Sommet de Cancún - Les écologistes québécois montrent peu d'enthousiasme

L’organisme Oxfam a jeté une bouteille à la mer, hier, à la veille du Sommet de Cancún, qui rassemble plus de 190 pays autour de la question du climat. <br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Ronaldo Schemidt L’organisme Oxfam a jeté une bouteille à la mer, hier, à la veille du Sommet de Cancún, qui rassemble plus de 190 pays autour de la question du climat.

Un an après Copenhague, la cité balnéaire mexicaine de Cancún s'apprête à devenir aujourd'hui la capitale mondiale du climat, avec plus de 190 pays réunis pour tenter de redonner élan et crédibilité à des négociations qui piétinent. Mais pour les mouvements écologistes québécois, la marche vers Cancún s'effectue sans grand enthousiasme et sur fond de scepticisme.

Steven Guilbeault, d'Équiterre, André Bélisle, de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), Philippe Bourke, directeur général du Regroupement des conseils régionaux de l'environnement (RNCREQ) et Daniel Breton du projet Maîtres chez nous craignent qu'une fois de plus l'accord qui en découlera soit rapidement ignoré.

C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à l'entente timide convenue en décembre 2009 à Copenhague, négligée depuis par les pays présents. Les participants s'étaient engagés à mettre en oeuvre des mesures pour limiter à deux degrés Celsius la hausse moyenne des températures dans le monde, selon la référence de l'ONU. Ces promesses n'ont pas été tenues.

Steven Guilbeault, tente de conserver une mince part d'optimisme, à l'approche du sommet qui se déroulera du 29 novembre au 10 décembre. Le Réseau action climat Canada, dont est membre son organisme, se montre critique à l'égard des positions du gouvernement conservateur en matière d'environnement.

Moins d'attention

Cela dit, même si le milieu écologiste s'agite et multiplie ses tentatives pour que la lutte contre les gaz à effet de serre (GES) revienne sur l'écran radar, force est d'admettre que l'attention médiatique n'est plus sur les changements climatiques.

Daniel Breton va même jusqu'à parler d'une population qui souffre d'un «déficit d'attention» en ce qui concerne l'environnement. Il cite notamment l'industrie automobile qui a battu des records de ventes de camions en 2010, et ce, malgré des signes évidents de perturbations climatiques.

André Bélisle estime quant à lui que la controverse sur les scandales politiques et l'industrie de la construction éclipse tous les autres dossiers et permet aux gouvernements de se défiler de ses engagements environnementaux.

Cette vision est partagée par Philippe Bourke du RNCREQ. Depuis la signature du protocole de Kyoto, il affirme que la volonté internationale tarde à prendre les moyens pour s'engager vers un respect du protocole.

«C'est un constat d'échec de la voie diplomatique. Les contraintes géopolitiques entre les nations, les lobbys puissants et les cibles différentes font en sorte que les gouvernements n'arrivent pas à s'entendre. Il faut cesser d'avoir l'illusion de penser que c'est au concert des nations que l'on va décider du sort des changements climatiques», a affirmé M. Bourke.

Il tient toutefois à apporter une nuance à son propos, plutôt terne. «Il ne faut pas se décourager devant les ratés diplomatiques. Ils ne veulent pas dire qu'on ne peut rien faire à un autre échelon, plus local», note-t-il.

Baird est optimiste

De son côté, le ministre fédéral de l'Environnement, John Baird, qui sera présent à Cancún, soutient que la présence canadienne permettra de faire avancer les efforts de lutte contre les GES.

«Travailler avec tous les grands émetteurs et trouver un accord pour diminuer les gaz à effet de serre dans tous les pays», a soutenu M. Baird il y a quelques jours, pressé de préciser la position canadienne en vue de ce sommet.

Des propos qui ne rassurent pas Équiterre. L'organisme lance un appel collectif à la conscientisation et réitère le peu de confiance qu'il porte au ministre conservateur.

«On espère toujours que les gens vont se réveiller. Hélas, le fait que l'on nomme M. Baird, qui est sans doute l'un des pires ministres de l'Environnement du pays, en dit long sur les intentions du gouvernement fédéral», a soutenu M. Guilbeault.

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Avec l'Agence France-Presse
7 commentaires
  • Fernand Trudel - Inscrit 29 novembre 2010 09 h 41

    Quand le problème est en Chine, aux Ibndes et aux États Unis

    Quand le problème est en Chine, aux Indes et aux États Unis, je me demande que fera le théologien Guilbault sur le bras du gouvernement sur les plages de Cancun et toute la gang d'alarmistes québécois subventionnés. Convaincre les chinois ou le président indien du GIEC, Rajendra K Pachauri, qui est pourtant le conseiller du gouvernement des Indes, pays super pollué au point où notre fédération canadienne a hésité à envoyer ses athlètes aux derniers jeux tellement c'était impropre. On peut dire que le président du GIEC ne prêche pas par l'exemple.

