Montréal et son réseau de partenaires - Ils sont plus de 180...

Réginald Harvey Collaboration spéciale
Alan DeSousa<br />
Photo: Alan DeSousa

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

«On a une obligation de résultat»Montréal a déposé récemment la deuxième version de son Plan de développement durable de la collectivité montréalaise; il s'étendra jusqu'en 2015. Tout un réseau d'organismes, en provenance de divers horizons, a été mis en place pour en assurer l'application; les gens passent à l'action et font des gestes pour rendre la ville plus respectueuse de son environnement à court et à long terme.

Le Sommet de Montréal tenu en juin 2002 a recommandé la préparation d'un plan de développement durable pour la ville. Alan DeSousa, aujourd'hui vice-président du comité exécutif de Montréal et responsable du développement durable, avait précédemment hérité de ce dossier et il avait assisté à la rencontre internationale de Johannesburg sur cette question, la même année. Il se souvient de cette expérience: «Dix ans après le sommet de Rio de 1992, on entendait ce refrain commun à plusieurs délégués: il y a beaucoup de beaux plans mais pas beaucoup d'action sur le terrain; tout le monde se présentait avec des beaux éléments visuels, mais les gens constataient que, dans la vraie vie, il y avait très peu de choses qui étaient réalisées.»

Il a tiré une leçon de ces témoignages recueillis en Afrique du Sud, lors de la préparation de la première mouture du plan de développement: «En retournant à Montréal, je me suis rendu compte qu'on avait une obligation de résultat pour obtenir de la crédibilité auprès de la population.» C'est donc dans le respect de cette vision qu'a démarré le projet, en partenariat avec le Conseil régional de l'environnement et le Conseil régional des élus: «Un des principes de base était que tout le monde pourrait adhérer et s'engager, et on a réuni à peu près 80 partenaires qui venaient de tous les milieux associatifs.»

Le plan a vu le jour en 2005 et s'est échelonné jusqu'en 2009: «On voulait être crédible en mettant de l'avant des objectifs bien clairs, en prenant des mesures bien définies pour les atteindre et en imputant des responsabilités aux gens pour y arriver.» En fonction d'une telle démarche, 24 mesures ont été prises dans la première phase de l'application du plan, puis 36 dans la deuxième; toutes portaient sur des sujets précis comme la gestion responsable des ressources, l'amélioration de la qualité de l'air, la gestion de l'eau, etc. En bout de piste, 90 % de ce qui avait été mis en chantier au départ a été achevé.


Le réseau passe à l'action

En se basant sur le succès obtenu, la Ville a établi un modèle qui lui servira pour l'application du Plan 2010-2015, comme le souligne M. DeSousa: «On a été le leader dans la conduite du premier projet, mais on s'est assuré que la responsabilité de réalisation repose sur les épaules de chacun des partenaires. Ils ont participé en amont à sa conception, puis au choix des orientations. Par la suite, les comités de direction ont assuré le suivi mensuellement et on a tenu des réunions avec ceux-ci sur une base régulière, tous les trois à quatre mois, pendant lesquelles on a validé l'avancement du travail accompli.»

Au fil du temps, le réseau s'est élargi tout au long des opérations en cours, tant et si bien que le plan actuel s'appuie sur une solide équipe: «On est passé de 49 partenaires à plus de 180 et on s'est arrangé pour leur réserver un espace privilégié autour de la même table; tant et si bien que le modèle développé par la Ville de Montréal a retenu l'intérêt de l'Université des Nations unies et d'organisations américaines, ce qui nous a valu d'être reconnu comme un centre d'expertise régional en éducation pour le développement durable.»

Il se réjouit de cet honneur, mais, ce qui compte avant tout, c'est le travail sur le terrain dans le feu de l'action: «Le réseau s'est réellement engagé et il a été possible de mesurer ses interventions de façon très précise. Le rapport de 2005-2009 indique en détail tous les engagements qui ont été pris et toutes les actions qui ont été réalisées.»

Le soutien apporté

Les organismes et les milieux ne sont pas laissés à eux-mêmes et ils reçoivent des outils de soutien, comme le rapporte le vice-président: «On a mis en place des outils d'information pour les gens du réseau. Ils disposent d'un site Internet et d'un bulletin d'abonnés qui rejoint mille personnes; on programme des déjeuners-causeries portant sur des thématiques différentes et sur des sujets pertinents: il a été question d'efficacité énergétique pour un groupe, on a offert des renseignements sur ce qu'était un "événement écoresponsable" et on a tenu un forum en économie d'eau pour d'autres. De tels événements ont suscité la mobilisation nécessaire à la réalisation de certains projets ciblés; c'est ainsi qu'on a réuni 23 partenaires autour des îlots de chaleur et qu'on a pu financer la plantation d'arbres et d'arbustes. Par la suite, il nous a été possible d'assurer le suivi, de prouver qu'on a planté, disons, 1127 arbres, qu'on a ramassé un certain montant d'argent et qu'il ne s'agissait pas juste de belle paroles en l'air.»

Depuis 2007, il existe aussi une manifestation annuelle rassembleuse: «C'est un gala de reconnaissance en environnement et en développement durable qui souligne le travail accompli. On a eu jusqu'à maintenant l'occasion de rejoindre 1700 personnes dans les catégories suivantes: entreprises et industries, corps publics et institutions, de même qu'organismes à but non lucratif; pour chacune de celle-ci, on a pu illustrer les meilleures pratiques pour les diffuser sur vidéo et offrir en partage ces expériences positives. C'est un rassemblement traditionnel très populaire où les gens sont invités à se rendre pour connaître ce qui se fait de bien.»

Une pareille rencontre est organisée en collaboration avec les groupes de partenaires. Voilà un outil de plus qu'Alan DeSousa considère comme indispensable à la réalisation du plan actuellement en cours.

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Collaborateur du Devoir