Audiences du BAPE sur les gaz de schiste - Le Parti vert s'inquiète de la contamination des eaux souterraines

La fracturation hydraulique des formations de shales gazéifères de la vallée du Saint-Laurent peut, contrairement aux affirmations des industriels, contaminer les eaux souterraines situées près de la surface de trois façons.

C'est ce que soutient le mémoire du Parti vert du Québec (PVQ), qui a été rédigé par Dany Ouellet, un universitaire qui a cité à l'appui de ses affirmations certains des plus importants spécialistes de la question, y compris une firme de consultants internationaux, Schlumberger.

L'industrie du gaz a plutôt soutenu, illustrations en couleurs à l'appui, que les opérations de fracturation, même avec de puissants explosifs, ne pouvaient pas avoir d'impacts dans les eaux souterraines près de la surface parce que les explosions se produisent au moins un kilomètre plus bas.

Des explosions dangereuses


Mais les spécialistes comme ceux de Schlumberger affirment que les failles créées par les explosions peuvent se prolonger jusque dans les eaux souterraines. Selon le PVQ, les fractures sont, dans la réalité, souvent très différentes des images simplifiées utilisées en audience ou pour convaincre les fonctionnaires, car dans plusieurs formations les fissures sont verticales et peuvent connecter les puits de fracturation avec les eaux souterraines perchées sous la surface terrestre.

Le retrait du gaz, qui soutient à sa manière les roches souterraines en place par la pression, peut lui aussi provoquer des affaissements susceptibles de créer d'autres chemins vers la surface. Ces différentes situations expliqueraient qu'aux États-Unis comme en Colombie-Britannique on ait pu extraire de puits de surface des produits chimiques utilisés pour la fracturation et censés rester sous terre pour l'éternité.

Pour le Parti vert du Québec, plutôt que d'extraire des gaz de schiste stables au fond de la terre, les industriels du gaz feraient mieux de récolter le méthane qui fuit du pergélisol ou qui émane des hydrates de méthane enfouis au fond des mers, afin de ne pas laisser ces sources de combustible accélérer le réchauffement du climat.

Les commissaires du BAPE ont, par contre, pu entendre hier divers mémoires favorables à cette industrie, mais avec des réserves favorisant pour la plupart un encadrement plus complet et rigoureux de cette industrie. Cela a été notamment proposé par la Fédération des Chambres de commerce du Québec et la Table de concertation de l'industrie métallurgique, qui voient dans l'émergence d'une industrie des gaz de schiste au Québec un appui énergétique important aux entreprises d'ici.

Mais le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ), le responsable de la préparation des plans directeurs de l'eau dans la province, exige des contrôles aussi nombreux que puissants pour protéger cette ressource.

La Loi sur la qualité de l'environnement (LQE) doit avoir ici préséance désormais sur la Loi sur les mines et sur celle qui régira les hydrocarbures, à son avis. Toutes les activités des industriels du gaz devraient être régies par la LQE et par des distances séparatrices réglementaires pour protéger les puits d'eau potable, les résidences, les milieux humides, les aires protégées et la berge fluviale. On doit aussi, selon le ROBVQ, interdire dans la fracturation l'utilisation d'eau potable traitée et relever d'urgence les redevances sur le captage de l'eau.

Selon Stratégies Saint-Laurent, qui regroupe les comités des zones d'intervention prioritaire sur le fleuve, Québec doit aussi étendre le moratoire en cours sur l'estuaire à la protection des îles de tout le corridor fluvial.
7 commentaires
  • De St-Éloi - Inscrit 24 novembre 2010 05 h 15

    Fissures : études d'impact essentielles et risque potentiel

    D'autres études font mention de cette possible migration (Geoffry Thymes et Hydroquest). Il faut bien dire qu'elle est supputée et possible, elle varie en fonction de la géologie et de l'hydrologie. Par exemple : Si le shale est moins profond, si des failles sont présentes qui peuvent être réactivées. Denis Lavoie et les autres géologues qui ont fait des présentations au Bape ont soutenu que la fracturation du Shale d'Utiica ne pouvait provoquer un tel phénomène parce qu'il était couronné par le shale de Loraine. Dans le Final impat asssesment de la Ville de New-York on affirme que cette possibilité existe pour le shale de Marcellus, or ce shale est au-dessous de trois couches de shale.
    Monsieur Picard dans sa présentation au Bape affirmait que les considérations des géologues qui prétendent que la présence du Shale de Loraine au desssus du shale d'uttica empèche la migration sont toute théoriques, et que la réelle porosité du shale de Loraine n'est pas connue. Il affirme que le shale de Loraine est probablement comme celui d'uttica fissuré. C'est d'ailleurs selon lui une des conditions de l'exploitation rentable des gaz de shiste. La fracturation ouvre des fissures ou les réactive selon des schémas qui ne sont pas prédictibles. Une partie des études sur ce phénomène est synthétisée dans le mémoire suivant :
    http://www.bape.gouv.qc.ca/sections/mandats/Gaz_de
    Il contient une étude d'impact très sommaire sur l'eau dans la région du centre du Québec. De toutes façons les conclusions sont les mêmes : impossible de savoir exactement ce qui se passe, et pour le savoir il faudrait mener des études approfondies géologiques et hydrologiques sur chaque secteur de fracturation. Le principe de précaution s'applique. Au bout de 20 à 40 ans ce sont des milliers de millions de litres contaminées qui se retrouvent dans le sous-sol et ce pour une seule région et ce pour la durée de vie. La science de la fr

