Fonds syndicaux - Recours aux normes des Nations unies

Claude Lafleur Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Développement économique, développement social et développement écologique vont de pairOn définit le développement durable comme «un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs». Les fonds syndicaux en tiennent compte.

Comme l'explique Mario Tremblay, vice-président aux affaires publiques du Fonds de solidarité FTQ, au coeur du développement durable se trouvent trois besoins essentiels pour toute collectivité, à savoir le développement économique, le développement social et le respect de l'environnement. «Ce n'est que lorsque ces trois dimensions se développent en harmonie qu'on peut véritablement parler de développement durable, dit-il. En effet, à quoi bon avoir une économie prospère si l'environnement doit en subir les conséquences irréparables? Et à quoi bon avoir un environnement sain si les humains qui l'habitent ne peuvent gagner leur vie décemment? L'équilibre doit donc régner entre les trois dimensions.»

C'est ainsi que, tant au Fonds de solidarité FTQ qu'à Fondaction CSN, on se préoccupe depuis toujours du développement durable. «Fondaction a, dans sa mission même, un parti pris en faveur du développement durable, insiste Claude Normandin, responsable du développement stratégique et de la commercialisation à Fondaction CSN. Dès le départ et dans l'énoncé même de notre mission — ça apparaît au premier paragraphe — il y a non seulement la préoccupation du développement économique, mais également la volonté d'avoir une démarche qui tienne compte des trois dimensions du développement durable.»


Transparence du Fonds

Cette année, le Fonds de solidarité FTQ est fier de publier son premier rapport sur le développement durable. «Un mot pour justifier l'importance d'un tel rapport: transparence!, déclare Mario Tremblay. Nous nous rendons compte que nos actionnaires sont de plus en plus sensibles et que, de plus en plus, lorsqu'ils investissent dans des sociétés, ils veulent en connaître l'impact sur l'environnement. C'est là une grande tendance qu'on observe partout, et nous, nous nous sommes dit que nous devions faire un pas de plus dans notre reddition de comptes. De plus, il nous faut être transparents non seulement envers nos actionnaires, mais également envers l'ensemble de la société.»

Par conséquent, à l'occasion de la publication de son bilan financier annuel, le Fonds de solidarité recourt désormais à la démarche préconisée par la Global Reporting Initiative (GRI). La GRI est une organisation internationale chapeautée par les Nations unies qui a pour mission d'établir des normes permettant à toute société, entreprise ou organisation de rendre compte de ses performances économiques, écologiques et sociales.

«La GRI n'est pas une certification du genre ISO, souligne M. Tremblay. C'est un instrument de divulgation qui devient la norme de référence partout à travers le monde. C'est comme un manuel comptable qui ne vous dit pas si vous avez un bon bilan ou une bonne entreprise, mais qui dit plutôt: voilà comment établir des états financiers à partir desquels les analystes et les actionnaires peuvent vous juger.»

Il ajoute que, sans s'en rendre compte, le Fonds de solidarité faisait déjà pratiquement un rapport GRI «puisque dans nos données économiques, ce n'est pas d'hier que nous traitons de notre impact social, bien qu'il y eût certains indicateurs dont on ne parlait pas nécessairement».

«Ce premier bilan GRI nous a permis de prendre conscience de ce que nous faisons, où on est rendu et vers quoi on tend, poursuit-il. Cela nous permet aussi de lancer un message clair à toute la société: nous croyons au développement durable. De plus, la publication d'un rapport GRI contribuera très certainement à nous garder éveillés et à nous sensibiliser à ce que nous pourrions chercher à améliorer.»

Fondaction: toujours mieux

Créé en 1995 par la CSN, Fondaction est un fonds de travailleurs qui offre une épargne-retraite assortie de crédits d'impôt, tout comme le Fonds de solidarité, résume Claude Normandin, responsable du développement stratégique et de la commercialisation à Fondaction CSN. «L'argent qui est recueilli annuellement est investi dans le développement économique du Québec, dit-elle. Depuis les origines du fonds, le développement durable est un élément intrinsèque de tout ce que nous faisons. Ainsi, nous nous intéressons non seulement à la performance financière des entreprises dans lesquelles nous investissons, mais tout autant à leurs performances écologiques et sociales.»

Fondaction produit ainsi son troisième rapport financier rédigé selon les lignes directrices de la GRI. Il innove toutefois cette année, puisque pour la première fois ce rapport a été vérifié par une firme indépendante (Samson Bélair/Deloitte et Touche). Le fonds devient ainsi le premier organisme financier québécois faisant appel à l'épargne du grand public à passer un tel examen. «Voilà qui apporte non seulement tout le sérieux à notre reddition de comptes, souligne Mme Normandin, mais c'est une façon pour nous de rendre des comptes de la façon la plus crédible possible.»

Par ailleurs, Fondaction applique une série de politiques écologiques sur le plan interne. «Nous recyclons 84 % de toutes nos matières résiduelles, rapporte-t-elle fièrement. On a aussi un plan de transport durable qui récompense les comportements responsables de nos salariés. On compense aussi toutes nos émissions de gaz à effet de serre, alors que les événements que nous organisons sont écoresponsables, c'est-à-dire à la fois "zéro-déchet" et carboneutres. On applique également une politique d'achats responsables auprès des fournisseurs locaux, ainsi que de provenance syndicale. Autrement dit, nous cherchons à pratiquer le développement durable dans toutes les facettes de nos activités.»

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Collaborateur du Devoir