateur peu réfléchient mais oh! combien insistants!