  • De St-Éloi - Inscrit 24 novembre 2010 05 h 38

    Distance des puits

    En passant, pour ce qui est de la distance des puits, le Final impact assesment affirmait que les gaz et l'eau de fracturation pourrait migrer sur de très longues distances. Dans ce cas, protéger les puits est une tache bien difficille, aléatoire, et la distance des puits n'est pas nécessairement la bonne valeur, puisque les aquifères desservent plusieurs puits. Ce serait plutôt une position par rapport à des aquifères - à condition de les connaitre. De plus tous les puits ne sont pas répertoriés.

  • Mario Paquette - Inscrit 24 novembre 2010 12 h 10

    Le gaz de schiste énergie du passé

    On pourrait se questionner pendant des semaines sur le risque de contamination des eaux souterrainnes Au Québec nous avons pas besoins de cette source d énergie qui seras désuè d ici 10 ans.
    Le recherche sur les nouvelles technologie sont a ce point avancer en Asie et en Californie que toute nos efforts devrait etre concentrer sur notre potentiel Hydro-Electrique et l éolien tout en priviligiant les ressources relié pour le réalisation des piles ion. Les voitures électriques s en viennent et on a avoir besoin d électricité et de piles (des milliards de voiture sur le globe d ici 10 ans Volt, Prius, Leave, focus, escape ne sont qu un début. Lorsque que l on constate des exemples d exploitation en Pensylvannie et en Equateur les conditions dans lequel les puits sont exploites et remis a la fin a la dérive par les compagnies Pétrolières.

    Aucun intéret au Quebec de commencer a penser d exploiter une énergie du passé.

  • Daniel Bérubé - Inscrit 24 novembre 2010 12 h 48

    Il est parfois nécessaire de faire comprendre de cette façon...

    Eau potable, eau potable... la planette est constituée de 3 fois plus d'eau que de terre ! Pis vous avez peur de manquer d'eau ? ? !

    Les verts me rendent bleue des fois...

    On a besoin d'argent ! de Cash ! C'est ti clair ? Il faut bien finir l'autoroute 20 à double voie, car quand je vais à Québec, 1 ou 2 fois par année, je veux pas rencontrer de voitures... qu'elles aient leur voie a eux, et moi... la mienne (et je suis prêt partager ! avec toute voiture allant dans le même sens que moi...) vous pourrez pas dire que je suis si exigeant ! )

    Et quand je les entend: On va perdre notre eau ! On va perdre notre eau ! Ben voyons donc... De l'eau, ont peut en faire venir de Chine, pis pour pas cher à part ça ! Pis si y en manquent eux aussi, on n'aura qu'a enlever le sel de l'eau de mer. Pis à part ça... on s'inquiètera pour ce problème quand il sera là... pour le moment il n'y est pas ? A chanque jour suffit sa peine... On se cassera la tête pour l'eau quand on en aura plus... point final...

    J'ai essayé ici, d'une certaine façon, d'utiliser la façon à Yvon Deschamps, de faire comprendre la situation dont nous avons a faire face. On pourrait même dire: "L'eau... quossa donne ?"

  • MJ - Inscrite 24 novembre 2010 15 h 00

    Des cités fantômes après cette industrialisation sale? (1)

    Les risques élevés de contaminations de l’eau potable, des terres et de leurs produits agricoles, les risques d’explosions et d’incendies dans la région, etc.

    Excellent mémoire présenté au BAPE, résumant bien les procédés de forage et de fracturation hydraulique du shale, les tenants et aboutissants requis pour cette industrie, les écueils et les “passés sous silence” par le gouvernement Charest et leurs ministères irresponsables, les faibles retombées économiques, la contamination des sols et terres agricoles, de l’eau potable, les impacts négatifs sur la santé, sur la valeur des propriétés, sur l’économie existante, (tourisme, agriculture, etc.), les accidents et risques sur ces territoires densément peuplés où se concentrent les terres agricoles du Québec, les risques majeurs associés à cette industrie.

    Le caveat du maire de l’arrondissement de Manhattan, N.Y. (p. 20):

    “Whatever arguments can be made for drilling to retrieve the natural gas from the Marcellus shale, it simply makes no sense to risk catastrophe by drilling in the less than nine percent of the shale that lies within the new York City watershed. The damage caused by a calamitous spill or contamination in the region that supplies the city with its water could go well beyond the time and money needed to build a new water filtration plant. no regulations imaginable are stringent enough to prevent accidents, and even a single accident could cause incalculable costs to be shouldered by new Yorkers – especially those in low- and middle-income brackets. The potential risk far outweighs the limited benefits that drilling within the boundaries of the watershed would bring.18”