    Parleront-ils pour sauver des vies de malnutrition, de manque d"eau potable, de manque d"hygiène et de manqiue de soins adéquats pour endiguer les pandémies? Non, ils parleront de sauver une arnaque qui repose sur un mythe que le CO2 mène le climat alors que de plus enplus de scientifiques démasquent le GIEC. Mais la religion verte est tenace et maintenant s'est tournée sur la biodiversité au lieu des humains qui meurent. Entre un phoque et un humain le choix devrait être facile mais pas pour ces illuminés de la religion kyotiste.

    J'espère que ces grands prêtres de cette religion auront la prudence )principe de précaution) de s'acheter des indulgences pour leur voyage d'avion chez Planetair.


    http://planetair.ca/modules/smartcontent/page.php?

  • louise elie - Inscrit 29 novembre 2010 10 h 23

    Rien à attendre du politique...

    Bien entendu que Cancu ne serrt à rien !! C'est fait pour gagner du temps, et en profiter pour consommer de manière honteuse .

    Les ''leaders'' et soi disant spécialistes écolos du Québec en sont rendus à faire de la politique, ou de la critique de politique... même André Belisle pour qui j'ai eu longtemps admiration en perd son latin et son bon sens ...
    On les voit et on les entend quand la cloche sonne, au cours des sommets, des collouqes mondiaux, se montrer meilleurs et plus intelligents que les autres à analyser des rencontres de plus en plus coûteuses et de plus en plus inutiles.

    Vue la nature et la quantité de monde qu'on a sur le territoire québécois,. ils seraient plus utiles de se démener un peu plus, d'ouvrir la conscience des gens sur leur propre consommation, et peut-être faire une vraie différence, sur le terrain, au quotidien, concernant la consommation responsable de chacune et chacun...
    En tout cas, ça leur fait toujours bin un beau woyage ! ... pour rien.

    p.s. Oxfam qui jette une cochonnerie de plus à la mer ! ... pour rien.

  • Pierre Rousseau - Abonné 29 novembre 2010 11 h 03

    Baird n'a pas d'affaire là

    Le Canada ne veut rien savoir des changements climatiques et n'a rien à contribuer à une conférence internationale. C'est du gaspillage éhonté de fonds publics, payés par nos taxes, que d'envoyer ce bouffon à Cancun. S'il a besoin de vacances au soleil, il devrait payer son voyage et arrêter de mettre des bâtons dans les roues du reste du monde qui veulent discuter de ce problème et tenter de trouver un compromis.

  • Gilbert Talbot - Abonné 29 novembre 2010 11 h 09

    les suites ede Copenhague

    Je me suis demandé pourquoi les catastrophes écologiques que nous avons déjà connu, les super-ouragans de plus en plus nombreux dans le golfe du Mexique, les inondations en Chine, au Pakistan, au Bangladesh etc. n'ont pas déjà assez réveillé les consciences et pousser à des ententes internationales solides ? On vit dans une époque catastophiste où la majorité des gens attendent la fin du monde en 2012 et croit donc de plus en plus qu'il n'y a plus rien à faire pour sauver notre petite planète. L'Armagedon s'en vient et les consciences s'éteignent peu à peu. C'est la domination du mythe sur le scientifique, de la croyance sur la raison. C'est le retour de la grande noirceur moyenâgeuse. Et les Croisades sont relancées.

  • J Bedard - Inscrit 29 novembre 2010 11 h 43

    Les trois ayatollahs

    Aucune confiance en la vision des trois ayatollahs que sont Guilbeault, Bélisle et Breton, qui prêchent dans leur tour d'ivoire. Je suis personnellement pour le moratoire du G de S, contre l'uranium n'importe où et pour l'éolienne (à la rigueur) dans le nord québécois. Même si sa contribution énergétique est ridicule et qu'elle doit être subventionnée. Mais ces fondamentalistes ne peuvent même pas faire la distinction entre l'installation abusive des mégaparcs éoliens en milieux habités et leur implantation en milieux sauvages. Incapables de nuances dans ces dossiers, ils se comportent comme une meute de rhinocéros qui foncent droit devant eux, sans trop se poser de questions ou regarder où ils vont.
    Je préfère le mouvement des artistes et des citoyens qui ne cherchent pas de pouvoir et écoutent le pouls de la population.