Étude de l'ONU sur les gaz à effet de serre - Les pays accusent bien du retard pour stabiliser le climat

Si tous les pays réalisaient les engagements inscrits dans l’Entente de Copenhague, cela correspondrait à 60 % des réductions nécessaires pour stabiliser d’ici 2020 la hausse du climat.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Si tous les pays réalisaient les engagements inscrits dans l’Entente de Copenhague, cela correspondrait à 60 % des réductions nécessaires pour stabiliser d’ici 2020 la hausse du climat.

Les engagements actuels de la communauté internationale pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre en vue d'enrayer la hausse du climat d'ici 2020 correspondent à 60 % des réductions qu'exige l'atteinte de cet objectif.

C'est ce que révèle une étude faite par une trentaine de sommités internationales en matière de modélisation climatique, commandée par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Ce groupe d'experts avait pour mandat de délimiter l'ampleur des engagements supplémentaires que doivent aller chercher les négociateurs internationaux au sommet de Cancún afin d'atteindre l'objectif de stabilisation du climat, qui a fait consensus jusqu'à présent.

Le rapport divulgué simultanément tôt ce matin à Helsinki, Mexico, Nairobi, Londres et Washington délimite à sa façon l'enjeu principal de la conférence de Cancún, selon Achim Steiner, le directeur du PNUE.

«Ce partenariat sans précédent sur le plan scientifique de la part des modélisateurs du climat rend un verdict clair et sans équivoque: confiner la hausse du climat à l'intérieur d'une marge sécuritaire est réalisable. Mais la possibilité d'y arriver avec des investissements, dont les avantages couvrent les coûts, rétrécit chaque fois qu'on ajoute de nouveaux délais. En ce sens, la conférence de Cancún représente la meilleure prochaine ouverture qui nous permettra de réduire l'écart entre ce que la science souhaite et que les nations peuvent réaliser dans le cadre d'un nouveau traité international», a ajouté Achim Steiner, laissant de côté toute référence au protocole de Kyoto.

La nouvelle étude onusienne évalue dans un premier temps l'importance des réductions de GES que les différents pays de la planète ont inscrites volontairement dans le cadre défini l'an dernier par l'Entente de Copenhague. Si tous les pays réalisent avec rigueur les engagements inscrits dans cette entente, cela correspondrait à 60 % des réductions nécessaires pour stabiliser d'ici 2020 la hausse du climat de la planète.

Ils estiment que les émissions planétaires doivent être ramenées à 44 milliards de tonnes ou gigatonnes (Gt) de GES par an d'ici 10 ans si l'on veut contenir la hausse du climat à 2 degrés Celsius au cours du XXIe siècle. Au-delà de ce point, des phénomènes de rétroaction peuvent s'enclencher, comme la libération du méthane enfoui au fond des mers ou dans le pergélisol, qui rendraient dérisoires les efforts de l'humanité pour contrôler la hausse du climat terrestre.

Si rien n'est fait en ce sens et que l'économie mondiale continue de consommer des hydrocarbures au rythme actuel, les émissions atteindront en 2020 quelque 56 milliards de tonnes. En 2009, elles se situaient à 48 gigatonnes.

L'Entente de Copenhague permettrait de ramener les émissions anthropiques à 49 Gt d'ici 2020, ce qui laisse aux négociateurs de Cancún la tâche d'aller chercher des engagements supplémentaires de 5 gigatonnes, selon l'ONU.
2 commentaires
  • Jacques D'aragon - Inscrit 23 novembre 2010 11 h 18

    Changements climatiques -- une autre son de cloche

    Eh oui, tous ne sont pas convaincus que «le problème est réglé», «les scientifiques sont unanimes», «le temps n'est plus au doute, mais à l'action!».
    Question de tester votre conviction, faites une promenade sur le site de Jacques Duran: http://www.pensee-unique.fr/.

  • Maurice Monette - Inscrit 23 novembre 2010 12 h 13

    Qu'est-ce qui est venu en premier, l'oeuf ou la poule...?

    Devant tant de tergiversations à savoir de combien on devrait réduire la production de Gaz-à-Effets-de-Serre ou G. E. S., ou encore, comment ne pas affecter l'économie mondiale, tout en mettant en place des mécanismes soient-disants scientifiques pour capter ces G. E. S. et donner l'impression de lutter contre les changements climatiques, nous devons comprendre que tous ces gens soient-disants brillants(es) ne sont en fait que des arnaqueurs(es) de la pire espèce qui veulent donner l'impression d'agir mais surtout, ne pas réduire leur avidité de richesses inutiles qui est la principale cause de ce qui provoque ces changements.

    Qu'est-ce qui est l'ordre naturel des conditions vitales sur cette Terre qui était encore de couleur émeraude avant la croissance incontrôlée de l'ère industrielle...?

    Cet ordre naturel a été complètement détruit, à partir du moment où les dirigeants(es) de l'espèce humaine se sont vus(es) remettre la gestion du pactole de la portion démocratique de la civilisation mondiale, en juin 1989, par karol wojtyla alias jean-paul II. À partir de ce moment, le libre-échange a été mis en place, il n'y a plus eue de limite à respecter quant à la cupidité humaine et tout a été surexploité pour satisfaire cette cupidité maladive. Donc, ces G. E. S. sont une des conséquences délétères de celle-ci et on continue à "jouer les vierges offensées" en faisant semblant de croire qu'il suffirait de parlementer, établir des quotas sur papier mais, ne surtout pas nuire à la productivité maladive de biens et services qui engendre des profits qui sont la lubie de ces dirigeants(es). Mais, en réalité, ceux-ci sont les seuls générateurs de toute cette dégénérescence mondiale carabinée. Ne verrions-nous pas qu'il faudrait faire un "Retour vers le Futur" soit, revenir aux anciennes normes de répartition régulière des richesses qui étaient en place entre la fin de la dernière Guerre mondiale et ce juin 1989, quand j.-